Aztèques : « Celles que l’on a oubliées » mis en musique par Donatien Sade

« La terre humide pénètre toutes les fibres de son être. Incapable de se réchauffer, elle se lève en s’appuyant au mur. Elle frictionne son corps tremblant et chancelle le long de la paroi froide qui l’emprisonne. Parvenue à une autre paroi, son front heurte une pierre dans un bruit sec. Elle attend que la douleur s’estompe et poursuit son errance.
À chaque tour de cachot, Ameyal compte ses pas et baisse la tête pour ne pas heurter le plafond à demi effondré. Dans son crâne résonnent les échos des menaces et des douleurs passées. Les questions sans réponse, les cris, les coups, son visage enfoui de plus en plus loin dans le feu aux piments se superposent au visage menaçant et triomphateur de Coatzin.
Des bruits s’élèvent alors.
Ameyal sent son ventre se serrer. Elle se réfugie le plus loin possible des raclements entrecoupés de gémissements sourds qui retentissent. Deux pierres se percutent dans un son dur. La lueur d’une torche traverse les paupières closes de la jeune fille, faisant ressortir une tache brune, évanescente, devant ses yeux »

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Vous venez de lire un extrait d’Aztèques 1 : Harem, Épisode 4 : « Celles que l’on a oubliées ».

Il y a quelques jours, Donatien Sade, artiste musicien et ami, me contactait pour me demander s’il pouvait emprunter l’un de mes titres d’épisode d’Aztèques pour l’une de ses chansons.
Donatien aime enregistrer des sons provenant de son entourage. Donnez-lui des verres en cristal vides ou remplis de vin, des assiettes ébréchées, des couverts en argent, un candélabre, un drap de satin blanc, il va jouer avec les sons, mêler les objets, les entrechoquer, tapoter ou caresser leur surface, les exploiter pour en faire de la musique.
C’est avec joie que j’ai accepté sa proposition.

Celles que l’on a oubliées :
Plongées au plus profond d’une prison Aztèque inhumaine, dans des cellules exigües, humides, ignorées du soleil et de la lumière, des femmes tentent de survivre. La plupart d’entre elles ont essayé de se donner la mort. Certaines ont réussi, d’autre ont échoué, et l’on a retiré le semblant de mobilier qui s’offrait à elles pour que cela ne se reproduise plus.
Au fil du temps, certaines prisonnières sont devenues folles. D’autres, déjà perdues, sont devenues dangereuses, imprévisibles, voire meurtrières.

Un jour, l’une d’entre elles, qui avait été belle, jeune et favorite, perdit le peu d’humanité qui lui restait. Ce jour là, elle sauta à la gorge de son bourreau, lui arrachant la pomme d’Adam.
Particulièrement dangereuse, elle s’était grignoté le bras pour se délivrer de la chaîne qui l’attachait au mur.
Elle parvint à ramper jusqu’au palais du Maître, dans lequel elle s’introduisit avec son moignon sanguinolent. Elle clopina jusqu’à sa chambre, trainant une jambe à moitié morte derrière elle, en respirant avec bruit et en grognant.
Penchée sur le Maître, elle le regarda dormir. Lui, dont elle avait été la Maîtresse. Lui qui régnait sur toutes les femmes, gardes et conseillers, palais et harem.
Elle approcha la seule main valide qui lui restait de l’œil du Maître et y planta ses doigts. Elle tira, tira si fort, si bien que le Maître se mit à hurler.
La dernière chose qu’elle ressentit fut une lame qui lui transperça le ventre, par derrière, avant que deux lances ne lui perforent les seins et qu’elle se retrouve clouée en l’air, recouverte d’urine séchée, de déjections, de sang et de terre, de restes de ses maigres repas et des miasmes de son cachot.
Le Maître se redressa et elle lui sourit de toutes les dents jaunes et noires qui lui restaient. Elle lui sourit, à lui son ancien amant, à lui son ancien amour, juste avant qu’il ne lui ouvrît le ventre en deux.
Ses entrailles se vidèrent et son cœur tomba sur le sol, palpitant, rouge et noir comme la prison.
Elle eut juste le temps de se dire que le cœur d’une favorite, même une favorite du passé, doit rester auprès de son Maître.
Son visage s’affaissa et elle s’effondra.

Depuis lors, le lieu maudit, que l’on désigne par la phrase Celles que l’on a oubliées, fait frissonner dans les couloirs du harem. Cette menace pire que la mort plane sur chacune des jeunes et belles femmes qui ne respecterait pas les Neufs Lois du harem.

Entrez dans la folie de ces femmes, parcourez les méandres de leurs esprits à travers la musique de Donatien Sade : Celles que l’on a oubliées.

PS : si vous souhaitez en savoir plus sur Donatien Sade, c’est par ici : https://www.donatiensade.com/

Et pour découvrir l’histoire en entier, c’est par ici 😉

Festival Virtuel de la Nouvelle : Malgré tout, je vous aime

Quand Patricia Michel Ricordel propose à Anael Verdier de parrainer son Festival Virtuel de la Nouvelle, il dit oui.

Quand il me propose de participer en tant qu’auteur, je dis oui aussi. Et j’ai eu tout juste quelques jours pour écrire « Malgré tout, je vous aime« , qui doit faire 7000 signes et pas plus !

Qu’est-ce que le Festival Virtuel de la Nouvelle ?
Il s’agit d’un festival créé par Patricia Michel Ricordel, destiné à faire découvrir des histoires courtes écrites par des auteurs de genres différents.
Le festival en est à sa seconde édition.
Une seul consigne : 7000 signes (vous allez voir plus loin pourquoi j’insiste !).

Comme vous pouvez le voir sur l’affiche, la nouvelle que je devais présenter initialement s’intitulait Les hommes froids. Le problème, c’est qu’elle faisait 21000 caractères ! Elle a donc été refusée par le comité de lecture et j’ai dû en rédiger une autre.

Qu’à cela ne tienne : j’ai repris mon ordi, je me suis rassis à mon bureau et une nouvelle idée m’est venue. Vous allez pouvoir découvrir cette histoire dès à présent :

 

Je traversais la salle immense et vide, et pris place autour du bureau rond, déposant mon pardessus huileux sur le dossier de mon fauteuil et essuyant mes mains sales sur mon costume.

J’étais le dernier, et j’avais bien failli arriver trop tard.

Liu Jieyi, Matthiew Rycroft, Piotr Ilitchov étaient déjà présents. Le visage sombre, de gros cernes sous les yeux, tous trois se tenaient immobiles et silencieux, le regard rivé vers le fauteuil garni de boutons, au centre du cercle, dans l’attente de sa venue. Le grand écran de contrôle qui nous surplombait affichait les images de la 5ème Avenue déserte, plongée dans l’obscurité, et de l’Empire State Building battu par la pluie. Les lumières du plafond clignotaient par intermittence, menaçant de s’éteindre.

C’est alors qu’il entra. Personne ne se leva, personne n’applaudit. Ses cheveux salis par la pluie collaient à son front, et des traces sinistres maculaient son visage comme des larmes de honte. Il s’assit et balaya le conseil d’un air las. En l’observant, je me dis que nous étions allés trop loin.

Pourtant, lorsque Nikky Haley sortit de sa poche une petite sphère bleue translucide, tous les yeux s’agrandirent et je me dis qu’il y avait peut-être encore un espoir. Il pressa un bouton, un déclic retentit et la sphère s’ouvrit en deux, dévoilant le message dont notre avenir dépendait.

Je cessai de respirer.

Il essuya ses lunettes dans sa chemise froissée, s’éclaircit la gorge et lut :

« Chers enfants,

Je vous ai aimés. Je vous ai portés. Je vous ai faits boire à mon sein, je vous ai nourris.

Je vous ai écoutés lorsque vous parliez, chuchotiez ou hurliez. J’ai accueillis vos soupirs, vos joies et vos frissons. Je me suis faite l’écho de vos cris, espérant en vain que vous me comprissiez. Vous vous êtes blottis contre moi et je vous ai bercés lorsque vous sanglotiez.

Je vous ai lavés, habillés, je vous ai tendu la main lorsque vous étiez perdus, je vous ai écouté, toujours, en tout temps et en tout lieu, qu’il fasse jour, nuit, que le soleil brûle ma peau ou que le froid la glace.

Je vous ai donné tout ce qu’une mère peut donner ; énergie, attention, tendresse, jeunesse et beauté.

Mes veillées furent si longues que mes cheveux sont tombés. Pour vous, je les ai fait repousser. Je les ai parés de fleurs et de parfums d’hiver, d’été, de printemps et d’automne. Je vous ai emmenés, chers enfants, à l’ombre des branches, où les chants d’oiseaux caressaient vos petits cœurs, où une brise tendre soufflait à vos oreilles.

Je vous ai montré l’azur du ciel, le miroitement de la mer sous la lune, le scintillement des étoiles sur le drap de la nuit. Je vous ai baignés sous des cascades sublimes, dans des océans puissants, et vous avez ri dans leurs vagues chargées d’écume. Je vous ai enveloppés dans la fraîcheur des sous-bois aux odeurs d’humus, je vous ai plongés dans la fraîcheur des lacs de montagne et réchauffés dans la chaleur sèche des mottes de foin d’été. Je vous ai offert les turquoises de la mer de Chine, les ocres des déserts, le blanc miroitant de l’Antarctique, le pourpre et l’or, le violet de l’aube et le rose pâle du soir, toutes les nuances des plantes, des fleurs et des fruits.

Et vous, chers enfants, après avoir joui de l’ombre des arbres, vous les avez abattus. Vous avez cultivé leurs fruits le long d’allées mornes et désertes, où vos épandages sont venus, tels des anges de la mort, étouffer les derniers souffles de vie. Pardonnez-moi, ma main tremble et j’espère que vous parvenez encore à me lire. Vous avez rendu ces fruits bons pour les yeux et mauvais pour le reste, et surtout pour vous-même. Ces lacs qui vous enveloppaient, vous les avez asséchés. Vous avez déplacé les fleuves de leur lit. Vous avez dépensé l’eau au cœur de déserts hérissés de maisons de jeux, cependant que vos pairs mouraient de soif plus loin vers le sud. »

Haley releva la tête un instant, les yeux rougis, humides, avant de replonger dans sa lecture :

« Vous avez sali. Vous avez sali les draps qui vous protégeaient et réchauffaient. Vous avez souillé, de vos chaussures pleines de boue, les dalles de pierre de mon entrée, le tapis de mon salon, le parquet de ma cuisine. Des ressources intérieures, amassées sur des milliers d’années, vous avez fait des sac plastiques qui ont étouffé les oiseaux avant de les remplacer, dans le ciel, comme des ombres et des fantômes.

Vous avez tué. Pardonnez-moi, je tremble, pardonnez-moi, ma peau brûlée s’assèche et se déchire, glacée d’un côté, je transpire de l’autre, tous vos produits, vos avions et vos usines, vos gaz d’échappement, ont achevé l’atmosphère qui nous protégeaient tous. Et je meurs, mes enfants, je meurs.

Je meurs comme le Tigre de Tasmanie, le Paresseux de Porto Rico, l’Éléphant de Chine, le Rhinocéros noir d’Afrique de l’ouest, le Loup d’Hokkaido, le Lion du Cap, la Tortue des Seychelles et j’en passe, il n’y a pas assez de lettres pour nommer tous ces animaux, insectes et plantes qui de votre fait ne sont plus, et ne seront plus jamais, il n’y a pas assez de mots pour les honorer, ces espèces millénaires que vous avez massacrées en quelques secondes.

Et votre mère malade, désormais tellement malade, chers enfants, que toute votre volonté ne peut l’aider, est sur le point de rendre son dernier souffle. Une maladie trop avancée ne peut être enrayée. Vos recherches, vos pactes climatiques, vos tentatives individuelles ou collectives, les guerres que vous menez pour votre profit personnel de court terme, vous, pollueurs d’un côté, écologistes de l’autre, hypocrites des deux, sont sur le point de se terminer.

Il est tard, chers enfants, il est très tard, trop tard, mais avant de disparaître, je voudrais que vous sachiez une chose.

Une seule.

Malgré tout, je vous aime.

Votre mère. »

Je ne pus décrocher le regard de Haley, qui reposa le message et nous observa d’un air grave. Je balayai la salle des yeux et réalisai que les autres membres étaient arrivés. Le premier ministre du Royaume-Uni avait pris place à ma droite, les présidents de la Chine et de la Russie, accompagnés de leurs épouses, à ma gauche, aux côtés de plusieurs grands industriels et financiers. Tous les membres du conseil de sécurité me firent penser à des enfants perdus. L’écran de contrôle, assailli de vagues noires et létales, semblait plongé dans le chaos.

Lorsque Haley pressa un bouton de son fauteuil, les lumières grésillèrent et s’éteignirent d’un coup. Le tonnerre gronda, faisant trembler nos corps et nos âmes. Le siège des Nations-Unies vacilla sur ses fondations.

Je suivis des yeux l’écran de contrôle. Manhattan rapetissait à vu d’œil.

Puis L’État de New-York.

Puis les États-Unis.

Peu importait les tigres, les tortues ou autres éléphants, maintenant que les 142 familles les plus riches et les plus influentes avaient embarqué à nos côtés sur l’USS United Nations.

Une fois de plus, l’homme prouverait qu’il sait trouver de nouvelles ressources et de nouvelles terres.

FIN

 

N’hésitez pas à commenter pour me dire ce que vous avez aimé, et si cette histoire vous a fait quelque chose.

Je remercie Patricia et Anaël d’avoir eu l’idée de créer un recueil de nouvelles en septembre qui regroupera les huit auteurs participant au festival, et qui présentera des nouvelles inédites de longueur libre avec comme thème imposé : « Les hommes froids » (rires).

Pour découvrir mes autres nouvelles déjà écrites et publiées dans le recueil étrange et fantastique Réalités Invisibles, cliquez sur la couverture ci-après 😉

Et pour en savoir plus et découvrir les auteurs ayant participé au festival créé par Patricia, cliquez ci-après : http://festivaldelanouvelle.com/

Super Writer Tips : comment exprimer la peur, la joie, la tristesse

En tant qu’auteur, vous voulez donner des émotions aux lecteurs. Je vous conseille de montrer plutôt qu’expliquer.

Pour quelle raison ?
Expliquer nécessite de passer par l’intellect, ce qui peut faire sortir le lecteur de l’histoire. Montrer, au contraire, signifie parler des sensations. Cela permet au lecteur de ressentir la même chose que le héros et facilite son immersion.

Voici plusieurs listes des expressions que vous pouvez utiliser pour donner des sensations à vos lecteurs.

Attention, ne pas se répéter est important, mais il faut garder à l’esprit qu’une réaction à un stimulus est propre à un personnage en particulier et sert à le caractériser. Par exemple, dans Aztèques, Ameyal ressent la peur par : la gorge sèche, le cœur qui s’accélère, le corps qui tremble, etc. Mais ces réactions sont propres à elle-même, c’est à dire qu’elle aura toujours le même type de réactions face à un stimulus entraînant la peur, et qu’un autre personnage aura des réactions différentes qu’il faudra définir et respecter du début à la fin de l’histoire pour éviter les contresens.

1. Exprimer la peur :

cœur : s’accélère, bat à tout rompre, résonne aux oreilles

sang : se glace

cheveux : se dressent sur la tête

corps : se raidit, secoué de frissons, de tremblements, frissons parcourent le dos/l’échine, sueur perle sur le front, transpiration, glacé, vague de froid le traverse/parcourt

verbes : tressaillir, trembler, se pétrifier, se figer, ne plus arriver à respirer, blêmir

mains : moites, tremblantes

chair : chair de poule

bouche : aucun son ne sort de la bouche

adjectif : livide, blême, pâle

dos : se glacer, froid dans le dos

jambes : vacillent, coupées, se ramollissent, prendre les jambes à son cou

pupilles : se dilatent

dents : claquent

gorge : sèche, nouée

respiration : se coupe

 

2. Exprimer la joie :

visage : sourire, pleurer de joie

cœur : saute de joie

sourire : s’épanouit sur les lèvres, fleurit sur les lèvres, éclaire/illumine le visage, apparaît, se dessine, erre sur ses lèvres, s’épanouit, s’esquisse, rayonne

corps : sensation de chaleur qui nous gagne

joues : se rehaussent

bouche : s’ouvre

 

3. Exprimer la tristesse :

visage : traits affaissés, teint blême

regard : terne, sans éclat, douloureux, baissé, tourné vers le sol

adjectif : morne

corps : épaules affaissées

 

4. Exprimer la surprise :

yeux : s’écarquillent

bouche : s’ouvre, s’entr’ouvre

sourcils : se relèvent, se haussent

 

5. Exprimer la colère :

regard : fixe

visage : fermé, renfrogné

sourcils : se serrent

mâchoire : se serre

 

6. Exprimer le dégoût :

yeux : se plissent, se rétrécissent

visage : se mue en grimace

 

J’espère que ces expressions vous aideront et vous permettront de faire vivre des émotions à vos lecteurs et de ne pas vous répéter.

Si d’autres expressions vous viennent en tête, n’hésitez pas à les poster pour que j’enrichisse ce billet. De même si vous connaissez des livres ou sites internet qui traitent de ce sujet !

 

Aztèques participe à l’opération #ClichyPlage lancée par #Amazon !

Il y a quelque jours, je recevais un mail d’#Amazon #KDP France, qui illuminait ma journée (et même mon été 😉 ).

Dans ce mail, j’apprenais que Aztèques : Harem participerait à l’opération #ClichyPlage.

Qu’est-ce que #ClichyPlage ?
Dans le cadre de son programme de soutien à la communauté de Clichy où sont implantés ses bureaux, #Amazon est partie prenante de l’opération Clichy Plage, espace de détente et de loisirs conçu par l’équipe municipale pour les habitants de la ville n’ayant pas la chance de partir en vacances, du 8 juillet au 20 août.

La participation d’Amazon a pris la forme d’un espace culturel où sont notamment mis à disposition des livres consultables sur place, et aucune contrepartie financière n’est demandée aux lecteurs ou à la ville de Clichy.

Aztèques : Harem, fait partie des livres proposés à la lecture.
Ameyal rejoindra ainsi de grands noms de l’auto-édition et de l’édition hybride  tels que Rosie Maldonne, Angel et Marie ainsi que d’autres héros « présents » au Salon du livre de Paris 2017 (pardonnez le fait que je ne cite que quelques noms ; je ne connais pas les autres !).

C’est pour moi un grand honneur et une grande joie que le livre soit ainsi présenté au public par Amazon.
Depuis le Salon du Livre de Paris 2017, Aztèques a ainsi été mis en avant par Amazon conformément au prix remporté lors du Speed Dating de l’auto-édition, ce qui a permis de faire découvrir le livre à des centaines de lecteurs.
L’inclure dans l’opération Clichy Plage permettra à d’autres personnes de voyager tout en restant sur place 😉

Pour profiter de l’espace de détente et de loisirs, il vous suffit de vous rendre :

Piscine municipale Gérard Durant
34, rue Valiton
92110 Clichy

En avril dernier, Amazon organisait déjà dans le parc Salengro de Clichy une opération baptisée « bibliothèque éphémère », en partenariat avec la ville, à laquelle ont participé les enfants des centres de loisirs. Le principe était simple : chacun venait avec un livre pour l’échanger contre un autre.

Je salue ici le soutien d’Ainara et son équipe pour les auteurs hybrides et indépendants qui, comme moi, doivent trop souvent s’extraire de leurs histoires pour revêtir la casquette de l’éditeur ou du marketeur et promouvoir leurs livres.
Je vous souhaite à tous un bel été 🙂

Aztèques : chronique de « Livre et Evasion »

Un grand merci à eloise pour sa chronique !
Vous pouvez la retrouver sur son site : livre et evasion

Résumé :

Une jeune esclave peut-elle faire tomber un Empire ?

Lorsqu’elle retrouve son village en feu et son chien éventré, Ameyal se jure d’exterminer les Aztèques qui les attaquent. Mais son courage et sa volonté ne peuvent rivaliser contre les guerriers.Elle perd tout, famille, amis, son village est détruit et elle est emportée.

Rabaissée à l’état d’esclave, plongée dans un harem où les intrigues font loi, où sauver sa peau se joue derrière chaque porte, Ameyal doit faire face aux pires injustices, trahisons et humiliations.

Au-delà de ces épreuves, une question s’impose : existe-t-il un cage assez grande pour retenir la fille de l’aigle ?

—D’où te viennent ces yeux verts ? Je n’ai jamais vu cela chez personne.

—Mon père m’a dit qu’ils viennent de l’océan, Maîtresse.

—De l’océan ? ricane la vieille femme. Les lèvres sèches de Tene se retroussent. Ameyal écarquille les yeux. Ses dents, incrustées de pierres précieuses, jettent des reflets colorés.

J’ai gagné ce livre dans un concours sur Facebook et je remercie Eric Costa de m’avoir permis de découvrir son livre.

On entre ici dans un univers très rarement utilisé : celui des Aztèques, avec leurs traditions et leurs coutumes. On suit l’histoire d’Ameyal, fille du chef du village qui a été brûlé lors d’une rafle. Ameyal, enlevée par les Aztèques, se voit devenir esclave de l’extérieur. Mais ses ambitions vont beaucoup plus loin : elle souhaite entrer au Harem pour rencontrer le fameux Maître qui règne sur celui-ci.

On découvre avec elle tous les complots qui peuvent exister dans une société où un seul règne et où tout le monde veut s’accorder les faveurs du Maître. Mensonges, trahisons, meurtres : tout est permis pour avoir la place de favorite.

J’ai adoré cet univers et cette ambiance à la Game of Thrones, ou encore Reign. D’habitude je regarde les séries de ce genre d’univers, mais le lire, c’est encore mieux. On rentre complètement dans le livre, je n’arrivais plus à lâcher le livre. Je voulais tellement savoir comment Ameyal allait réussir à concrétiser ses ambitions. Jusqu’à cette dernière phrase de la dernière page. Qui remet tout en doute. Et le suspens jusqu’au prochain tome : j’adore.

Merci Eric Costa pour cette fabuleuse découverte et j’attends le tome 2 avec impatience, j’irai m’empresser de l’acheter dès sa sortie.

Eric Costa nous parle de son roman « Aztèques, 1-harem »

Alice Quinn, une rencontre magique du salon du livre de Paris en mars 2017 et une auteure à découvrir !

Alice Quinn

Auteur #6: Eric Costa

Les entretiens d’auteur ont pris leur rythme de croisière.
C’est toujours un beau moment de partage,
et un grand plaisir pour moi.
J’ai tellement d’auteurs avec qui j’ai envie de discuter,
pour en savoir un peu plus sur leur univers!
À raison de 1 par mois, c’est à la fois lent et finalement incroyablement rapide,
tant il est vrai que le temps passe si vite!
Nous voici donc à la sixième vidéo Entretiens d’auteur!

Je reçois aujourd’hui un jeune auteur prometteur,
Éric Costa,
gagnant du speed-dating Amazon Livre paris 2017.

Je rappelle le principe: on ne parle pas de marketing, mais de romans.

Le sixième de la série est donc Éric Costa

Il a initié une belle série historique à l’époque des Aztèques,
et nous allons entendre ici d’où lui est venue cette idée
et comment il l’a mise en oeuvre…

vidéo du blog:
https://youtu.be/7TZUK-mt6UQ

Éric…

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Réalités Invisibles : chronique de « Fais moi peur »

Un grand merci à manue pour sa chronique !
Vous pouvez la retrouver sur son site : fais moi peur

 

Affaire n°311: « Réalités invisibles » de Eric Costa.

Meurtrier: Eric Costa

Victime: Réalités invisibles

Taille de l’arme: grand format

Type d’arme: auto-édition

Nombre de pages que contient le rapport d’enquête: 139
Prix de la caution versée: 9 euros 99
Contacter le meurtrier: Son facebook

Dossier ouvert le: 29 mai 2017 – 

fermé le: 31 mai 2017

Publié par Manue Gioanni à 20:15

Affaire n°311: « Réalités invisibles » de Eric Costa.

 

Informations relatives à l’enquête: Je remercie l’auteur pour l’envoi de son roman. Je lui ai fait une demande via le site Simplement et j’ai eu la chance qu’il ait accepté.

Résumé de l’enquête: Laissez-vous happer par l’étrange, l’occulte et l’insolite le temps de six nouvelles.
Suivez Marion lorsqu’elle découvre une mystérieuse chenille bleue.

Explorez un manoir dont les murs semblent changer de place.
Accompagnez Alzius dans une forêt peuplée de voix étranges.
Voyagez toute une nuit dans les souvenirs d’Alex…


Quelques lignes de rapport d’enquête: /

Mes conclusions sur le meurtre:

La nouvelle « Hôtel Wolff » est assez intéressante au niveau des idées. Le lieu est assez commun, tout le monde est déjà allé dans un hôtel donc on peut facilement s’imaginer que les situations de l’histoire peuvent nous arriver. Je ne me suis pas imaginée une seconde cette fin avec ce retournement de situation. Jusqu’à la conclusion je ne savais pas vraiment où l’auteur voulait en venir avec ces situations mais il cache bien son jeu. Au final s’il tire les ficelles de ses personnages en les manipulant à sa guise il en fait de même avec nous, lecteurs.
Les idées sont intéressantes, recherchées mais selon moi, pas assez approfondies. Je pense que la nouvelle aurait pu être plus longue et donc plus approfondie.
En ce qui concerne les descriptions, pour les lieux il y en a suffisamment pour que l’on arrive à s’imaginer l’ensemble, même si je pense qu’Eric Costa aurait pu en rajouter à certains moments. Ce qui m’a par contre dérangée c’est le manque de détails concernant les personnages. Malheureusement je ne suis pas arrivée à me les imaginer. Je n’ai pas non plus réussi à ressentir leurs émotions… L’auteur devrait vraiment revoir cette partie de l’histoire pour que cette dernière soit plus vivante et que l’on arrive à se mettre dans la peau des protagonistes.
La fin est surprenante, on ne s’y attend pas du tout. C’est une fin ouverte qui nous permet de nous poser plusieurs questions. Autant je me pose beaucoup de questions sur le futur de ce personnage, autant j’aurais envie de savoir ce qu’il est devenu…

La nouvelle « Solitaire » est assez surprenante et déstabilisante. Personnellement il y a pour moi trop de non dits. L’auteur ne nous dévoile pas tout et finalement cette nouvelle est selon moi pas aboutie malheureusement. Pourtant l’histoire commençait bien et me semblait vraiment originale. Jusqu’à la fin… et le retournement de situation. Malheureusement c’est à ce moment-là que j’aurais voulu avoir certaines explications qui ne sont pas présentes.
Concernant les descriptions, que ce soit des lieux, des personnages ou de leurs ressentis, il n’y en a malheureusement pas assez pour que je sois arrivée à m’imaginer l’ensemble de la nouvelle.
De plus, elle est assez courte ce qui est selon moi un peu dommage… J’ai eu l’impression que l’auteur n’avait pas eu envie ou le temps de finir cette nouvelle. Pourtant l’idée de départ était intéressante, mêlant vie quotidienne et thriller soft et j’aurais vraiment apprécié en savoir davantage.
La fin m’a déstabilisée et je me suis demandé pourquoi l’auteur s’était arrêté à ce moment-là… Je pense qu’il aurait pu continuer et nous faire vraiment partager le quotidien de ce personnage peu commun.

« Eclosion » m’a beaucoup plu, c’est une nouvelle aboutie et un thriller soft vraiment intéressant. On y découvre le quotidien d’une jeune fille qui va petit à petit se transformer en cauchemar.
Je n’avais encore jamais lu d’histoire de ce genre ! C’est donc une très bonne chose. Je serais curieuse de découvrir cette nouvelle sous la forme d’un roman plus long et qui se déroulerait, pourquoi pas, sur plusieurs mois.
Les idées s’enchainent bien et les retournements de situations ne sont présents que lorsque c’est nécessaire.
En ce qui concerne les descriptions, si l’auteur décrit très bien l’animal il en oublie de décrire la jeune fille… Pour ce qui est des émotions elles sont décrites mais auraient pu être un peu plus précises. Elles sont tout de même présentes contrairement aux précédentes nouvelles.
Ce qui est un petit peu dommage c’est que l’auteur oublie complètement de nous dire si la nouvelle se passe en quelques heures, une journée ou plusieurs jours. Cela aurait pu être intéressant d’indiquer les heures pour que le suspense soit encore plus présent.
La fin est surprenante, c’est tout de même une nouvelle entièrement finie, avec une pointe de suspense comme on peut en trouver dans la plupart des thrillers.

Celle que j’ai sans doute le moins appréciée est la nouvelle « Le refuge ». Il y a selon moi trop de non-dits. Je ne suis pas arrivée à entrer dans cette histoire et à m’imaginer les situations et les réactions des personnages. L’auteur passait trop rapidement d’une situation à une autre et au final je me suis parfois demandé comment le protagoniste était parvenu à cette situation.
Certaines idées sont originales mais selon moi c’est l’ensemble de la nouvelle qui n’est pas assez approfondie et je trouve cela un peu décevant.
Les personnages manquent de descriptions ce qui fait que je ne suis pas arrivée à m’imaginer leur physique ou ce qu’ils pouvaient vraiment éprouver devant de telles situations.
La fin est selon moi un peu trop floue… on ne sait pas vraiment ce que deviennent les personnages ni ce qui va se passer ensuite pour eux…

Contrairement à la précédente j’ai beaucoup apprécié la nouvelle « Le manoir ». Le suspense est présent tout au long de l’histoire et même ensuite.
Les idées sont intéressantes mais j’ai eu l’impression qu’Eric Costa n’allait pas assez au fond des choses, comme s’il se freinait dans son écriture ce qui est un peu dommage et frustrant. J’aurais vraiment voulu découvrir ce manoir si particulier, me promener dans les couloirs, entrer dans les pièces pour y découvrir des choses et ressentir l’angoisse monter pour le protagoniste mais aussi pour nous en tant que lecteur. Malheureusement je me suis plus sentie spectatrice qu’actrice et c’est un peu frustrant.
Les descriptions des lieux, et surtout des sentiments du personnage ne sont pas assez mis en valeur. Il y en a mais pas assez selon moi.
J’ai bien apprécié le fait qu’il n’y avait pas beaucoup de dialogues, cela crée une sorte d’enfermement que l’on ressent un peu à certains moments.
La fin est surprenante et on se pose beaucoup de questions concernant le futur de l’homme. C’est vraiment au lecteur de s’imaginer un épilogue. Certains lecteurs apprécieront, d’autres peut-être un peu moins…

La dernière nouvelle « Fréquence 24 » est ma préférée. Les idées sont vraiment intéressantes et l’auteur arrive dans l’ensemble à nous faire partager les quelques heures d’angoisse de son personnage.
Certains passages auraient mérité d’être un peu plus développés mais dans l’ensemble l’auteur nous fait facilement entrer dans son univers.
Les retournements de situation ne sont pas très nombreux ce qui est une bonne chose surtout pour une nouvelle. Les idées s’enchainent bien mais vont parfois un petit peu trop vite. Je pense que l’auteur auraient pu les faire durer plus longtemps… il y aurait eu tellement à dire sur ce genre de situations.
Cela aurait pu être bien aussi d’ajouter les heures pour alourdir le suspense et faire remarquer aux lecteurs si les évènements durent longtemps ou pas. Dans ce genre de récit les heures peuvent apporter beaucoup.
La fin est selon moi trop floue. On ne sait pas ce que sont devenus les personnages et j’aurais vraiment voulu en savoir davantage sur eux. C’est un peu le petit point faible des nouvelles, mais celle-là aurait, selon moi, pu durer un peu plus longtemps.

En résumé, un recueil de nouvelles assez variées, traitant de thèmes divers et pour certains assez originaux. Je pense que tout le monde trouvera au moins une ou deux histoires qui lui plairont.

Les sacrifices humains chez les Aztèques

« La rumeur monte encore et éclate soudain, tel un essaim d’abeilles. La troupe pose les pieds sur une dalle d’une blancheur éclatante. Ameyal écarquille les yeux. Elle n’a jamais vu de marché aussi immense. Elle n’a jamais vu autant d’hommes et de femmes réunis au même endroit. Marchands, passants, soldats aux cuirasses blanches déambulent parmi les meutes de chiens qui aboient et les élevages de dindons apeurés. En tous sens s’écoule la foule, qui vibre vibre et oscille comme des rivières en crue.

Jurant sur le bleu du ciel, dominant l’étendue fourmillante comme le trône d’un dieu, se dresse la pyramide au sommet rouge écarlate. Tout en haut s’affairent des hommes, vêtus de robes et de parures de plumes, aussi petits que des insectes. L’un d’entre eux, coiffé de plumes rouges et blanches et vêtu d’une longue robe bleue, harangue la foule amassée au bas de l’édifice. Les fidèles lui répondent par des cris de liesse. Les divers degrés de l’édifice, ornés de fleurs et de braseros, forment une mosaïque resplendissante de couleurs. Des volutes d’encens s’étirent et se mélangent dans l’air tumultueux. Une cacophonie d’odeurs atteint les narines d’Ameyal.

L’homme aux crânes fend la foule en direction d’une rangée d’étals de bois. Les guerriers le suivent en poussant les passants du coude et en tirant les prisonniers derrière eux. Les liens meurtrissent Ameyal. Comment espérer leur échapper ? »

Vous avez aimé cet extrait ?
Découvrez l’Empire Aztèques et les sacrifices humains avec Ameyal dans Harem, premier tome de la série « Aztèques » !

couvertureharem

Aztèques : chronique « Des livres et moi d’eux »

Un grand merci à LOLA pour sa chronique !
Vous pouvez la retrouver sur son site : Des livres et moi d’eux

 

Ma critique :
Je tiens à remercier l’écrivain pour cet envoi et ce partenariat !
Aimant le monde Aztèque et cette période de l’histoire je fus agréablement surprise en voyant l’ouvrage ! Je lis peu de livres historiques et celui ci à bien capté mon attention ! Ce fut difficile de le lâcher ! Le rythme fut soutenu, et la plume juste formidable, fluide, accessible..et aussi théâtrale ! Je regrette que certains passages ne soient pas plus « développés » !
 
Nous faisons la connaissance, d’une jeune fille, celle qui sera l’héroïne : Ameyal, elle est fille du chef d’un village Mexicain, elle vit dans un monde heureux jusqu’au jour où elle perdra tout : sa tribu se fait attaquer, les assaillants Aztèques n’hésiteront pas à humilier les hommes, les femmes, mais aussi à piller tout ce qu’ils possèdent. Quant à son ami, canin, elle le retrouvera exécuté. Elle essaiera de leur tenir tête, mais seule sa beauté réussira à la garder vivante. Les assaillants l’emmèneront ainsi que les femmes du village au marché des esclaves pour être vendues. Un homme l’achètera pour entrer au service d’un harem, ainsi que son amie Nicté elles tenteront de s’enfuir mais finiront au-dit harem de la ville Aztèque. Elle sera déboussolée lorsque son amie s’en ira car elle ne correspondra pas aux critères demandés pour finir comme fille de joie destinée aux esclaves. Ameyal ne comptera pas se laisser faire malgré ses fuites n’aboutant pas et, elle tentera de trouver des solutions pour avoir une vie moins désagréable qu’elle ne le sera. Malheureusement, le grand sage ne l’avait pas préparée à tout cela. Elle vivra entourée de concubines jalouses, complotistes, combattant pour sa propre vie.. et ne saura pas en qui avoir confiance.
Bien que le récit commence par une scène déroutante : celle de la fin de ce que l’héroïne à connu, celle de la perte de tout ceux qu’elle aimait, nous donne envie de continuer. La sensibilité et la force mentale du personnage au vu de son jeune âge nous séduit, cette force de la nature nous donne envie de nous battre tout comme elle pour nous, nos choix et nos libertés. J’ai également beaucoup aimé le personnage de Macoa, qui saura être son alliée et l’aider lorsqu’elle ne verra aucune lumière au bout du tunnel.
J’ai également beaucoup apprécié le lexique pour nous aider, ce fût vraiment judicieux de la part de l’écrivain.
Si vous voulez partir à l’aventure, que vous vous sentez l’âme d’un aventurier mais si en plus vous aimez l’histoire, ou bien passer un bon moment je ne peux que vous recommander cette lecture ! J’ai vraiment hâte de découvrir ce que nous réservera le tome 2 !
Citations :
– « Un homme n’a pas à cultiver sa beauté comme on peut l’exiger d’une concubine. »
– « Des arbres verdoyants les baignent de leur ombre, et des plants de tomates, de piments, des avocatiers ponctuent la terre brune à leurs pieds. Au-delà des dernières habitations se dessine la ligne courbe de la jungle. Des oiseaux volent en piaillant au-dessus des cimes.
Au centre de la place, à l’ombre d’un ficus géant, sont assises les marchandes de Huaxca. Des grappes de fruits, de légumes, des coquillages nacrés, des plats emplis de poudres colorées ornent les tissus disposés à même la terre. Des parfums d’épices dérivent dans l’air chaud, vibrant du matin.« 
 

Aztèques : chronique de « Bookpearl »

Un grand merci à Meganne pour sa chronique !
Vous pouvez la retrouver sur son site : bookpearl

 

Mon avis

3ème opportunité de découverte grâce à SimPlement, et non des moindres ! Une fois n’est pas coutume : je remercie du fond du cœur l’auteur qui a accepté de m’accorder sa confiance.

Nous suivons Ameyal, jeune fille du village de Huaxca. Destinée à vouer sa vie et son allégeance au Serpent Précieux, Ameyal rêve plutôt de grandeur. Poussée par son envie et peut-être par dans un ultime élan de défiance à l’égard de son père, elle rejoint Acatl, l’un des pêcheurs du village. C’est à ce moment que des guerriers aztèques envahissent le village qu’ils mettent à feu et à sang. Malgré sa détermination, Ameyal est faite prisonnière : elle sera vendue comme esclave ou comme courtisane. Après un long voyage et après avoir essuyé plusieurs morts, le cortège de détenus arrive au village. Ameyal et Nictée, une autre jeune fille, sont échangées contre trois charges de cacao et contraintes à rejoindre le harem de Ahuizolt. Là bas, Ameyal, formée par Izel sous la direction de Necahual, devra se faire à la vie éreintante d’esclave de jardin. Sans perdre de vue son objectif de vengeance, c’est tant bien que mal qu’elle essaie de survivre aux affaires internes du harem. Prise entre jalousie et trahison, la jeune fille est sur le point de découvrir que la seule issue possible à sa condition est celle qui la rebute…

« Ameyal plisse les yeux pour discerner les traits de la seconde épouse à contrejour. Nous vivons dans un véritable paradis. Une grimace furtive semble strier le visage de Coatzin, qui s’adosse au rebord de la fenetre: Dommage qu’il soit infesté de vipères. »

Quel dépaysement qu’est celui que procure ce premier épisode… Bien loin des cadres habituels, Ameyal nous emporte littéralement au cœur du Mexique précolombien. Les descriptions, tant de l’environnement que des scènes d’action placent le lecteur au premier plan des évènements : il s’indigne, il espère et il souffre en même temps que la jeune vendue. L’introduction à la croyance, aux coutumes, et même l’utilisation de mots étrangers confortent cet univers précisément dépeint (pas de craintes à ce niveau, l’auteur a pensé à introduire un lexique, un panthéon et une galerie des personnages à son ouvrage). Si les recherches menées par l’auteur lui permettent une justesse et une maitrise certaine de son sujet, ces dernières sont clairement portées par une écriture vraiment très agréable. Ni trop simple, ni hors d’atteinte, elle oscille entre réalité cruelle et touches poétiques. Alternant descriptions opportunes (parfois très dures) et péripéties, le devenir d’Ameyal laisse le lecteur à bout de souffle après avoir reposé le livre. La dernière phrase m’a fait l’effet d’une gifle tant j’espère pour l’héroïne à laquelle je me suis irrémédiablement attachée. Les personnages, hauts en couleur et pour le moins imprévisibles, agissent « normalement » et c’est franchement plaisant. Izel m’a frustrée. Amocualli m’a révoltée. Coatzin et Quinametli m’ont donné la chair de poule. Chimalli et Macoa apportent leur lueur d’espoir. Ameyal enfin, est avant tout une jeune fille de 13 ans, parfois irréfléchie mais surtout impulsive ; tout ne lui tombe pas tout cuit dans les mains. Ses décisions ont toujours une répercussion, certaines de ses actions réussissent, d’autres échouent… Ce réalisme est l’un des points forts du roman. Un autre « bonus » mérite à mon sens d’être salué : j’ai l’impression, encore plus tenace au lendemain de la lecture, que chaque détail a été mûrement réfléchi. Les prénoms des personnages semblent à eux-seuls définir le personnage qu’ils représentent. Les titres des différents chapitres se parent de leur vraie couleur après les avoir lus, comme si ce n’était qu’après la lecture qu’ils prenaient leur sens. Je pense notamment au chapitre 4 « Celles que l’on a oubliées » qui, quand il s’est fait l’écho du récit, est parvenu à me faire frémir. Le tout donne une impression de minutie qui ajoute de la crédibilité à l’histoire. Je m’arrêterai ici, dans la crainte principale d’en dévoiler trop si je continuais de m’exprimer sur ce livre qui mérite plus qu’un simple avis.

En clair, rien ne semble être laissé au hasard dans ce premier épisode. C’est du moins l’impression qu’il m’a laissée. Si Ameyal se hisse dans le top trois de mes personnages féminins favoris, le livre lui rejoint l’étagère des coups de cœur. C’est avec joie (et hâte) que je me plongerai dans le second volet.

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