Festival Virtuel de la Nouvelle : Malgré tout, je vous aime

Quand Patricia Michel Ricordel propose à Anael Verdier de parrainer son Festival Virtuel de la Nouvelle, il dit oui.

Quand il me propose de participer en tant qu’auteur, je dis oui aussi. Et j’ai eu tout juste quelques jours pour écrire « Malgré tout, je vous aime« , qui doit faire 7000 signes et pas plus !

Qu’est-ce que le Festival Virtuel de la Nouvelle ?
Il s’agit d’un festival créé par Patricia Michel Ricordel, destiné à faire découvrir des histoires courtes écrites par des auteurs de genres différents.
Le festival en est à sa seconde édition.
Une seul consigne : 7000 signes (vous allez voir plus loin pourquoi j’insiste !).

Comme vous pouvez le voir sur l’affiche, la nouvelle que je devais présenter initialement s’intitulait Les hommes froids. Le problème, c’est qu’elle faisait 21000 caractères ! Elle a donc été refusée par le comité de lecture et j’ai dû en rédiger une autre.

Qu’à cela ne tienne : j’ai repris mon ordi, je me suis rassis à mon bureau et une nouvelle idée m’est venue. Vous allez pouvoir découvrir cette histoire dès à présent :

 

Je traversais la salle immense et vide, et pris place autour du bureau rond, déposant mon pardessus huileux sur le dossier de mon fauteuil et essuyant mes mains sales sur mon costume.

J’étais le dernier, et j’avais bien failli arriver trop tard.

Liu Jieyi, Matthiew Rycroft, Piotr Ilitchov étaient déjà présents. Le visage sombre, de gros cernes sous les yeux, tous trois se tenaient immobiles et silencieux, le regard rivé vers le fauteuil garni de boutons, au centre du cercle, dans l’attente de sa venue. Le grand écran de contrôle qui nous surplombait affichait les images de la 5ème Avenue déserte, plongée dans l’obscurité, et de l’Empire State Building battu par la pluie. Les lumières du plafond clignotaient par intermittence, menaçant de s’éteindre.

C’est alors qu’il entra. Personne ne se leva, personne n’applaudit. Ses cheveux salis par la pluie collaient à son front, et des traces sinistres maculaient son visage comme des larmes de honte. Il s’assit et balaya le conseil d’un air las. En l’observant, je me dis que nous étions allés trop loin.

Pourtant, lorsque Nikky Haley sortit de sa poche une petite sphère bleue translucide, tous les yeux s’agrandirent et je me dis qu’il y avait peut-être encore un espoir. Il pressa un bouton, un déclic retentit et la sphère s’ouvrit en deux, dévoilant le message dont notre avenir dépendait.

Je cessai de respirer.

Il essuya ses lunettes dans sa chemise froissée, s’éclaircit la gorge et lut :

« Chers enfants,

Je vous ai aimés. Je vous ai portés. Je vous ai faits boire à mon sein, je vous ai nourris.

Je vous ai écoutés lorsque vous parliez, chuchotiez ou hurliez. J’ai accueillis vos soupirs, vos joies et vos frissons. Je me suis faite l’écho de vos cris, espérant en vain que vous me comprissiez. Vous vous êtes blottis contre moi et je vous ai bercés lorsque vous sanglotiez.

Je vous ai lavés, habillés, je vous ai tendu la main lorsque vous étiez perdus, je vous ai écouté, toujours, en tout temps et en tout lieu, qu’il fasse jour, nuit, que le soleil brûle ma peau ou que le froid la glace.

Je vous ai donné tout ce qu’une mère peut donner ; énergie, attention, tendresse, jeunesse et beauté.

Mes veillées furent si longues que mes cheveux sont tombés. Pour vous, je les ai fait repousser. Je les ai parés de fleurs et de parfums d’hiver, d’été, de printemps et d’automne. Je vous ai emmenés, chers enfants, à l’ombre des branches, où les chants d’oiseaux caressaient vos petits cœurs, où une brise tendre soufflait à vos oreilles.

Je vous ai montré l’azur du ciel, le miroitement de la mer sous la lune, le scintillement des étoiles sur le drap de la nuit. Je vous ai baignés sous des cascades sublimes, dans des océans puissants, et vous avez ri dans leurs vagues chargées d’écume. Je vous ai enveloppés dans la fraîcheur des sous-bois aux odeurs d’humus, je vous ai plongés dans la fraîcheur des lacs de montagne et réchauffés dans la chaleur sèche des mottes de foin d’été. Je vous ai offert les turquoises de la mer de Chine, les ocres des déserts, le blanc miroitant de l’Antarctique, le pourpre et l’or, le violet de l’aube et le rose pâle du soir, toutes les nuances des plantes, des fleurs et des fruits.

Et vous, chers enfants, après avoir joui de l’ombre des arbres, vous les avez abattus. Vous avez cultivé leurs fruits le long d’allées mornes et désertes, où vos épandages sont venus, tels des anges de la mort, étouffer les derniers souffles de vie. Pardonnez-moi, ma main tremble et j’espère que vous parvenez encore à me lire. Vous avez rendu ces fruits bons pour les yeux et mauvais pour le reste, et surtout pour vous-même. Ces lacs qui vous enveloppaient, vous les avez asséchés. Vous avez déplacé les fleuves de leur lit. Vous avez dépensé l’eau au cœur de déserts hérissés de maisons de jeux, cependant que vos pairs mouraient de soif plus loin vers le sud. »

Haley releva la tête un instant, les yeux rougis, humides, avant de replonger dans sa lecture :

« Vous avez sali. Vous avez sali les draps qui vous protégeaient et réchauffaient. Vous avez souillé, de vos chaussures pleines de boue, les dalles de pierre de mon entrée, le tapis de mon salon, le parquet de ma cuisine. Des ressources intérieures, amassées sur des milliers d’années, vous avez fait des sac plastiques qui ont étouffé les oiseaux avant de les remplacer, dans le ciel, comme des ombres et des fantômes.

Vous avez tué. Pardonnez-moi, je tremble, pardonnez-moi, ma peau brûlée s’assèche et se déchire, glacée d’un côté, je transpire de l’autre, tous vos produits, vos avions et vos usines, vos gaz d’échappement, ont achevé l’atmosphère qui nous protégeaient tous. Et je meurs, mes enfants, je meurs.

Je meurs comme le Tigre de Tasmanie, le Paresseux de Porto Rico, l’Éléphant de Chine, le Rhinocéros noir d’Afrique de l’ouest, le Loup d’Hokkaido, le Lion du Cap, la Tortue des Seychelles et j’en passe, il n’y a pas assez de lettres pour nommer tous ces animaux, insectes et plantes qui de votre fait ne sont plus, et ne seront plus jamais, il n’y a pas assez de mots pour les honorer, ces espèces millénaires que vous avez massacrées en quelques secondes.

Et votre mère malade, désormais tellement malade, chers enfants, que toute votre volonté ne peut l’aider, est sur le point de rendre son dernier souffle. Une maladie trop avancée ne peut être enrayée. Vos recherches, vos pactes climatiques, vos tentatives individuelles ou collectives, les guerres que vous menez pour votre profit personnel de court terme, vous, pollueurs d’un côté, écologistes de l’autre, hypocrites des deux, sont sur le point de se terminer.

Il est tard, chers enfants, il est très tard, trop tard, mais avant de disparaître, je voudrais que vous sachiez une chose.

Une seule.

Malgré tout, je vous aime.

Votre mère. »

Je ne pus décrocher le regard de Haley, qui reposa le message et nous observa d’un air grave. Je balayai la salle des yeux et réalisai que les autres membres étaient arrivés. Le premier ministre du Royaume-Uni avait pris place à ma droite, les présidents de la Chine et de la Russie, accompagnés de leurs épouses, à ma gauche, aux côtés de plusieurs grands industriels et financiers. Tous les membres du conseil de sécurité me firent penser à des enfants perdus. L’écran de contrôle, assailli de vagues noires et létales, semblait plongé dans le chaos.

Lorsque Haley pressa un bouton de son fauteuil, les lumières grésillèrent et s’éteignirent d’un coup. Le tonnerre gronda, faisant trembler nos corps et nos âmes. Le siège des Nations-Unies vacilla sur ses fondations.

Je suivis des yeux l’écran de contrôle. Manhattan rapetissait à vu d’œil.

Puis L’État de New-York.

Puis les États-Unis.

Peu importait les tigres, les tortues ou autres éléphants, maintenant que les 142 familles les plus riches et les plus influentes avaient embarqué à nos côtés sur l’USS United Nations.

Une fois de plus, l’homme prouverait qu’il sait trouver de nouvelles ressources et de nouvelles terres.

FIN

 

N’hésitez pas à commenter pour me dire ce que vous avez aimé, et si cette histoire vous a fait quelque chose.

Je remercie Patricia et Anaël d’avoir eu l’idée de créer un recueil de nouvelles en septembre qui regroupera les huit auteurs participant au festival, et qui présentera des nouvelles inédites de longueur libre avec comme thème imposé : « Les hommes froids » (rires).

Pour découvrir mes autres nouvelles déjà écrites et publiées dans le recueil étrange et fantastique Réalités Invisibles, cliquez sur la couverture ci-après 😉

Et pour en savoir plus et découvrir les auteurs ayant participé au festival créé par Patricia, cliquez ci-après : http://festivaldelanouvelle.com/

Réalités Invisibles : chronique de « Fais moi peur »

Un grand merci à manue pour sa chronique !
Vous pouvez la retrouver sur son site : fais moi peur

 

Affaire n°311: « Réalités invisibles » de Eric Costa.

Meurtrier: Eric Costa

Victime: Réalités invisibles

Taille de l’arme: grand format

Type d’arme: auto-édition

Nombre de pages que contient le rapport d’enquête: 139
Prix de la caution versée: 9 euros 99
Contacter le meurtrier: Son facebook

Dossier ouvert le: 29 mai 2017 – 

fermé le: 31 mai 2017

Publié par Manue Gioanni à 20:15

Affaire n°311: « Réalités invisibles » de Eric Costa.

 

Informations relatives à l’enquête: Je remercie l’auteur pour l’envoi de son roman. Je lui ai fait une demande via le site Simplement et j’ai eu la chance qu’il ait accepté.

Résumé de l’enquête: Laissez-vous happer par l’étrange, l’occulte et l’insolite le temps de six nouvelles.
Suivez Marion lorsqu’elle découvre une mystérieuse chenille bleue.

Explorez un manoir dont les murs semblent changer de place.
Accompagnez Alzius dans une forêt peuplée de voix étranges.
Voyagez toute une nuit dans les souvenirs d’Alex…


Quelques lignes de rapport d’enquête: /

Mes conclusions sur le meurtre:

La nouvelle « Hôtel Wolff » est assez intéressante au niveau des idées. Le lieu est assez commun, tout le monde est déjà allé dans un hôtel donc on peut facilement s’imaginer que les situations de l’histoire peuvent nous arriver. Je ne me suis pas imaginée une seconde cette fin avec ce retournement de situation. Jusqu’à la conclusion je ne savais pas vraiment où l’auteur voulait en venir avec ces situations mais il cache bien son jeu. Au final s’il tire les ficelles de ses personnages en les manipulant à sa guise il en fait de même avec nous, lecteurs.
Les idées sont intéressantes, recherchées mais selon moi, pas assez approfondies. Je pense que la nouvelle aurait pu être plus longue et donc plus approfondie.
En ce qui concerne les descriptions, pour les lieux il y en a suffisamment pour que l’on arrive à s’imaginer l’ensemble, même si je pense qu’Eric Costa aurait pu en rajouter à certains moments. Ce qui m’a par contre dérangée c’est le manque de détails concernant les personnages. Malheureusement je ne suis pas arrivée à me les imaginer. Je n’ai pas non plus réussi à ressentir leurs émotions… L’auteur devrait vraiment revoir cette partie de l’histoire pour que cette dernière soit plus vivante et que l’on arrive à se mettre dans la peau des protagonistes.
La fin est surprenante, on ne s’y attend pas du tout. C’est une fin ouverte qui nous permet de nous poser plusieurs questions. Autant je me pose beaucoup de questions sur le futur de ce personnage, autant j’aurais envie de savoir ce qu’il est devenu…

La nouvelle « Solitaire » est assez surprenante et déstabilisante. Personnellement il y a pour moi trop de non dits. L’auteur ne nous dévoile pas tout et finalement cette nouvelle est selon moi pas aboutie malheureusement. Pourtant l’histoire commençait bien et me semblait vraiment originale. Jusqu’à la fin… et le retournement de situation. Malheureusement c’est à ce moment-là que j’aurais voulu avoir certaines explications qui ne sont pas présentes.
Concernant les descriptions, que ce soit des lieux, des personnages ou de leurs ressentis, il n’y en a malheureusement pas assez pour que je sois arrivée à m’imaginer l’ensemble de la nouvelle.
De plus, elle est assez courte ce qui est selon moi un peu dommage… J’ai eu l’impression que l’auteur n’avait pas eu envie ou le temps de finir cette nouvelle. Pourtant l’idée de départ était intéressante, mêlant vie quotidienne et thriller soft et j’aurais vraiment apprécié en savoir davantage.
La fin m’a déstabilisée et je me suis demandé pourquoi l’auteur s’était arrêté à ce moment-là… Je pense qu’il aurait pu continuer et nous faire vraiment partager le quotidien de ce personnage peu commun.

« Eclosion » m’a beaucoup plu, c’est une nouvelle aboutie et un thriller soft vraiment intéressant. On y découvre le quotidien d’une jeune fille qui va petit à petit se transformer en cauchemar.
Je n’avais encore jamais lu d’histoire de ce genre ! C’est donc une très bonne chose. Je serais curieuse de découvrir cette nouvelle sous la forme d’un roman plus long et qui se déroulerait, pourquoi pas, sur plusieurs mois.
Les idées s’enchainent bien et les retournements de situations ne sont présents que lorsque c’est nécessaire.
En ce qui concerne les descriptions, si l’auteur décrit très bien l’animal il en oublie de décrire la jeune fille… Pour ce qui est des émotions elles sont décrites mais auraient pu être un peu plus précises. Elles sont tout de même présentes contrairement aux précédentes nouvelles.
Ce qui est un petit peu dommage c’est que l’auteur oublie complètement de nous dire si la nouvelle se passe en quelques heures, une journée ou plusieurs jours. Cela aurait pu être intéressant d’indiquer les heures pour que le suspense soit encore plus présent.
La fin est surprenante, c’est tout de même une nouvelle entièrement finie, avec une pointe de suspense comme on peut en trouver dans la plupart des thrillers.

Celle que j’ai sans doute le moins appréciée est la nouvelle « Le refuge ». Il y a selon moi trop de non-dits. Je ne suis pas arrivée à entrer dans cette histoire et à m’imaginer les situations et les réactions des personnages. L’auteur passait trop rapidement d’une situation à une autre et au final je me suis parfois demandé comment le protagoniste était parvenu à cette situation.
Certaines idées sont originales mais selon moi c’est l’ensemble de la nouvelle qui n’est pas assez approfondie et je trouve cela un peu décevant.
Les personnages manquent de descriptions ce qui fait que je ne suis pas arrivée à m’imaginer leur physique ou ce qu’ils pouvaient vraiment éprouver devant de telles situations.
La fin est selon moi un peu trop floue… on ne sait pas vraiment ce que deviennent les personnages ni ce qui va se passer ensuite pour eux…

Contrairement à la précédente j’ai beaucoup apprécié la nouvelle « Le manoir ». Le suspense est présent tout au long de l’histoire et même ensuite.
Les idées sont intéressantes mais j’ai eu l’impression qu’Eric Costa n’allait pas assez au fond des choses, comme s’il se freinait dans son écriture ce qui est un peu dommage et frustrant. J’aurais vraiment voulu découvrir ce manoir si particulier, me promener dans les couloirs, entrer dans les pièces pour y découvrir des choses et ressentir l’angoisse monter pour le protagoniste mais aussi pour nous en tant que lecteur. Malheureusement je me suis plus sentie spectatrice qu’actrice et c’est un peu frustrant.
Les descriptions des lieux, et surtout des sentiments du personnage ne sont pas assez mis en valeur. Il y en a mais pas assez selon moi.
J’ai bien apprécié le fait qu’il n’y avait pas beaucoup de dialogues, cela crée une sorte d’enfermement que l’on ressent un peu à certains moments.
La fin est surprenante et on se pose beaucoup de questions concernant le futur de l’homme. C’est vraiment au lecteur de s’imaginer un épilogue. Certains lecteurs apprécieront, d’autres peut-être un peu moins…

La dernière nouvelle « Fréquence 24 » est ma préférée. Les idées sont vraiment intéressantes et l’auteur arrive dans l’ensemble à nous faire partager les quelques heures d’angoisse de son personnage.
Certains passages auraient mérité d’être un peu plus développés mais dans l’ensemble l’auteur nous fait facilement entrer dans son univers.
Les retournements de situation ne sont pas très nombreux ce qui est une bonne chose surtout pour une nouvelle. Les idées s’enchainent bien mais vont parfois un petit peu trop vite. Je pense que l’auteur auraient pu les faire durer plus longtemps… il y aurait eu tellement à dire sur ce genre de situations.
Cela aurait pu être bien aussi d’ajouter les heures pour alourdir le suspense et faire remarquer aux lecteurs si les évènements durent longtemps ou pas. Dans ce genre de récit les heures peuvent apporter beaucoup.
La fin est selon moi trop floue. On ne sait pas ce que sont devenus les personnages et j’aurais vraiment voulu en savoir davantage sur eux. C’est un peu le petit point faible des nouvelles, mais celle-là aurait, selon moi, pu durer un peu plus longtemps.

En résumé, un recueil de nouvelles assez variées, traitant de thèmes divers et pour certains assez originaux. Je pense que tout le monde trouvera au moins une ou deux histoires qui lui plairont.

Réalités Invisibles : avis de lecteurs

J’ai rassemblé ici quelques avis laissés par des lecteurs de Réalités Invisibles sur Amazon. Si vous aimez Poe, Lovecraft ou encore Stephen King, ce recueil de six nouvelles vous plaira certainement !

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Avis de lecteurs :

le 23 août 2015
Un recueil dont chaque nouvelle tient en haleine, une intrigue maitrisée et une chute à la hauteur de l’histoire, Eric Costa nous entraine dans un univers étrange et inquiétant, et nous plonge entre deux mondes, pour notre plus grand plaisir .. bravo j’adore avoir peur et en revenir juste assez, pas trop, vraiment l’effet est parfait.. il me tarde d’en lire encore et encore!!!

 

Par Marie-Christine Aguerre
Achat vérifié
Réalités Invisibles [Recueil de nouvelles]: Réalités Invisibles (Format Kindle)
Bon déroulement des intrigues, personnages singuliers, attachants. Je recommande cet auteur pour la bonne construction de ses nouvelles, la maitrise de ses sujets, sa capacité à nous faire entrer dans la peau de ses protagonistes et parce que l’écriture m’a entrainée loin de mes préoccupations quotidiennes. Un auteur que j’ai pris plaisir à découvrir.

 Très surprenant et beaucoup d’imagination 25 juillet 2014
Par sammy
Format:Format Kindle
On est facilement emportée par ces histoires toutes différentes les unes des autres et à chaque fois on a hate de découvrir qui se cache derrière la porte.
Un bon moment de lecture.

Frissons garantis 5 août 2014
Par Valérie T.

Format:Format Kindle|
Achat vérifié
Un excellent recueil de nouvelles fantastiques à conseiller.
Histoire après histoire, l’auteur nous entraîne dans ces dimensions mystérieuses où tout est possible.
Le suspense est à chaque fois au rendez-vous et les dénouements sont à la hauteur de l’intrigue : surprenants.
Un jeune auteur à pister…

  Ebourriffant 18 août 2014
Format:Format Kindle
Un recueil de nouvelles très intéressant et bien écrit. On est tout de suite pris dans l’intrigue.
Ce jeune auteur promet.

 

Un jeune auteur à suivre! 16 septembre 2014
Par Marine
Format:Format Kindle|Achat vérifié
Des nouvelles plus captivantes les unes que les autres, un univers très riche et une belle écriture, à lire absolument!!!

 

Réalités Invisibles est disponible au format numérique :

— Version Ibooks (Itunes)

NB : Amazon permet de télécharger 10% des livres gratuitement pour les tester. Il est possible de lire le format Kindle sur tous les supports numériques via l’application Kindle téléchargeable sur Amazon.

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Ressusciter les morts : les libations

Qui n’a jamais rêvé de ressusciter les mort ?!

La nuit des morts vivants, 1968

La nuit des morts vivants, 1968

Bon je reconnais que parfois, ça vire au cauchemar !…

Cependant, le film n’était pas encore sorti dans l’Antiquité. Et les libations étaient monnaie courante…

Une libation est un rituel religieux consistant en la présentation d’une boisson en offrande à un dieu, en renversant quelques gouttes sur le sol ou sur un autel :

Libation 480 BC

Les liquides offerts en libations étaient variés, le plus souvent du vin, du lait ou de l’huile d’olive. C’est une forme de sacrifice. Selon la mythologie, les morts peuvent reprendre vie lorsqu’on les évoque, en général par libation de sang.

J’ai repris cette idée pour ma nouvelle « Le Refuge » :

Sans qu’il en ait conscience, le protagoniste évoque son fils en effleurant l’amulette de ce dernier alors que le garde forestier qui se trouve à ses côtés fait couler le sang d’un lièvre :

— Je quitte le pays, répondit Alzius d’un air mélancolique.
— Vous quittez notre belle Transylvanie ?!… demanda Vlad en vidant le sang de l’animal dans un plat. Mais pourquoi ?
— Plus rien ne m’y retient depuis que j’ai perdu mon fils, expliqua Alzius en serrant une amulette d’argent, marquée de la lettre D, pendue à son cou. Je compte embarquer pour le Nouveau Monde.
— L’Amérique et ses belles promesses… soupira Vlad.

Sans qu’Alzius le sache, quelque chose exaucera le souhait de cet homme qui ne parvient pas à faire son deuil.

Ainsi, le refuge étant situé non loin de l’une des portes de l’Au-delà, son fils défunt ne tardera pas à apparaître…

enfant blond greuze

Enfant Blond, d’après Greuze

Les éléphants de DALI

 

Comme vous avez pu le constater, j’ai inséré plusieurs éléphants dessinés par Dali dans la couverture de la nouvelle « Hôtel Wolff » ainsi que dans celle du recueil « Réalités Invisibles » :

réalitéinvisiblelisbao

A bien y réfléchir, je trouve que le maître, qui m’a toujours fasciné, est parfaitement en adéquation avec le contenu de mes nouvelles fantastiques, étranges, voire surnaturelles.

Pourquoi les éléphants de Dali ?

Tout simplement parce qu’ils sont présents dans une peinture que Théophile Lazius, le protagoniste de l’Hôtel Wolff découvre à la réception. J’ai trouvé que c’était une métaphore intéressante de cette nouvelle.

En effet, les pachydermes arachnides datent de la fin des années 40. Ils sont inspirés d’une sculpture du Bernin qui se trouve au centre de Rome :

éléphant le bernin

Les éléphants représentés par Dali ont de longues, fines et fragiles pattes à plusieurs rotules. Elles symbolisent l’homme qui désire toujours plus, et qui cherche à s’élever vers le ciel. L’obélisque qu’ils transportent est un symbole de puissance et de domination (peut-être une références aux progrès technologiques de ces années là, notamment dans le domaine militaire).

Cependant, la réalité de la pesanteur retient l’éléphant de Dali au sol. Ainsi, les pattes sont comme étirées, témoin de la fragilité humaine.

L’homme est donc à la fois puissant et aventureux, mais il n’en demeure pas moins fragile et doit le garder à l’esprit pour ne pas faire d’impair…

J’ai trouvé que cette image des éléphants était une bonne illustration de cette nouvelle où Théophile est partagé entre ses pulsions, son plaisir et son envie de jouissance et la sagesse qu’il voit poindre au loin et qu’il n’a pas encore. Va-t-il faire le bon choix avant que ses jambes s’étirent au point de se briser ?!…
Cliquez sur la couverture si vous souhaitez découvrir cette nouvelle !

Bilbo le Hobbit, J. R. R. Tolkien, critique de la triologie The Hobbit

Le Hobbit, ou Bilbo le Hobbit est un roman de fantasy de l’écrivain britannique J. R. R. Tolkien. Il raconte les aventures de Bilbo (ou Bilbon), emmené bien malgré lui par le magicien Gandalf et une compagnie de 13 nains dans leur voyage vers la Montagne Solitaire, à la recherche du trésor gardé par le dragon Smaug.

Rédigé de manière intermittente de la fin des 1920 au début des années 1930, Le Hobbit n’avait à l’origine d’autre but que de divertir les jeunes enfants de Tolkien. Le manuscrit inachevé circule parmi les proches de l’écrivain et arrive finalement chez un éditeur londonien qui demande à Tolkien d’achever le récit et de l’illustrer.

Le Hobbit paraît en 1937 au Royaume-Uni. C’est la première œuvre publiée qui explore l’univers de la Terre du Milieu, sur lequel Tolkien travaille depuis une vingtaine d’années. Elle rencontre un franc succès critique et commercial, qui incite l’éditeur à réclamer une suite à son auteur. Cette suite devient le roman le plus connu de Tolkien : Le Seigneur des Anneaux, une œuvre beaucoup plus complexe et sombre. Le souci de cohérence entre les deux ouvrages pousse l’écrivain à procéder à des révisions du texte du Hobbit, concernant en particulier le rôle de Gollum, l’être qui a retrouvé l’Anneau de Sauron.

Pour moi, la couverture qui illustre le mieux l’histoire de Bibo est celle-ci :

biobo couvertureMa mère me lisait cette histoire lorsque j’étais enfant. Je suis très heureux que l’univers de Tolkien soit venu habiter mes rêves depuis lors.

Critique de la trilogie The Hobbit :

Le fait qu’un réalisateur comme Peter Jackson décide d’en faire une trilogie est une ignominie pour moi. Comment peut-on imaginer faire une trilogie telle que celle du Seigneur des Anneaux avec un livre qui en fait le tiers ?!

Je trouve que Peter Jackson ne respecte aucunement l’oeuvre de J. R. R. Tolkien. Tout n’est qu’une histoire de gros sous : en faire le maximum pour empocher le maximum. De fait , son équipe et lui-même ont dû arranger et compléter l’histoire, qui s’est éloignée du Chef-d’Oeuvre initial. Pour revenir à elle, ma mère est sortie de la salle de cinéma lorsque nous sommes allés voir ensemble le premier volet du Hobbit !

Je reprend l’univers de Tolkien dans la nouvelle intitulée Le Refuge :

 
Pitch :

Surpris par à la tombée de la nuit par une tempête de neige, Alzius quitte un sentier de montagne à la recherche d’un refuge. Pour y accéder, il doit traverser une passerelle de bois suspendue sur un gouffre sans fond d’où s’échappent des gémissements étranges… est–ce bien le vent qui les provoque ?

N’hésitez pas à aller la découvrir !

Cerbère, les Enfers, le Refuge et Tolkien !

Les Enfers sont gardés par un chien à trois têtes : le Cerbère, qui empêche tout mort d’en ressortir, et tout vivant d’y rentrer (hormis quelques héros).

cerbère vase antique

Héraclès contre Cerbère, 485 avant JC.

C’est ce qui m’a donné l’idée d’écrire Le Refuge :

Dans cette nouvelle, après s’être fait poursuivre par le Cerbère, Alzius se réfugie dans le chalet. Au petit matin, il a la confirmation qu’une énorme bête blessée a tenté de pénétrer dans le refuge :

Une fois réchauffé, il saisit le couteau de Vlad et sortit. Le ciel bas se confondait avec sol neigeux. Dans la glace se dessinaient des empreintes de pattes.
— Elles sont aussi larges que mes bottes ! observa-t-il avec stupéfaction.
Il inspecta la porte, légèrement gondolée, et décela des poils noirs accrochés dans le bois, ainsi que des traces de sang séché. Au-dessus de l’ouverture, il remarqua d’indéchiffrables inscriptions runiques, noircies au feu, évoquant la langue des druides ou le vieux gaélique.
Songeur, Alzius s’éloigna vers le gouffre aux aguets, le couteau brandi devant lui.

Heureusement pour lui, les inscriptions runiques inscrites au-dessus du cadre de la porte empêchent les morts et le Gardien de rentrer dans le refuge. Il s’agit de runes :

 

runes

 

L’alphabet runique ou Futhark — terme formé à partir du nom des six premières lettres de cet alphabet — était l’alphabet utilisé par les anciens peuples de langue germanique tels que les Anglo-saxons (vieil anglais) ou les Scandinaves.

J’ai voulu donner au Refuge un petit air de Tolkien ; de fraicheur enneigée de montagne et de nature regorgeant d’entités inconnues… n’hésitez pas à aller découvrir cette nouvelle !

photo tolkien

J. R. R. Tolkien et la pipe de Gandalf

 

La Métamorphose de Kafka : explications

métamorphose kafka

La Métamorphose, Kafka, 1915

Grégoire Samsa, dans sa période humaine, a toujours trimé pour faire vivre les siens. Du jour au lendemain, il est abandonné, méprisé, puis finalement oublié de tous.

On retrouve là une constante dans la thématique de Kafka : l’absence de signification de la vie.

Il n’y a pas de questions métaphysiques dans La Métamorphose. On voit juste ce qui est. Personne ne s’interroge sur le pourquoi scientifique de la métamorphose : elle est, tout simplement. Comme une fatalité qui peut vous tomber dessus à tout moment. On ne peut rien y changer et il est inutile d’en connaître le pourquoi.

Par conséquent, la vie, aussi absurde qu’elle puisse paraître, se doit d’être vécue comme elle est. Pour ce qui rejettent cette idée, il reste toujours la mort !…

L’élément fantastique inhérent à l’histoire de départ de La Métamorphose est très vite évacué dans un réalisme de l’absurde – autrement dit une partie de ce que l’on désigne fréquemment sous l’adjectif « kafkaïen ». Les personnages ne s’étonnent pas de l’état de Grégoire. Il les dégoûte mais ils l’acceptent. A partir de là, le fantastique n’est plus d’actualité. L’intrusion de l’élément surnaturel dans le quotidien est vécu comme quelque chose de naturel.

De là né un certain décalage, non dépourvu d’humour (noir, très noir, forcément), propre à la bibliographie de l’auteur, mais qui atteint son apogée dans La Métamorphose.
Sous ses apparences fantastiques, cette nouvelle n’est donc en fait qu’une allégorie, que le lecteur peut interpréter comme il veut.

Le handicap. La solitude. La routine. La culpabilité. La famille disloquée. L’insociabilité… Autant de significations potentielles à la métamorphose de Grégoire…

Le registre de la métamorphose m’attire énormément. J’en présente un volet dans la nouvelle Eclosion :

Pitch :
Ce week-end là, les parents de Marion sont absents.
La jeune fille se réveille dans leur grande maison isolée, avec en tête les dernières bribes d’un rêve étrange… une grosse chenille bleue qui rampait sur son bras.
Mais a-t-elle vraiment rêvé ?!

N’hésitez pas à aller découvrir cette nouvelle !

La Métamorphose de Kafka : résumé

La Métamorphose est l’un des ouvrages les plus connus de Franz Kafka. En voici un résumé inspiré d’un article du Salon Littéraire.

métamorphose kafka

La Métamorphose, Kafka, 1915

Résumé :

Gregor Samsa se réveille un matin pour découvrir qu’il s’est transformé en une « vermine monstrueuse ». Alors qu’il tente de s’adapter à son nouveau corps, il réalise qu’il est en retard pour son travail. Sa mère, puis son père et sa sœur viennent frapper à la porte de sa chambre, pour le faire sortir de son lit. Même son employeur arrive sur les lieux.

Gregor réussit à ramper jusqu’à la porte de sa chambre, à ouvrir et à révéler sa nouvelle apparence. Sa mère s’effondre et son  employeur s’enfuit de l’appartement. Son père saisit une canne et poursuit Gregor dans le salon , jusqu’à ce qu’il parvienne à l’enfermer dans sa chambre.

 

Perplexe et horrifié par le nouveau corps de Gregor, tant Gregor que sa famille s’installent dans une routine monstrueuse dans les jours qui suivent. Alors que Gregor apprend à connaître les capacités de son nouveau corps – et notamment son nouveau goût pour les aliments décomposés – Grete, sa sœur, devient son principal gardien, le nourrit deux fois par jour et nettoie sa chambre (par curiosité, et pitié essentiellement).

 

Un jour, Grete découvre que Gregor peut ramper tout autour de la chambre, y compris sur les murs et le plafond. Ainsi, aidée de sa mère, elle débarrasse la chambre des meubles encombrant pour lui laisser plus d’espace, mais Grégor, qui jusqu’à présent ne communiquait plus, s’efforce de montrer qu’il s’oppose à ce déménagement. Lorsque les femmes retournent dans la chambre, la mère voit Gregor (resté caché sous le lit jusque là) et s’évanouit. Grete lui fait reprendre ses esprits, et Gregor les suit dans le salon, puis s’écroule de fatigue sur la table.

 

Quand le père rentre à la maison, Grete explique ce qui s’est passé et, furieux, le père poursuit Gregor autour du salon et lui jette des pommes. L’une d’elle frappe Gregor dans le dos, le paralysant. Il faut un mois pour que Gregor guérisse de sa blessure. La porte de sa chambre est laissée ouverte en début de soirée pour qu’il puisse participer à la routine des soirées de la famille : le père s’endort sur sa chaise, la mère coud, Grete travaille sa sténographie et son français. La famille engage une nouvelle femme de ménage, une vieille veuve qui parle régulièrement avec Gregor. Puis trois pensionnaires viennent loger dans la maison.

 

Une nuit, les pensionnaires invitent Grete à jouer du violon pour eux dans la salle principale. Gregor est captivé par la musique de Grete, et se glisse jusqu’au milieu de la salle, sous les yeux de tous les spectateurs. Au début, amusés, puis finalement horrifiés, les pensionnaires menacent de déménager le lendemain sans payer de loyer. Après le départ des pensionnaires a lieu une réunion de famille. Grete insiste sur le fait qu’il faille se débarrasser de Gregor à tout prix.

Gregor, qui a tout entendu, retourne dans sa chambre. Affamé, épuisé et déprimé, il meurt tôt le lendemain matin.

Quelques heures plus tard, la femme de ménage découvre le cadavre de Gregor et annonce son décès à la famille qui se décide à prendre un jour de congé à la campagne.

« Venez donc voir, il est crevé, il est là, il est couché par terre; il est crevé comme un rat », prononce-t-elle.
Un épitaphe sans pitié aucune règle ainsi la pathétique vie de Grégoire Samsa. Mais le pire est peut-être encore que sa mort sera vécu comme une libération divine par la famille Samsa, qui va enfin pouvoir revivre.

Le registre de la métamorphose m’intéresse énormément. J’en présente une déclinaison dans la nouvelle Eclosion :

Pitch :
Ce week-end là, les parents de Marion sont absents.
La jeune fille se réveille dans leur grande maison isolée, avec les dernières bribes d’un rêve étrange à l’esprit… une chenille bleue qui lui rampait sur le bras.
En se levant, elle va finir par se demander si elle a vraiment rêvé…

N’hésitez pas à aller découvrir cette nouvelle !

NB : pour les plus curieux d’entre vous, voici le Lien vers l’article du Salon Littéraire.