L’autoédition : un cercle vertueux pour les auteurs, les lecteurs et la langue française

Lors de la remise des prix des Plumes Francophones le 5 octobre 2017 a été organisée une table ronde sur le thème : « L’autoédition : un cercle vertueux pour les auteurs, les lecteurs et la langue française ».

 

Table ronde

L’objectif de cette table ronde était de présenter l’évolution de l’auto-édition tant au niveau de la perception des lecteurs que de celle des auteurs.
Elle s’appuyait sur deux études menées cet été : l’une auprès des grands lecteurs Babelio (4500 répondants), l’autre auprès des auteurs KDP (1000 répondants).
Le débat été animé par Ainara Ipas, Manager KDP France, et les intervenants étaient Guillaume Teisseire, Cofondateur de Babelio, Gabrielles Desabers, auteure KDP, Stephie, auteure publiée chez Mazarine et blogueuse des Mille et une frasques.

Je vous propose de découvrir les résultats des deux études dans l’ordre dans lequel ils ont été abordés en notre présence.

Babélio :
— Selon l’étude Babélio, près de la moitié des lecteurs interrogés lisent auteurs traditionnels et auto-édités sans faire la distinction entre ces types d’auteurs.
— 4% des lecteurs ne lisent que du numérique, 52% sont des lecteurs « mixtes » : papier et numérique, et 15% des lecteurs papier sont prêts à essayer le livre numérique.
— Le principal obstacle au passage numérique est le fait de lire sur un écran.
— Le principal avantage perçu de la lecture numérique est la capacité de stockage. Ensuite nous avons : le rétroéclairage, les fonctionnalités, la lecture d’extraits, l’accès aux livres gratuits (dont ceux du domaine public) ou épuisés.

— Pourquoi les lecteurs s’intéressent-ils à l’auto-édition ?
1. Permet de révéler de nouveaux talents
2. Élargissent le choix de lecture
3. Liberté totale d’écriture et de ton
4. Moins chers que les autres
5. Auteurs auxquels les lecteurs peuvent s’identifier plus
6. Autres raisons : auteurs connus personnellement, plus accessibles (réseaux sociaux, mails, salons), auteurs qui perçoivent une meilleure rétribution, donner leur chance aux nouveaux

— 77% des lecteurs qui n’ont pas lu d’indépendants n’en ont simplement pas eu l’occasion. Ensuite les raisons invoquées sont le manque de confiance dans la qualité des ouvrages autoédités, et le fait de préférer se fier aux choix des maisons d’édition.

— Quels sont les principaux modes de découverte des livres pour les lecteurs ?
1. Notes et commentaires des lecteurs
2. Conseils des proches
3. Articles ou chroniques
4. Réseaux sociaux
5. Prescriptions du libraire

KDP :
— Sondage KDP : 1/5 des auteurs KDP ont été contactés par un éditeur ou un producteur audiovisuel.

Babélio :
— 2/3 des lecteurs écrivent ou aimeraient écrire
— Top 3 des régions qui ont la plus grande propension à écrire : Corse (75% des corses voudraient écrire), Paca et Normandie.

— Quels sont les freins à l’écriture :
1. 46% des lecteurs s’estiment illégitimes : « qui suis-je pour estimer pouvoir écrire ? »
2. 41% manquent d’inspiration
3. 32% n’en ont pas envie
4. 30% manquent de temps (ce à quoi les auteurs répondent que quand on commence, on finit par trouver le temps !)
5. Ignorance des codes ou des circuits d’édition

— les auteurs choisissent l’autoédition principalement pour la liberté, le contrôle de toutes les étapes de création du livre, la rapidité de publication, l’accessibilité partout dans le monde et le taux de redevance.

KDP :
— 60% des auteurs KDP écrivent pendant leur temps libre (Selon Alice Quinn, auteure hybride : « si on écrit une page par jour, à la fin de l’année on a 365 pages »).

— Pourquoi les auteurs ont-ils choisi KDP ?
1. 40% citent la rapidité de publication : 24H/72H selon le format ebook/papier
2. 25% citent l’accès aux lecteurs du monde entier
3. Possibilité d’imprimer le livre à la demande (possibilité d’obtenir des épreuves et copies d’auteur)
4. ?
5. Gros taux redevance : de 35 à 70% du prix HT des livres (réponse qui arrive en cinquième position avec moins de 10% de réponses, ceci étant certainement dû à la « pudeur française » à parler argent).
NdA : à titre de comparaison, l’édition traditionnelle propose des royalties allant de 3% à 20% seulement.

— Plus de 50% des auteurs KDP font appel à des compétence extérieures pour achever leur livre : correcteurs, bêta lecteurs, marketeurs
— 85% d’entre eux assurent la promo de leurs livres eux-même sur les réseaux sociaux, blogs etc.
— 2/3 des auteurs KDP estiment que l’autoédition a changé leur vie : à titre exemple, Gabrielles Desabers estime pouvoir vivre de l’écriture.
— Le Top 100 des Livres Amazon est composé à 40% d’auteurs indés !

Selon Slimane Zeghidour, rédacteur en chef de France 5, l’arrivée de l’autoédition est une révolution comparable à l’invention de l’imprimerie.

Amis auteurs aux Plumes Francophones

Je suis très heureux de vivre cette révolution avec les autres auteurs KDP !

Suite à la table ronde a eu lieu la remise des Prix des Plumes Francophones à :
Lucas Tahtieazym
Nabil Benali
Un grand bravo à eux !

Lucas Tahtieazym, prix du public


Nabil Benali, prix du jury

J’espère que cet état des lieux vous a apporté.
N’hésitez pas à liker et commenter 🙂

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Aztèques : chronique de « Un mot à la fois »

Un grand merci à Un mot à la fois pour sa chronique !
Vous pouvez la retrouver sur son site : Un mot à la fois

 

Résumé :

Une jeune esclave peut-elle faire tomber un Empire ?

Lorsqu’elle retrouve son village en feu et son chien éventré, Ameyal se jure d’exterminer les Aztèques qui les attaquent. Mais son courage et sa volonté ne peuvent rivaliser contre les guerriers.Elle perd tout, famille, amis, son village est détruit et elle est emportée.

Rabaissée à l’état d’esclave, plongée dans un harem où les intrigues font loi, où sauver sa peau se joue derrière chaque porte, Ameyal doit faire face aux pires injustices, trahisons et humiliations.

Au-delà de ces épreuves, une question s’impose : existe-t-il un cage assez grande pour retenir la fille de l’aigle ?

Avis de Un mot à la fois :
Je viens tout juste de terminer de lire Aztèques de Eric Costa. C’est vraiment un très beau livre, dont je ne suis vraiment pas déçue de l’avoir lu. Surtout s’agissant d »un univers que je ne côtoie pas souvent, c’est une très belle découverte. Mais qui est son auteur ?

Eric Costa, le papa de Aztèques, est un passionné de voyages et d’aventures qui publie son premier roman cette année. C’est justement son goût pour l’aventure qui l’anime pour écrire ce roman basé sur un peuple du Mexique Précolombien.

Cela lui permet également de se présenter au salon du livre de Paris 2017, pour la première fois et de remporter le prix du Jury Amazon KDP.

Il est aussi l’auteur d’un recueil de nouvelles fantastiques

Réalités invisibles. Pour le contacter,  suivez-le sur Facebook  ou Twitter. Il possède également un blog d’ auteur  et une adresse mail eric.costa.auteur@gmail.com.

Aztèques est un roman  se déroulant dans le Mexique Précolombien. L’auteur nous introduit donc dans le monde des aztèques. Avant de découvrir les différents aspects de leur culture, nous faisons connaissance avec Ameyal, l’héroïne.

Ameyal est un personnage féminin complet. Très entêtée et indépendante, elle garde son courage malgré tous les malheurs qui lui arrivent dès les premières pages. Et des malheurs elle en rencontre.

L’auteur ne l’épargne pas. Ce que j’ai vraiment trouvé authentique parce que souvent certains auteurs/ scénaristes évite de faire trop de mal aux protagonistes ou alors ils s’en sortent facilement. Pas Ameyal.

Tout au long du livre, de choses terribles lui arrivent. Elle se retrouve au milieu de complots et sa vie est constamment en danger. Elle s’en sort bien évidemment mais pas sans souffrances. Et des souffrances assez terrible tout de même.

On rencontre également d’autres personnages à travers les péripéties de notre héroïne. Ce sont principalement des femmes, comme elle évolue dans un  harem. Mais elle croise la route de certains hommes aussi.

Et ces personnages aussi différents les uns que les autres, du fait de leur fonction, leur statut. Se révèlent finalement assez semblables parce qu’ils sont perfides, manipulateurs, comploteurs et surtout violents.

Sans parler du Harem qui a ses propres lois que Ameyal a du mal à suivre. On tombe vraiment sur un peuple tyrannique et sans pitié, qui ne distingue pas femme, enfant et homme pour faire appliquer sa violence.

Un vrai travail de fond

Ameyal est un personnage que j’ai vraiment apprécié. Courageuse, indépendante, révoltée et qui ne baisse pas vite les bras jusqu’au bout. Une chose assez cocasse sur le roman c’est que Ameyal n’est pas aztèque.

Alors pourquoi on parle de ce peuple ? Parce que notre héroïne, à la suite de circonstances très fâcheuses, va se retrouver chez eux. En fait Ameyal vient d’un peuple voisin mais qui n’a pas tout à fait les mêmes coutumes.

Eric Costa nous fait donc découvrir les aztèques. Pas tel un livre d’histoire ou d’anthropologie le ferait. Mais plutôt en nous racontant l’histoire de l’héroïne, en faisant une description des lieux, des vêtements. En nous présentant les dieux aztèques, leurs coutumes, leur alimentation et même la chaleur ambiante.

Et tout cela est très clair. L’auteur s’en est assuré avec à la fin du livre, un lexique des termes aztèques qu’on retrouve durant notre lecture. Un répertoire des personnages ainsi qu’un récapitulatif des dieux mentionnés et leur fonction.

De plus, le travail d’Eric Costa est remarquable parce que non seulement on voit sa passion pour le sujet avec sa bibliographie, mais on la ressent aussi au fil des mots.  Il  m’a fait voyager durant ma lecture, je vivais à travers notre héroïne intrépide et je ressentais les mêmes choses qu’elle.

cropped pen 1 300x300 - Chronique d'auto-édition "Aztèques: Harem" Eric Costa.

 

Je comprends maintenant pourquoi il a remporté le prix du Jury Amazon KDP.

Ainsi tout ce que je peux vous dire, c’est de ne surtout pas rater une occasion de lire Aztèques: Harem.  

Vous trouverez tous les ingrédients pour passer un bon moment, aucune fois vous ne vous ennuierez et votre esprit aventureux vous remerciera de cette lecture. En plus, vous pourrez vous vanter de connaître quelque chose sur un ancien peuple. Sans oublier la belle plume de l’auteur, qui n’est pas monotone ni gonflante ennuyante.

On se retrouve pour la prochaine saison des aventures de Ameyal  (eh oui, ce n’étais que le commencement ^^).

Allez la bise !

Aztèques : chronique de « Wolkaiw : l’antre du loup »

Un grand merci à Kathleen pour sa chronique !
Vous pouvez la retrouver sur son site : Wolkaiv : l’antre du loup

 

Résumé :

Une jeune esclave peut-elle faire tomber un Empire ?

Lorsqu’elle retrouve son village en feu et son chien éventré, Ameyal se jure d’exterminer les Aztèques qui les attaquent. Mais son courage et sa volonté ne peuvent rivaliser contre les guerriers.Elle perd tout, famille, amis, son village est détruit et elle est emportée.

Rabaissée à l’état d’esclave, plongée dans un harem où les intrigues font loi, où sauver sa peau se joue derrière chaque porte, Ameyal doit faire face aux pires injustices, trahisons et humiliations.

Au-delà de ces épreuves, une question s’impose : existe-t-il un cage assez grande pour retenir la fille de l’aigle ?

Avis de Kathleen :

Aztèques nous propose une plongée au cœur d’une époque souvent méconnue, l’ère des Aztèques, civilisation presque ancestrale qui fascine les hommes, poussant même certains à écrire. Peu de chapitres, beaucoup d’action, ainsi est constitué le livre. Des chapitres relativement longs qui ne permettent pas de fréquentes pauses mais qui au contraire instaurent un rythme haletant et soutenu.

     Chaque chapitre possède son petit nom, nous plongeant un peu plus dans cette ambiance si particulière qu’est celle de ce peuple amérindien. Eric Costa nous propose de suivre un personnage des plus atypiques, la belle Ameyal au regard de Jade. D’où lui viennent ces yeux d’un vert qui en subjuguera plus d’un ? Un mystère plane quant à leur origine, toujours est-il qu’ils ne laissent personne insensible, réveillant la curiosité de tout le monde.

      Ameyal est une jeune fille qui peu à peu deviendra une véritable femme. Fougueuse dans l’âme, elle est animée d’une farouche rage de vivre mais surtout de vaincre. Ameyal est une battante qui lutte pour sa condition et la survie de son peuple, violemment décimé et réduit à l’état d’esclave. Son tempérament explosif fait d’elle un personnage unique, elle ne fait rien comme tout le monde mais tout le monde la remarque. J’ai bien aimé suivre ses frasques ainsi ses escapades nocturnes qui réservent à chaque fois leur lot de surprises.

    Attirer l’attention est une arme à double tranchant, cela peut vous rapporter des ennemis comme des alliés. Ameyal doit-elle se méfier de toutes les personnes qu’elle croise au sein du Harem? Cette dernière semble empêtrée dans des intrigues qui la dépassent, prise au piège d’une guerre dans laquelle elle s’avère être un redoutable pion. Petit pion qui n’hésitera pas à se transformer en dame au moment opportun.

 

Je dois avouer que j’aurai bien aimé suivre le parcours d’autres survivants du massacre du village, je pense notamment à Nicté, d’autant plus que l’écriture n’est pas à la première personne mais à la troisième. Peut-être l’auteur évoquera-t-il son destin dans le tome suivant ? Le mystère demeure entier. Dans tous les cas, ce premier tome nous plonge dans une sorte de huis clos, nous sommes coincés dans le harem et tentons ( vainement ? ) d’en sortir.

 

     La plume fluide de l’auteur m’a transporté à l’époque des Aztèques comme si cela était naturel, mais j’ai eu un peu de mal avec les prénoms lorsque j’ai débuté la lecture, notamment en ce qui concerne la prononciation. Vous vous doutez bien que les noms de l’époque sont très différents des nôtres. Cette petite difficulté s’est estompée au fil de la lecture, il me fallait juste le temps de m’y accoutumer.

      Je vous le disais plus haut dans la chronique, ce livre est bourré d’action. Le lecteur n’a pas le temps de souffler que déjà Ameyal est fourré dans un nouveau coup. On se demande à chaque fois quelle règle elle va enfreindre, quelle limite elle va repousser. Ameyal est vraiment un personnage très intéressant, même si je n’ai pas réussi à m’attacher à elle, un poil trop intrépide pour moi. Quelques moments de pause auraient été les bienvenus, notamment pour cerner davantage Ameyal mais surtout pour comprendre son raisonnement, comprendre sa logique. Le lecteur comprend qu’Ameyal a pour but de s’élever, mais de petites réflexions quant à l’élaboration de certains plans auraient permis de souffler un peu et de prendre du recul.

      Volonté et détermination me sont apparus comme les maîtres mots de cette histoire, un petit bout de femme prêt à braver tous les dangers afin d’atteindre le sommet. Ce premier tome et plus encore sa fin, donne très envie de lire la suite qui s’annonce des plus prometteuses. Découvrir les nouvelles aventures d’Ameyal m’enchante déjà! 

     Il s’agit donc d’une très belle immersion dans une époque méconnue, le voyage a été possible et rendu très agréable grâce à la douce plume de l’auteur. Le personnage d’Ameyal est intrigant et ne vous laissera pas indifférent, de même que sa destinée. Ce livre possède un petit plus, il s’agit de sa bibliographie à la fin mais surtout du rappel des noms des personnages ainsi que leur signification.

 

Aztèques : « Celles que l’on a oubliées » mis en musique par Donatien Sade

« La terre humide pénètre toutes les fibres de son être. Incapable de se réchauffer, elle se lève en s’appuyant au mur. Elle frictionne son corps tremblant et chancelle le long de la paroi froide qui l’emprisonne. Parvenue à une autre paroi, son front heurte une pierre dans un bruit sec. Elle attend que la douleur s’estompe et poursuit son errance.
À chaque tour de cachot, Ameyal compte ses pas et baisse la tête pour ne pas heurter le plafond à demi effondré. Dans son crâne résonnent les échos des menaces et des douleurs passées. Les questions sans réponse, les cris, les coups, son visage enfoui de plus en plus loin dans le feu aux piments se superposent au visage menaçant et triomphateur de Coatzin.
Des bruits s’élèvent alors.
Ameyal sent son ventre se serrer. Elle se réfugie le plus loin possible des raclements entrecoupés de gémissements sourds qui retentissent. Deux pierres se percutent dans un son dur. La lueur d’une torche traverse les paupières closes de la jeune fille, faisant ressortir une tache brune, évanescente, devant ses yeux »

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Vous venez de lire un extrait d’Aztèques 1 : Harem, Épisode 4 : « Celles que l’on a oubliées ».

Il y a quelques jours, Donatien Sade, artiste musicien et ami, me contactait pour me demander s’il pouvait emprunter l’un de mes titres d’épisode d’Aztèques pour l’une de ses chansons.
Donatien aime enregistrer des sons provenant de son entourage. Donnez-lui des verres en cristal vides ou remplis de vin, des assiettes ébréchées, des couverts en argent, un candélabre, un drap de satin blanc, il va jouer avec les sons, mêler les objets, les entrechoquer, tapoter ou caresser leur surface, les exploiter pour en faire de la musique.
C’est avec joie que j’ai accepté sa proposition.

Celles que l’on a oubliées :
Plongées au plus profond d’une prison Aztèque inhumaine, dans des cellules exigües, humides, ignorées du soleil et de la lumière, des femmes tentent de survivre. La plupart d’entre elles ont essayé de se donner la mort. Certaines ont réussi, d’autre ont échoué, et l’on a retiré le semblant de mobilier qui s’offrait à elles pour que cela ne se reproduise plus.
Au fil du temps, certaines prisonnières sont devenues folles. D’autres, déjà perdues, sont devenues dangereuses, imprévisibles, voire meurtrières.

Un jour, l’une d’entre elles, qui avait été belle, jeune et favorite, perdit le peu d’humanité qui lui restait. Ce jour là, elle sauta à la gorge de son bourreau, lui arrachant la pomme d’Adam.
Particulièrement dangereuse, elle s’était grignoté le bras pour se délivrer de la chaîne qui l’attachait au mur.
Elle parvint à ramper jusqu’au palais du Maître, dans lequel elle s’introduisit avec son moignon sanguinolent. Elle clopina jusqu’à sa chambre, trainant une jambe à moitié morte derrière elle, en respirant avec bruit et en grognant.
Penchée sur le Maître, elle le regarda dormir. Lui, dont elle avait été la Maîtresse. Lui qui régnait sur toutes les femmes, gardes et conseillers, palais et harem.
Elle approcha la seule main valide qui lui restait de l’œil du Maître et y planta ses doigts. Elle tira, tira si fort, si bien que le Maître se mit à hurler.
La dernière chose qu’elle ressentit fut une lame qui lui transperça le ventre, par derrière, avant que deux lances ne lui perforent les seins et qu’elle se retrouve clouée en l’air, recouverte d’urine séchée, de déjections, de sang et de terre, de restes de ses maigres repas et des miasmes de son cachot.
Le Maître se redressa et elle lui sourit de toutes les dents jaunes et noires qui lui restaient. Elle lui sourit, à lui son ancien amant, à lui son ancien amour, juste avant qu’il ne lui ouvrît le ventre en deux.
Ses entrailles se vidèrent et son cœur tomba sur le sol, palpitant, rouge et noir comme la prison.
Elle eut juste le temps de se dire que le cœur d’une favorite, même une favorite du passé, doit rester auprès de son Maître.
Son visage s’affaissa et elle s’effondra.

Depuis lors, le lieu maudit, que l’on désigne par la phrase Celles que l’on a oubliées, fait frissonner dans les couloirs du harem. Cette menace pire que la mort plane sur chacune des jeunes et belles femmes qui ne respecterait pas les Neufs Lois du harem.

Entrez dans la folie de ces femmes, parcourez les méandres de leurs esprits à travers la musique de Donatien Sade : Celles que l’on a oubliées.

PS : si vous souhaitez en savoir plus sur Donatien Sade, c’est par ici : https://www.donatiensade.com/

Et pour découvrir l’histoire en entier, c’est par ici 😉

Festival Virtuel de la Nouvelle : Malgré tout, je vous aime

Quand Patricia Michel Ricordel propose à Anael Verdier de parrainer son Festival Virtuel de la Nouvelle, il dit oui.

Quand il me propose de participer en tant qu’auteur, je dis oui aussi. Et j’ai eu tout juste quelques jours pour écrire « Malgré tout, je vous aime« , qui doit faire 7000 signes et pas plus !

Qu’est-ce que le Festival Virtuel de la Nouvelle ?
Il s’agit d’un festival créé par Patricia Michel Ricordel, destiné à faire découvrir des histoires courtes écrites par des auteurs de genres différents.
Le festival en est à sa seconde édition.
Une seul consigne : 7000 signes (vous allez voir plus loin pourquoi j’insiste !).

Comme vous pouvez le voir sur l’affiche, la nouvelle que je devais présenter initialement s’intitulait Les hommes froids. Le problème, c’est qu’elle faisait 21000 caractères ! Elle a donc été refusée par le comité de lecture et j’ai dû en rédiger une autre.

Qu’à cela ne tienne : j’ai repris mon ordi, je me suis rassis à mon bureau et une nouvelle idée m’est venue. Vous allez pouvoir découvrir cette histoire dès à présent :

 

Je traversais la salle immense et vide, et pris place autour du bureau rond, déposant mon pardessus huileux sur le dossier de mon fauteuil et essuyant mes mains sales sur mon costume.

J’étais le dernier, et j’avais bien failli arriver trop tard.

Liu Jieyi, Matthiew Rycroft, Piotr Ilitchov étaient déjà présents. Le visage sombre, de gros cernes sous les yeux, tous trois se tenaient immobiles et silencieux, le regard rivé vers le fauteuil garni de boutons, au centre du cercle, dans l’attente de sa venue. Le grand écran de contrôle qui nous surplombait affichait les images de la 5ème Avenue déserte, plongée dans l’obscurité, et de l’Empire State Building battu par la pluie. Les lumières du plafond clignotaient par intermittence, menaçant de s’éteindre.

C’est alors qu’il entra. Personne ne se leva, personne n’applaudit. Ses cheveux salis par la pluie collaient à son front, et des traces sinistres maculaient son visage comme des larmes de honte. Il s’assit et balaya le conseil d’un air las. En l’observant, je me dis que nous étions allés trop loin.

Pourtant, lorsque Nikky Haley sortit de sa poche une petite sphère bleue translucide, tous les yeux s’agrandirent et je me dis qu’il y avait peut-être encore un espoir. Il pressa un bouton, un déclic retentit et la sphère s’ouvrit en deux, dévoilant le message dont notre avenir dépendait.

Je cessai de respirer.

Il essuya ses lunettes dans sa chemise froissée, s’éclaircit la gorge et lut :

« Chers enfants,

Je vous ai aimés. Je vous ai portés. Je vous ai faits boire à mon sein, je vous ai nourris.

Je vous ai écoutés lorsque vous parliez, chuchotiez ou hurliez. J’ai accueillis vos soupirs, vos joies et vos frissons. Je me suis faite l’écho de vos cris, espérant en vain que vous me comprissiez. Vous vous êtes blottis contre moi et je vous ai bercés lorsque vous sanglotiez.

Je vous ai lavés, habillés, je vous ai tendu la main lorsque vous étiez perdus, je vous ai écouté, toujours, en tout temps et en tout lieu, qu’il fasse jour, nuit, que le soleil brûle ma peau ou que le froid la glace.

Je vous ai donné tout ce qu’une mère peut donner ; énergie, attention, tendresse, jeunesse et beauté.

Mes veillées furent si longues que mes cheveux sont tombés. Pour vous, je les ai fait repousser. Je les ai parés de fleurs et de parfums d’hiver, d’été, de printemps et d’automne. Je vous ai emmenés, chers enfants, à l’ombre des branches, où les chants d’oiseaux caressaient vos petits cœurs, où une brise tendre soufflait à vos oreilles.

Je vous ai montré l’azur du ciel, le miroitement de la mer sous la lune, le scintillement des étoiles sur le drap de la nuit. Je vous ai baignés sous des cascades sublimes, dans des océans puissants, et vous avez ri dans leurs vagues chargées d’écume. Je vous ai enveloppés dans la fraîcheur des sous-bois aux odeurs d’humus, je vous ai plongés dans la fraîcheur des lacs de montagne et réchauffés dans la chaleur sèche des mottes de foin d’été. Je vous ai offert les turquoises de la mer de Chine, les ocres des déserts, le blanc miroitant de l’Antarctique, le pourpre et l’or, le violet de l’aube et le rose pâle du soir, toutes les nuances des plantes, des fleurs et des fruits.

Et vous, chers enfants, après avoir joui de l’ombre des arbres, vous les avez abattus. Vous avez cultivé leurs fruits le long d’allées mornes et désertes, où vos épandages sont venus, tels des anges de la mort, étouffer les derniers souffles de vie. Pardonnez-moi, ma main tremble et j’espère que vous parvenez encore à me lire. Vous avez rendu ces fruits bons pour les yeux et mauvais pour le reste, et surtout pour vous-même. Ces lacs qui vous enveloppaient, vous les avez asséchés. Vous avez déplacé les fleuves de leur lit. Vous avez dépensé l’eau au cœur de déserts hérissés de maisons de jeux, cependant que vos pairs mouraient de soif plus loin vers le sud. »

Haley releva la tête un instant, les yeux rougis, humides, avant de replonger dans sa lecture :

« Vous avez sali. Vous avez sali les draps qui vous protégeaient et réchauffaient. Vous avez souillé, de vos chaussures pleines de boue, les dalles de pierre de mon entrée, le tapis de mon salon, le parquet de ma cuisine. Des ressources intérieures, amassées sur des milliers d’années, vous avez fait des sac plastiques qui ont étouffé les oiseaux avant de les remplacer, dans le ciel, comme des ombres et des fantômes.

Vous avez tué. Pardonnez-moi, je tremble, pardonnez-moi, ma peau brûlée s’assèche et se déchire, glacée d’un côté, je transpire de l’autre, tous vos produits, vos avions et vos usines, vos gaz d’échappement, ont achevé l’atmosphère qui nous protégeaient tous. Et je meurs, mes enfants, je meurs.

Je meurs comme le Tigre de Tasmanie, le Paresseux de Porto Rico, l’Éléphant de Chine, le Rhinocéros noir d’Afrique de l’ouest, le Loup d’Hokkaido, le Lion du Cap, la Tortue des Seychelles et j’en passe, il n’y a pas assez de lettres pour nommer tous ces animaux, insectes et plantes qui de votre fait ne sont plus, et ne seront plus jamais, il n’y a pas assez de mots pour les honorer, ces espèces millénaires que vous avez massacrées en quelques secondes.

Et votre mère malade, désormais tellement malade, chers enfants, que toute votre volonté ne peut l’aider, est sur le point de rendre son dernier souffle. Une maladie trop avancée ne peut être enrayée. Vos recherches, vos pactes climatiques, vos tentatives individuelles ou collectives, les guerres que vous menez pour votre profit personnel de court terme, vous, pollueurs d’un côté, écologistes de l’autre, hypocrites des deux, sont sur le point de se terminer.

Il est tard, chers enfants, il est très tard, trop tard, mais avant de disparaître, je voudrais que vous sachiez une chose.

Une seule.

Malgré tout, je vous aime.

Votre mère. »

Je ne pus décrocher le regard de Haley, qui reposa le message et nous observa d’un air grave. Je balayai la salle des yeux et réalisai que les autres membres étaient arrivés. Le premier ministre du Royaume-Uni avait pris place à ma droite, les présidents de la Chine et de la Russie, accompagnés de leurs épouses, à ma gauche, aux côtés de plusieurs grands industriels et financiers. Tous les membres du conseil de sécurité me firent penser à des enfants perdus. L’écran de contrôle, assailli de vagues noires et létales, semblait plongé dans le chaos.

Lorsque Haley pressa un bouton de son fauteuil, les lumières grésillèrent et s’éteignirent d’un coup. Le tonnerre gronda, faisant trembler nos corps et nos âmes. Le siège des Nations-Unies vacilla sur ses fondations.

Je suivis des yeux l’écran de contrôle. Manhattan rapetissait à vu d’œil.

Puis L’État de New-York.

Puis les États-Unis.

Peu importait les tigres, les tortues ou autres éléphants, maintenant que les 142 familles les plus riches et les plus influentes avaient embarqué à nos côtés sur l’USS United Nations.

Une fois de plus, l’homme prouverait qu’il sait trouver de nouvelles ressources et de nouvelles terres.

FIN

 

N’hésitez pas à commenter pour me dire ce que vous avez aimé, et si cette histoire vous a fait quelque chose.

Je remercie Patricia et Anaël d’avoir eu l’idée de créer un recueil de nouvelles en septembre qui regroupera les huit auteurs participant au festival, et qui présentera des nouvelles inédites de longueur libre avec comme thème imposé : « Les hommes froids » (rires).

Pour découvrir mes autres nouvelles déjà écrites et publiées dans le recueil étrange et fantastique Réalités Invisibles, cliquez sur la couverture ci-après 😉

Et pour en savoir plus et découvrir les auteurs ayant participé au festival créé par Patricia, cliquez ci-après : http://festivaldelanouvelle.com/

Lettre d’un mentor et ami

Je voudrais partager avec vous quelque chose qui m’a énormément touché lors de la journée du 10 mai, jour de l’offre éclair Amazon d’Aztèques, grâce à vous si riche en émotions.
Il s’agit d’un mail de mon mentor Anael à sa mail-list pour l’informer de cette offre.
A travers l’écriture, Anaël est devenu bien plus qu’un simple coach : il est devenu un ami. Je lui laisse la parole :

« Lorsqu’il a frappé aux portes de l’atelier d’écriture que j’animais alors à Bordeaux, Eric cherchait à revenir à l’une de ses premières passions : l’écriture.

Il se souvenait avoir écrit quelques histoires avec des amis dans son adolescence, et il voulait retrouver ce plaisir.

Il avait à l’époque un projet de roman fouillis, compliqué, avec une narration embrouillée et une dramaturgie inexistante et de temps en temps, après l’atelier, il me bombardait de questions pour l’améliorer.

Quand j’ai lancé mon Académie d’écriture, il a hésité. C’était un grand pas et en même temps c’était exactement le pas qu’il voulait s’autoriser à faire.

Après un an passé à suer sur un recueil de nouvelles fantastiques, un guide pratique et deux synopsis de romans, Eric avait acquis les bases de la dramaturgie. Il était
plus à l’aise dans son écriture, plus fluide.

Il restait à transformer l’essai en deuxième année en travaillant sur des projets longs.

Aztèques est né dans ce contexte, de la contrainte de concevoir une série littéraire.

Après une année de réécriture, Eric a publié Harem, le premier tome de la série Aztèques, sur Amazon, l’a pitché avec brio au salon du livre de Paris, où il a remporté le premier prix du jury d’Amazon et il est aujourd’hui dans le top 3 des ventes.

Avec une moyenne de 4,5 étoiles sur 5 en 26 commentaires, ne vous fiez pas qu’à mon jugement quand je vous recommande de le lire.

Non seulement Aztèques est un exemple de dramaturgie réussie mais c’est en plus l’opportunité de découvrir une culture et un univers qui nous sont peu familiers.

Lisez-le si vous aimez les intrigues, la manipulation, le jeu sur les faux-semblants. Lisez-le surtout pour analyser sa construction, dans laquelle rien n’a été laissé au hasard.

Aujourd’hui Amazon propose une Offre Éclair sur le livre, ce qui signifie que le format numérique est à moins d’un euro pour la journée.

Perso, je préfère la version papier. Pour le prix d’un poche, vous recevez un livre grand format avec une belle illustration de couverture.

Il est loin le temps du premier roman, Aztèques est le résultat de quatre années de travail appliqué et déterminé.
Sa maîtrise d’écriture en est la conséquence directe.

Anaël « Le travail paie » Verdier »

Merci Anaël.
NB : voir les formations que propose Anaël sur internet et à Bordeaux

Le principe de Pareto appliqué à l’écriture

Avez-vous déjà entendu parler du Principe de Pareto ? Il permet d’augmenter son efficacité dans tous les domaines. Pourquoi ne pas l’appliquer à l’écriture ?

principe de pareto

Commençons par quelques explications. Le principe de Pareto, également appelé loi de Pareto, principe des 80-20 ou encore loi des 80-20, est un phénomène empirique constaté dans la plupart des domaines :

Environ 20 % des efforts produisent 80 % des résultats.

Naissance du principe :
Le principe de Pareto doit son nom à l’économiste italien Vilfredo Pareto, qui à la fin du XIXe siècle analyse les données fiscales de nombreux pays d’Europe. Malgré les différences entre les pays, il remarque un phénomène similaire qui s’applique partout : le pourcentage de la population dont la richesse est supérieure à une valeur x est toujours proportionnel à A/xα, un coefficient α variant selon les pays. Cette distribution est aujourd’hui connue sous le nom de loi de Pareto.

Applications du principe :
Selon Joseph Juran (considéré comme le principal fondateur des démarches qualité) : « Le principe de Pareto est une méthode générale permettant de trier un quelconque agrégat en deux parties : les problèmes vitaux et les problèmes plus secondaires. Dans tous les cas, l’application du principe de Pareto permet d’identifier les propriétés des problèmes stratégiques et de les séparer des autres« .

Il a été constaté que ce principe a une valeur universelle :

  • gestion des ventes : 80% des ventes est réalisé grâce à 20% des références présentées,
  • gestion clients : 80 % du CA est réalisé grâce à 20 % des clients,
  • services : 80 % des réclamations proviennent de 20 % des clients,
  • gestion de projet : 80 % d’accomplissement d’une mise au point nécessite 20 % de l’effort,
  • gestion de production : 20 % des produits représentent 80 % du CA.

loi de pareto

Application à l’écriture :
L’écriture est une activité chronophage. En prenant conscience de cette loi empirique, vous pourrez améliorer votre efficacité. Par exemple, savoir 20% des efforts que vous déploierez produiront 80% des résultats de vos recherches peut vous aider dans votre organisation, et vous faire gagner du temps. 

Vous pourrez appliquer le principe de Pareto à l’écriture et faire que le minimum d’actions et d’efforts vous apporte un maximum de résultats. C’est l’idée que je voulais illustrer ici :

principe des 80 20

 


 

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Brille. Ose. Cherche. trébuche.

« Celui qui travaille avec ses main est un ouvrier.

Celui qui travaille avec ses mains et sa tête est un artisan.

Celui qui travaille avec ses mains, sa tête, et son coeur est un artiste. »

Saint François d’Assise.

émeuraude gangue

Extrait du site http://apollinepoint.com/brille-ose-cherche-trebuche

Un vrai rayon de soleil, allez-y ! Voilà la plus belle partie, la plus vraie, que je partage avec vous :

« Mains, tête, et coeur ? Tu vois, tu as déjà le ticket d’entrée.

N’attends pas de te sentir prête, la seule permission dont tu as besoin, c’est la tienne.

Regarde-moi dans les yeux ! Fais ce qui compte pour toi. Brille. Ose. Cherche. Trébuche. Relève-toi. Essaie autre chose. Avance !

Je crois en toi. »