Réalités Invisibles : chronique de « Fais moi peur »

Un grand merci à manue pour sa chronique !
Vous pouvez la retrouver sur son site : fais moi peur

 

Affaire n°311: « Réalités invisibles » de Eric Costa.

Meurtrier: Eric Costa

Victime: Réalités invisibles

Taille de l’arme: grand format

Type d’arme: auto-édition

Nombre de pages que contient le rapport d’enquête: 139
Prix de la caution versée: 9 euros 99
Contacter le meurtrier: Son facebook

Dossier ouvert le: 29 mai 2017 – 

fermé le: 31 mai 2017

Publié par Manue Gioanni à 20:15

Affaire n°311: « Réalités invisibles » de Eric Costa.

 

Informations relatives à l’enquête: Je remercie l’auteur pour l’envoi de son roman. Je lui ai fait une demande via le site Simplement et j’ai eu la chance qu’il ait accepté.

Résumé de l’enquête: Laissez-vous happer par l’étrange, l’occulte et l’insolite le temps de six nouvelles.
Suivez Marion lorsqu’elle découvre une mystérieuse chenille bleue.

Explorez un manoir dont les murs semblent changer de place.
Accompagnez Alzius dans une forêt peuplée de voix étranges.
Voyagez toute une nuit dans les souvenirs d’Alex…


Quelques lignes de rapport d’enquête: /

Mes conclusions sur le meurtre:

La nouvelle « Hôtel Wolff » est assez intéressante au niveau des idées. Le lieu est assez commun, tout le monde est déjà allé dans un hôtel donc on peut facilement s’imaginer que les situations de l’histoire peuvent nous arriver. Je ne me suis pas imaginée une seconde cette fin avec ce retournement de situation. Jusqu’à la conclusion je ne savais pas vraiment où l’auteur voulait en venir avec ces situations mais il cache bien son jeu. Au final s’il tire les ficelles de ses personnages en les manipulant à sa guise il en fait de même avec nous, lecteurs.
Les idées sont intéressantes, recherchées mais selon moi, pas assez approfondies. Je pense que la nouvelle aurait pu être plus longue et donc plus approfondie.
En ce qui concerne les descriptions, pour les lieux il y en a suffisamment pour que l’on arrive à s’imaginer l’ensemble, même si je pense qu’Eric Costa aurait pu en rajouter à certains moments. Ce qui m’a par contre dérangée c’est le manque de détails concernant les personnages. Malheureusement je ne suis pas arrivée à me les imaginer. Je n’ai pas non plus réussi à ressentir leurs émotions… L’auteur devrait vraiment revoir cette partie de l’histoire pour que cette dernière soit plus vivante et que l’on arrive à se mettre dans la peau des protagonistes.
La fin est surprenante, on ne s’y attend pas du tout. C’est une fin ouverte qui nous permet de nous poser plusieurs questions. Autant je me pose beaucoup de questions sur le futur de ce personnage, autant j’aurais envie de savoir ce qu’il est devenu…

La nouvelle « Solitaire » est assez surprenante et déstabilisante. Personnellement il y a pour moi trop de non dits. L’auteur ne nous dévoile pas tout et finalement cette nouvelle est selon moi pas aboutie malheureusement. Pourtant l’histoire commençait bien et me semblait vraiment originale. Jusqu’à la fin… et le retournement de situation. Malheureusement c’est à ce moment-là que j’aurais voulu avoir certaines explications qui ne sont pas présentes.
Concernant les descriptions, que ce soit des lieux, des personnages ou de leurs ressentis, il n’y en a malheureusement pas assez pour que je sois arrivée à m’imaginer l’ensemble de la nouvelle.
De plus, elle est assez courte ce qui est selon moi un peu dommage… J’ai eu l’impression que l’auteur n’avait pas eu envie ou le temps de finir cette nouvelle. Pourtant l’idée de départ était intéressante, mêlant vie quotidienne et thriller soft et j’aurais vraiment apprécié en savoir davantage.
La fin m’a déstabilisée et je me suis demandé pourquoi l’auteur s’était arrêté à ce moment-là… Je pense qu’il aurait pu continuer et nous faire vraiment partager le quotidien de ce personnage peu commun.

« Eclosion » m’a beaucoup plu, c’est une nouvelle aboutie et un thriller soft vraiment intéressant. On y découvre le quotidien d’une jeune fille qui va petit à petit se transformer en cauchemar.
Je n’avais encore jamais lu d’histoire de ce genre ! C’est donc une très bonne chose. Je serais curieuse de découvrir cette nouvelle sous la forme d’un roman plus long et qui se déroulerait, pourquoi pas, sur plusieurs mois.
Les idées s’enchainent bien et les retournements de situations ne sont présents que lorsque c’est nécessaire.
En ce qui concerne les descriptions, si l’auteur décrit très bien l’animal il en oublie de décrire la jeune fille… Pour ce qui est des émotions elles sont décrites mais auraient pu être un peu plus précises. Elles sont tout de même présentes contrairement aux précédentes nouvelles.
Ce qui est un petit peu dommage c’est que l’auteur oublie complètement de nous dire si la nouvelle se passe en quelques heures, une journée ou plusieurs jours. Cela aurait pu être intéressant d’indiquer les heures pour que le suspense soit encore plus présent.
La fin est surprenante, c’est tout de même une nouvelle entièrement finie, avec une pointe de suspense comme on peut en trouver dans la plupart des thrillers.

Celle que j’ai sans doute le moins appréciée est la nouvelle « Le refuge ». Il y a selon moi trop de non-dits. Je ne suis pas arrivée à entrer dans cette histoire et à m’imaginer les situations et les réactions des personnages. L’auteur passait trop rapidement d’une situation à une autre et au final je me suis parfois demandé comment le protagoniste était parvenu à cette situation.
Certaines idées sont originales mais selon moi c’est l’ensemble de la nouvelle qui n’est pas assez approfondie et je trouve cela un peu décevant.
Les personnages manquent de descriptions ce qui fait que je ne suis pas arrivée à m’imaginer leur physique ou ce qu’ils pouvaient vraiment éprouver devant de telles situations.
La fin est selon moi un peu trop floue… on ne sait pas vraiment ce que deviennent les personnages ni ce qui va se passer ensuite pour eux…

Contrairement à la précédente j’ai beaucoup apprécié la nouvelle « Le manoir ». Le suspense est présent tout au long de l’histoire et même ensuite.
Les idées sont intéressantes mais j’ai eu l’impression qu’Eric Costa n’allait pas assez au fond des choses, comme s’il se freinait dans son écriture ce qui est un peu dommage et frustrant. J’aurais vraiment voulu découvrir ce manoir si particulier, me promener dans les couloirs, entrer dans les pièces pour y découvrir des choses et ressentir l’angoisse monter pour le protagoniste mais aussi pour nous en tant que lecteur. Malheureusement je me suis plus sentie spectatrice qu’actrice et c’est un peu frustrant.
Les descriptions des lieux, et surtout des sentiments du personnage ne sont pas assez mis en valeur. Il y en a mais pas assez selon moi.
J’ai bien apprécié le fait qu’il n’y avait pas beaucoup de dialogues, cela crée une sorte d’enfermement que l’on ressent un peu à certains moments.
La fin est surprenante et on se pose beaucoup de questions concernant le futur de l’homme. C’est vraiment au lecteur de s’imaginer un épilogue. Certains lecteurs apprécieront, d’autres peut-être un peu moins…

La dernière nouvelle « Fréquence 24 » est ma préférée. Les idées sont vraiment intéressantes et l’auteur arrive dans l’ensemble à nous faire partager les quelques heures d’angoisse de son personnage.
Certains passages auraient mérité d’être un peu plus développés mais dans l’ensemble l’auteur nous fait facilement entrer dans son univers.
Les retournements de situation ne sont pas très nombreux ce qui est une bonne chose surtout pour une nouvelle. Les idées s’enchainent bien mais vont parfois un petit peu trop vite. Je pense que l’auteur auraient pu les faire durer plus longtemps… il y aurait eu tellement à dire sur ce genre de situations.
Cela aurait pu être bien aussi d’ajouter les heures pour alourdir le suspense et faire remarquer aux lecteurs si les évènements durent longtemps ou pas. Dans ce genre de récit les heures peuvent apporter beaucoup.
La fin est selon moi trop floue. On ne sait pas ce que sont devenus les personnages et j’aurais vraiment voulu en savoir davantage sur eux. C’est un peu le petit point faible des nouvelles, mais celle-là aurait, selon moi, pu durer un peu plus longtemps.

En résumé, un recueil de nouvelles assez variées, traitant de thèmes divers et pour certains assez originaux. Je pense que tout le monde trouvera au moins une ou deux histoires qui lui plairont.

Aztèques : chronique « Des livres et moi d’eux »

Un grand merci à LOLA pour sa chronique !
Vous pouvez la retrouver sur son site : Des livres et moi d’eux

 

Ma critique :
Je tiens à remercier l’écrivain pour cet envoi et ce partenariat !
Aimant le monde Aztèque et cette période de l’histoire je fus agréablement surprise en voyant l’ouvrage ! Je lis peu de livres historiques et celui ci à bien capté mon attention ! Ce fut difficile de le lâcher ! Le rythme fut soutenu, et la plume juste formidable, fluide, accessible..et aussi théâtrale ! Je regrette que certains passages ne soient pas plus « développés » !
 
Nous faisons la connaissance, d’une jeune fille, celle qui sera l’héroïne : Ameyal, elle est fille du chef d’un village Mexicain, elle vit dans un monde heureux jusqu’au jour où elle perdra tout : sa tribu se fait attaquer, les assaillants Aztèques n’hésiteront pas à humilier les hommes, les femmes, mais aussi à piller tout ce qu’ils possèdent. Quant à son ami, canin, elle le retrouvera exécuté. Elle essaiera de leur tenir tête, mais seule sa beauté réussira à la garder vivante. Les assaillants l’emmèneront ainsi que les femmes du village au marché des esclaves pour être vendues. Un homme l’achètera pour entrer au service d’un harem, ainsi que son amie Nicté elles tenteront de s’enfuir mais finiront au-dit harem de la ville Aztèque. Elle sera déboussolée lorsque son amie s’en ira car elle ne correspondra pas aux critères demandés pour finir comme fille de joie destinée aux esclaves. Ameyal ne comptera pas se laisser faire malgré ses fuites n’aboutant pas et, elle tentera de trouver des solutions pour avoir une vie moins désagréable qu’elle ne le sera. Malheureusement, le grand sage ne l’avait pas préparée à tout cela. Elle vivra entourée de concubines jalouses, complotistes, combattant pour sa propre vie.. et ne saura pas en qui avoir confiance.
Bien que le récit commence par une scène déroutante : celle de la fin de ce que l’héroïne à connu, celle de la perte de tout ceux qu’elle aimait, nous donne envie de continuer. La sensibilité et la force mentale du personnage au vu de son jeune âge nous séduit, cette force de la nature nous donne envie de nous battre tout comme elle pour nous, nos choix et nos libertés. J’ai également beaucoup aimé le personnage de Macoa, qui saura être son alliée et l’aider lorsqu’elle ne verra aucune lumière au bout du tunnel.
J’ai également beaucoup apprécié le lexique pour nous aider, ce fût vraiment judicieux de la part de l’écrivain.
Si vous voulez partir à l’aventure, que vous vous sentez l’âme d’un aventurier mais si en plus vous aimez l’histoire, ou bien passer un bon moment je ne peux que vous recommander cette lecture ! J’ai vraiment hâte de découvrir ce que nous réservera le tome 2 !
Citations :
– « Un homme n’a pas à cultiver sa beauté comme on peut l’exiger d’une concubine. »
– « Des arbres verdoyants les baignent de leur ombre, et des plants de tomates, de piments, des avocatiers ponctuent la terre brune à leurs pieds. Au-delà des dernières habitations se dessine la ligne courbe de la jungle. Des oiseaux volent en piaillant au-dessus des cimes.
Au centre de la place, à l’ombre d’un ficus géant, sont assises les marchandes de Huaxca. Des grappes de fruits, de légumes, des coquillages nacrés, des plats emplis de poudres colorées ornent les tissus disposés à même la terre. Des parfums d’épices dérivent dans l’air chaud, vibrant du matin.« 
 

Aztèques : chronique de « Bookpearl »

Un grand merci à Meganne pour sa chronique !
Vous pouvez la retrouver sur son site : bookpearl

 

Mon avis

3ème opportunité de découverte grâce à SimPlement, et non des moindres ! Une fois n’est pas coutume : je remercie du fond du cœur l’auteur qui a accepté de m’accorder sa confiance.

Nous suivons Ameyal, jeune fille du village de Huaxca. Destinée à vouer sa vie et son allégeance au Serpent Précieux, Ameyal rêve plutôt de grandeur. Poussée par son envie et peut-être par dans un ultime élan de défiance à l’égard de son père, elle rejoint Acatl, l’un des pêcheurs du village. C’est à ce moment que des guerriers aztèques envahissent le village qu’ils mettent à feu et à sang. Malgré sa détermination, Ameyal est faite prisonnière : elle sera vendue comme esclave ou comme courtisane. Après un long voyage et après avoir essuyé plusieurs morts, le cortège de détenus arrive au village. Ameyal et Nictée, une autre jeune fille, sont échangées contre trois charges de cacao et contraintes à rejoindre le harem de Ahuizolt. Là bas, Ameyal, formée par Izel sous la direction de Necahual, devra se faire à la vie éreintante d’esclave de jardin. Sans perdre de vue son objectif de vengeance, c’est tant bien que mal qu’elle essaie de survivre aux affaires internes du harem. Prise entre jalousie et trahison, la jeune fille est sur le point de découvrir que la seule issue possible à sa condition est celle qui la rebute…

« Ameyal plisse les yeux pour discerner les traits de la seconde épouse à contrejour. Nous vivons dans un véritable paradis. Une grimace furtive semble strier le visage de Coatzin, qui s’adosse au rebord de la fenetre: Dommage qu’il soit infesté de vipères. »

Quel dépaysement qu’est celui que procure ce premier épisode… Bien loin des cadres habituels, Ameyal nous emporte littéralement au cœur du Mexique précolombien. Les descriptions, tant de l’environnement que des scènes d’action placent le lecteur au premier plan des évènements : il s’indigne, il espère et il souffre en même temps que la jeune vendue. L’introduction à la croyance, aux coutumes, et même l’utilisation de mots étrangers confortent cet univers précisément dépeint (pas de craintes à ce niveau, l’auteur a pensé à introduire un lexique, un panthéon et une galerie des personnages à son ouvrage). Si les recherches menées par l’auteur lui permettent une justesse et une maitrise certaine de son sujet, ces dernières sont clairement portées par une écriture vraiment très agréable. Ni trop simple, ni hors d’atteinte, elle oscille entre réalité cruelle et touches poétiques. Alternant descriptions opportunes (parfois très dures) et péripéties, le devenir d’Ameyal laisse le lecteur à bout de souffle après avoir reposé le livre. La dernière phrase m’a fait l’effet d’une gifle tant j’espère pour l’héroïne à laquelle je me suis irrémédiablement attachée. Les personnages, hauts en couleur et pour le moins imprévisibles, agissent « normalement » et c’est franchement plaisant. Izel m’a frustrée. Amocualli m’a révoltée. Coatzin et Quinametli m’ont donné la chair de poule. Chimalli et Macoa apportent leur lueur d’espoir. Ameyal enfin, est avant tout une jeune fille de 13 ans, parfois irréfléchie mais surtout impulsive ; tout ne lui tombe pas tout cuit dans les mains. Ses décisions ont toujours une répercussion, certaines de ses actions réussissent, d’autres échouent… Ce réalisme est l’un des points forts du roman. Un autre « bonus » mérite à mon sens d’être salué : j’ai l’impression, encore plus tenace au lendemain de la lecture, que chaque détail a été mûrement réfléchi. Les prénoms des personnages semblent à eux-seuls définir le personnage qu’ils représentent. Les titres des différents chapitres se parent de leur vraie couleur après les avoir lus, comme si ce n’était qu’après la lecture qu’ils prenaient leur sens. Je pense notamment au chapitre 4 « Celles que l’on a oubliées » qui, quand il s’est fait l’écho du récit, est parvenu à me faire frémir. Le tout donne une impression de minutie qui ajoute de la crédibilité à l’histoire. Je m’arrêterai ici, dans la crainte principale d’en dévoiler trop si je continuais de m’exprimer sur ce livre qui mérite plus qu’un simple avis.

En clair, rien ne semble être laissé au hasard dans ce premier épisode. C’est du moins l’impression qu’il m’a laissée. Si Ameyal se hisse dans le top trois de mes personnages féminins favoris, le livre lui rejoint l’étagère des coups de cœur. C’est avec joie (et hâte) que je me plongerai dans le second volet.

Page des articles coup de coeur

Aztèques : chronique des « Lectures de Mélanie »

Un grand merci à Mélanie pour sa chronique !
Vous pouvez la retrouver sur son site : Les lectures de mélanie

 

Avis :
Un grand merci à Eric Costa pour l’envoi de son roman!
Harem est un roman qui, comme son titre l’indique, se déroule à l’ère Aztèque. Nous pouvons d’ailleurs situer un peu cette histoire dans le temps puisque nous apprenons dans le roman que le souverain des Aztèques de l’époque est Moctezuma II, cousin Ahuitzotl (maître du Harem du roman), dont le règne a duré 18 ans, de 1502 à 1520.
Ce roman raconte l’histoire d’Ameyal, fille du chef de son village, qui est une jeune fille réduit en esclavage après avoir vu son village en cendres. Elle sera alors esclave dans un Harem, mais Ameyal l’a toujours su, elle n’est pas destinée à devenir prêtresse comme l’a toujours dit son père, mais bel et bien cheffe, comme  celui-ci. Elle n’acceptera donc jamais sa condition d’esclave et va tout tenter pour s’échapper de cet enfer.
J’ai adoré découvrir l’univers de ce roman. A vrai dire, lorsque je l’ai découvert, la première chose qui m’a attiré est le fait que cette histoire parle d’Aztèques, je n’avais jamais rien lu de semblable et j’étais très curieuse. Je peux maintenant dire que je ne suis pas déçue!
Harem est un roman très dépaysant. Dès les premières pages, l’action commence et embarque le lecteur dans une succession sans fin de rebondissements, le rythme de ce roman est très soutenu, l’auteur ne nous laisse pas une seconde pour respirer, on stress, on veut qu’Ameyal sorte saine et sauve de ce Harem maudit, mais rien ne se passe jamais comme prévu, et même si cela est frustrant et angoissant, on en redemande!

 

Dès notre première rencontre avec les Aztèques, nous comprenons qu’ils sont des guerriers sauvages et sanguinaires, Eric Costa ne nous épargne pas et ne manque pas non plus de nous décrire quelques scènes sanglantes. Il nous montre la barbarie d’un peuple qui s’impose et réduit les autres en esclavages comme ils l’ont fait pour Ameyal.
Eric Costa a fait un véritable travail de recherche sur ce peuple pour écrire ce roman, et cela se ressent! Du vocabulaire jusqu’aux décors que l’on imagine sans mal, nous sommes plongé dans cette cité Aztèque, parmi les esclaves du Harem et les concubines, qui mènent la vie dure à Ameyal.
Car en effet, Ameyal se mettra en danger une multitude de fois et sera très souvent confrontée aux concubines du souverain, qui n’hésiteront pas à se servir d’elle pour parvenir à leur fin.
Et c’est justement là que réside une des forces de l’auteur, Ameyal se retrouve dans des situations délicates tout au long du roman, et contrairement à ce que nous pouvons penser au début, jamais ou presque elle ne parviendra à mener à bien ses innombrables « missions », rien n’est simple, les événements sont bien souvent imprévisibles et cela change, Ameyal n’est pas un personnage sans failles et invincible.
Néanmoins c’est une jeune fille extrêmement courageuse qui n’aspire qu’à la liberté, j’ai bien aimé ce personnage.
Le roman est entièrement écrit au présent, ce qui m’a quelque peu surprise au début de ma lecture, mais on s’y fait très vite.
Il s’agit donc d’un roman très prenant qui se lit rapidement tant nous sommes captivé par l’histoire et que le sort d’Ameyal nous intéresse. Il y a beaucoup de suspens et l’intrigue se tient très bien.
Une très belle découverte que je recommande à tous ceux qui souhaitent découvrir une histoire saisissante dans un monde et une époque qui ne nous est pas habituel.

Aztèques : chronique « D’Pêche Culturelle »

Un grand merci à KEVIN pour sa chronique !
Vous pouvez la retrouver sur son site : D’Pêche culturelle.

Aztèques 1 : Harem, d’Eric Costa.

 

Une jeune esclave peut-elle faire tomber un Empire ?
Lorsqu’elle retrouve son village en feu et son chien éventré, Ameyal se jure d’exterminer les Aztèques qui les attaquent. Mais son courage et sa volonté ne peuvent rivaliser contre les guerriers. Elle perd tout, famille, amis, son village est détruit et elle est emportée. Rabaissée à l’état d’esclave, plongée dans un harem où les intrigues font loi, où sauver sa peau se joue derrière chaque porte, Ameyal doit faire face aux pires injustices, trahisons et humiliations. Au-delà de ces épreuves, une question s’impose : existe-t-il un cage assez grande pour retenir la fille de l’aigle ?
Mon avis :

Si vous détenez Aztèques, saison 1 : Harem dans votre bibliothèque, dans vos mains ou dans votre wish-list, ne vous apprêtez pas à lire un livre. Préparez-vous davantage à vivre une aventure qui fera de vous un explorateur de culture et d’un monde d’un autre temps.

Aztèques est une saga qui connaît un démarrage convaincant et prometteur. Eric Costa, son auteur, l’a notamment présenté au Salon du Livre de Paris cette année et remporté le prix du Jury Amazon Kindle. Pour ma, part, j’ai appris son existence lors de l’anniversaire de Bookn’series. Eric nous avez alors présenté son bébé qui comportera à terme sept saisons. Mais pour l’heure, intéressons-nous au premier volet des aventures d’Ameyal.

Jeune fille du chef d’un village dans un Mexique précolombien assez méconnu, Ameyal va être témoin de la destruction de sa tribu. Faites prisonnière par des assaillants Aztèques, elle se retrouve vendue lors d’un marché d’esclaves. Puis elle finit par entrer au service du Harem d’une autorité d’une ville Aztèque. Entre trahisons, complots internes et combats pour la liberté ou le pouvoir, Ameyal serait-elle celle qui fera tomber l’Empire ?

Ce roman est singulier dans le sens où il existe deux lectures possibles.

La première concerne le fond de l’histoire. Pour écrire Harem, Eric Costa s’est inspiré du livre de Su Tong, Épouses et concubines. On y retrouve les éléments principaux d’un huis clos exaltant au regard des nombreuses magouilles qui peuvent avoir lieu dans une simple cours. Pour s’assurer les faveurs du Maître et ainsi détrôner les Epouses, les concubines qui constituent le Harem complotent au détriment des esclaves, qui elles-mêmes sont prêtes à tout pour prendre la place des concubines.
Ameyal qui vient d’assister à la destruction de son village entame ainsi sa vie de jeune esclave de seize ans en étant confrontée aux bassesses et vilénies. Sur ce fait, l’histoire fonctionne bien. Harem va permettre à Ameyal de se construire. C’est alors que l’on va découvrir que la jeune fille innocente et crédule du début se transforme peu à peu en vraie combattante et manipulatrice à son tour malgré elle.

La seconde lecture ravira les férus d’Histoire. Il faut savoir qu’Eric Costa a lu tout ce que l’on peut trouver sur les Aztèques. L’un des plus importants ouvrages étant celui du moine franciscain Bernardo de Sahagun qui rédigea Histoire générale des choses de la Nouvelle-Espagne. Cet ouvrage renferme tout ce que ce moine a vécu auprès des Aztèques, de la naissance à la mort en passant par le mariage ou les combats. Parmi d’autres ouvrages bien que peu nombreux, Eric Costa a étudié Christian Duverger et Jacques Soustelle, deux grands spécialistes de la civilisation Aztèque. Vous l’aurez donc compris, non seulement, vous vivrez une aventure dans un huis clos royal, mais vous allez également voyager dans le temps.

J’ai beaucoup aimé ma lecture pour ces deux aspects. Le huis clos est très bien travaillé. L’intrigue est simple et je me suis vite pris au jeu de chercher à comprendre qui tirait vraiment les ficelles. Le garde cupide, machiste et opportuniste ? L’esclave qui rêve de pouvoir ? Ou bien l’ombre qui se tapit derrière toutes les affaires de ce Harem ?

Je ne vous cache cependant pas que j’étais perplexe au devenir de cette lecture. L’histoire commence par la destruction du village de manière soudaine et assez violente (un clin d’œil à Conan le barbare, autre source d’inspiration de l’auteur). Mais elle reflète néanmoins le caractère violent de cette société méconnue. J’ai poursuivi et j’ai bien fait, car le passage n’est pas très long. De plus, la plume d’Eric Costa est agréable à lire : je m’en serais voulu de ne pas poursuivre.
Il faudra un moment d’adaptation pour s’habituer à lire les noms aztèques. Mais l’auteur a préparé pour vous un véritable panthéon de mots. Un lexique complet, présentant les mots par catégorie : Dieu, terme, bibliographie !

Aztèques : chronique « Les Nouvelles Plumes »

Un grand merci à CIENA pour sa chronique !
Vous pouvez la retrouver sur son site : Les nouvelles plumes.

Aztèques 1 : Harem, d’Eric Costa.

 

Une jeune esclave peut-elle faire tomber un Empire ?
Lorsqu’elle retrouve son village en feu et son chien éventré, Ameyal se jure d’exterminer les Aztèques qui les attaquent. Mais son courage et sa volonté ne peuvent rivaliser contre les guerriers. Elle perd tout, famille, amis, son village est détruit et elle est emportée. Rabaissée à l’état d’esclave, plongée dans un harem où les intrigues font loi, où sauver sa peau se joue derrière chaque porte, Ameyal doit faire face aux pires injustices, trahisons et humiliations. Au-delà de ces épreuves, une question s’impose : existe-t-il un cage assez grande pour retenir la fille de l’aigle ?

C’est une vraie bonne surprise qui m’attendait dans le lot de livres qui m’attendaient chez SimPlement qui, je le rappelle, est le nouveau système de services presse qu’utilisent Les Nouvelles Plumes.

Avec “Harem”, un livre auto-édité, je renouvelais le petit défi que j’avais lancé à Frédéric Clementz lorsqu’il avait sorti “Le Serment du passeur”, lui aussi déclaré “lauréat du Jury Amazon Kindle”.

L’histoire n’est pas spécifiquement originale puisqu’elle raconte les aventures d’une jeune princesse d’un village mis à sac tandis qu’elle est vendue comme esclave dans la maison du Suzerain de la capitale. Entre intrigues, tentatives d’assassinat et vie de misère, elle tente donc de retrouver sa liberté. Là où beaucoup d’auteurs feraient un flop magistral, Eric Costa sort son épingle du jeu avec une écriture très maîtrisée, un sens de l’intrigue poussé et un rythme qui ne permet pas de s’arrêter dès qu’on a ouvert le livre.

De plus il a prit le risque gigantesque de planter le décor rien de moins qu’en période Aztèque ! A ce titre cependant, bien que le livre soit très bien documenté et qu’il ait fait tout son possible pour nous fournir le maximum d’informations sur cette civilisation au travers d’annexes, je regrette qu’il n’ait pas poussé plus loin l’exotisme dans son texte car, au final, à part les noms des villes et des personnages, l’histoire aurait pu se passer dans n’importe quel pays oriental, les personnages auraient aussi bien pu être perses et vivre à une époque plus récente sans qu’on sente vraiment la différence.

Il faut dire à la décharge de l’auteur que “Harem” n’est que le premier tome de la série “Aztèques” et que l’histoire ne fait que commencer. On subodore que l’héroïne (particulièrement têtue ou insouciante c’est selon) ne va pas rester éternellement esclave et que la vengeance n’est pas loin.

Pour résumer, “Harem” est une très bonne découverte que je vous enjoins de lire sans tarder. Je ne lui mettrai que quatre étoiles cependant car ce premier tome me donne une petite impression de démarrage et je souhaite attendre le prochain pour “tester la vitesse de croisière”.

Aztèques : chronique « Les Perles de Kerry »

Un grand merci à Kerry pour sa chronique !
Vous pouvez la retrouver sur son site : Les perles de Kerry.

Aztèques 1 : Harem, d’Eric Costa.

 

Une jeune esclave peut-elle faire tomber un Empire ?
Lorsqu’elle retrouve son village en feu et son chien éventré, Ameyal se jure d’exterminer les Aztèques qui les attaquent. Mais son courage et sa volonté ne peuvent rivaliser contre les guerriers. Elle perd tout, famille, amis, son village est détruit et elle est emportée. Rabaissée à l’état d’esclave, plongée dans un harem où les intrigues font loi, où sauver sa peau se joue derrière chaque porte, Ameyal doit faire face aux pires injustices, trahisons et humiliations. Au-delà de ces épreuves, une question s’impose : existe-t-il un cage assez grande pour retenir la fille de l’aigle ?
Une plume fluide couplée à un récit addictif
Par quoi commencer ? Déjà, j’ai failli mettre 5 étoiles à ce roman, pourquoi je ne l’ai pas fait ? Parce que ce serait dire qu’il est déjà presque parfait alors que je suis sûre qu’il aurait pu être encore meilleur !
Je ne dis pas qu’il est moyen ou juste bon, bien au contraire, mais vu la qualité de la plume et la maitrise de l’auteur, j’ai été surprise que certains passages ne soient pas assez approfondis. Nous avons à peine le temps de nous imprégner d’une scène, que nous voilà projetés dans une autre ! Au moins, le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer avec un rythme pareil et une action si soutenue…
Mais j’aurais voulu que l’auteur aille plus en profondeur, et décrive encore plus le tout même si c’est déjà fait un minimum bien entendu.
Malgré ce petit détail, j’ai tout de même bien réussi à m’immerger dans l’univers de ce roman qui m’a particulièrement plu. En temps normal je déteste tout ce qui se rapproche de près ou de loin de la fantasy, mais là une fois encore, le talent de l’auteur m’a fait oublier mes appréhensions et m’a permis de plonger toute entière dans son récit. Que c’est agréable de redécouvrir le genre !
Il faut dire que l’auteur a vraiment une plume fluide et agréable à lire, elle emporte le lecteur dans son univers dès la première page. De plus, il nous propose là une intrigue addictive et donc très prenante, même s’il ne s’agit pas du tout d’un thriller, il réussit à nous tenir en haleine jusqu’aux toutes dernières pages de son roman, et j’adore ça !
De rebondissements en manigances
Nous faisons donc connaissance d’Ameyal, jeune fille qui vient d’être réduite à l’état d’esclave suite au massacre de son village par des Aztèques. Mais la jeune fille ne compte pas se laisser faire entre fuites et manigances, elle va se démener pour se sortir de cette situation de prime abord inextricable. Malheureusement, tout ne se passera pas forcément comme prévu. Les trahisons, la jalousie et le pouvoir seront ses pires cauchemars.
C’est donc un roman plein d’intrigues et de rebondissements que nous offre l’auteur.
Le récit commence d’ailleurs sur les chapeaux de roues, en effet, le début entre directement dans le vif du sujet avec une action à nous couper le souffle, ce qui ne donne pas du tout envie de lâcher sa lecture, bien au contraire. Certes, il commence par une scène violente, mais à mon goût, c’est la pire et la seule qui dure aussi longtemps donc ceux qui peuvent être réfractaires à ce genre de passages peuvent d’ores et déjà être rassurés. La suite sera moins virulente, mais continuera néanmoins de jouer avec votre petit cœur.
Le plus déroutant pour moi finalement a été l’âge de la protagoniste, Ameyal, car j’ai été étonnée d’aimer autant une histoire dont la personnage principale est aussi jeune (13 ans). Elle est attachante, courageuse, parfois trop impulsive et un brin irréfléchie, mais c’est justement ce qui fait tout son charme et son réalisme. On s’attache également à certains personnages secondaires tout comme on en déteste d’autres.
En bref, nous avons ici tout ce qu’il faut pour passer un excellent moment de lecture. Et même plus, c’est une histoire qui reste en tête, on y pense encore alors que la lecture est déjà finie depuis un moment.
En résumé,
Un premier tome plus que prometteur qui laisse présager une suite haute en couleur ! Il est certain que je lirai la suite !

Lettre d’un mentor et ami

Je voudrais partager avec vous quelque chose qui m’a énormément touché lors de la journée du 10 mai, jour de l’offre éclair Amazon d’Aztèques, grâce à vous si riche en émotions.
Il s’agit d’un mail de mon mentor Anael à sa mail-list pour l’informer de cette offre.
A travers l’écriture, Anaël est devenu bien plus qu’un simple coach : il est devenu un ami. Je lui laisse la parole :

« Lorsqu’il a frappé aux portes de l’atelier d’écriture que j’animais alors à Bordeaux, Eric cherchait à revenir à l’une de ses premières passions : l’écriture.

Il se souvenait avoir écrit quelques histoires avec des amis dans son adolescence, et il voulait retrouver ce plaisir.

Il avait à l’époque un projet de roman fouillis, compliqué, avec une narration embrouillée et une dramaturgie inexistante et de temps en temps, après l’atelier, il me bombardait de questions pour l’améliorer.

Quand j’ai lancé mon Académie d’écriture, il a hésité. C’était un grand pas et en même temps c’était exactement le pas qu’il voulait s’autoriser à faire.

Après un an passé à suer sur un recueil de nouvelles fantastiques, un guide pratique et deux synopsis de romans, Eric avait acquis les bases de la dramaturgie. Il était
plus à l’aise dans son écriture, plus fluide.

Il restait à transformer l’essai en deuxième année en travaillant sur des projets longs.

Aztèques est né dans ce contexte, de la contrainte de concevoir une série littéraire.

Après une année de réécriture, Eric a publié Harem, le premier tome de la série Aztèques, sur Amazon, l’a pitché avec brio au salon du livre de Paris, où il a remporté le premier prix du jury d’Amazon et il est aujourd’hui dans le top 3 des ventes.

Avec une moyenne de 4,5 étoiles sur 5 en 26 commentaires, ne vous fiez pas qu’à mon jugement quand je vous recommande de le lire.

Non seulement Aztèques est un exemple de dramaturgie réussie mais c’est en plus l’opportunité de découvrir une culture et un univers qui nous sont peu familiers.

Lisez-le si vous aimez les intrigues, la manipulation, le jeu sur les faux-semblants. Lisez-le surtout pour analyser sa construction, dans laquelle rien n’a été laissé au hasard.

Aujourd’hui Amazon propose une Offre Éclair sur le livre, ce qui signifie que le format numérique est à moins d’un euro pour la journée.

Perso, je préfère la version papier. Pour le prix d’un poche, vous recevez un livre grand format avec une belle illustration de couverture.

Il est loin le temps du premier roman, Aztèques est le résultat de quatre années de travail appliqué et déterminé.
Sa maîtrise d’écriture en est la conséquence directe.

Anaël « Le travail paie » Verdier »

Merci Anaël.
NB : voir les formations que propose Anaël sur internet et à Bordeaux

Aztèques : chronique « Le blog de Dominique »

Un immense merci à Dominique pour sa chronique !
Vous pouvez la retrouver sur son site : Le coin de Dominique.

AZTÈQUES 1 — Harem, d’Eric Costa

« Leurs corps vibrent à l’unisson. Des papillons s’envolent, comme des fleurs emportées par le vent ».

Un petit vent frais souffle sur les horreurs coutumières d’Amazon. On offre au dieu un enfant mort, on transperce des mains avec un poignard, on lapide et l’on arrache une langue, mais il y a des oiseaux dans une cage et des dindons par terre, un jardin aux cactus, une fontaine aux magueys, des encensoirs chargés de braises et la lueur orangée du soleil – tout cela peint avec une grande précision, beaucoup de délicatesse et des aplats de couleurs : le douanier Rousseau s’est invité au pays des Aztèques. Et me voilà en train de vous parler d’un roman qui représente à priori tout ce qui m’ennuie : l’avalanche de péripéties, les scènes de crime, la multiplication des personnages.

Comme quoi il ne faut jamais parler avant de savoir : ce roman possède une particularité qui en fait toute sa richesse, je veux parler de ce contraste étonnant entre la tranquillité du récit et la violence de ce qu’il nous raconte. Entre l’ordre parfait dans la succession des scènes et le désordre de tous ces personnages que vous allez confondre un bon moment, comme dans les romans russes. Mais vous vous y ferez, nous sommes dans un Harem, il y a une quantité de femmes, de quoi se sentir perdu. Peu à peu on s’habitue et l’on reconnaît de loin les esclaves de l’extérieur qui sentent la terre,  celles de l’intérieur qui sont un peu moins malheureuses, les vingt sept concubines qui sentent la cannelle et les trois épouses. On attend le Maître, qui n’apparaît qu’à la fin et l’on se dit qu’on n’a rien raté, en le regardant manger.

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Après une longue marche qui ressemble à l’enfer, Ameyal est conduite dans un harem, où toute désobéissance est sauvagement punie et où les épouses se déchirent. La jeune fille a des yeux verts à tomber et un grand courage –ou une grande inconscience et elle se retrouve au centre d’une intrigue qui va la mettre plusieurs fois en danger : la seconde épouse du Maître, Coatzin, va se servir d’elle dans le but d’éliminer la troisième, Xalaquia (je vous avais prévenus pour les noms). Ameyal va subir entre autres le supplice des piments –une horreur- et sera enfermée dans un cachot treize jours et treize lunes…

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Mais je vais vous laisser découvrir toutes ces péripéties et je vous préviens, tout cela est construit comme une suite de tableaux, dont chacun possède son éclairage particulier : « Dans le cadre de la fenêtre s’étire un long nuage qui dérive vers la lune. Il recouvre bientôt l’astre, plongeant la chambre dans l’obscurité ». Et j’ai une question à poser : n’est-il pas plus difficile aujourd’hui de rester délicat quand d’autres sont vulgaires en se croyant modernes ?

Je parle du style et je crois que la réponse est oui, en tout cas ce roman m’a surprise et je garderai un bon moment  dans la tête, je pense, la silhouette gracile de « celle qui s’habille de sable ».

Les émotions : comment faire peur à vos lecteurs ?

the ring movie - costaeric.comComment faire trembler de peur vos lecteurs ?

Vous rêvez d’écrire des histoires qui font peur, mais vous ne savez pas comment faire ressentir cette émotion. Vous vous y essayez, mais lorsque vous relisez votre texte, il vous parait plat. Vous ne ressentez pas l’émotion recherchée.
Comment faire trembler vos lecteurs à tous les coups ?
Rassurez-vous, il y a plusieurs moyens de faire ressentir la peur à vos lecteurs. De les faire frissonner, trembler. De faire palpiter leur coeur et rendre leurs mains moites lorsqu’ils vous liront.

Faire ressentir la peur à travers le sensoriel :
Je vais vous donner l’une des meilleures méthodes pour faire pâlir vos lecteurs. Cette méthode fonctionne car elle passe par le sensoriel du lecteur. Elle est employée par de nombreux maitres de l’angoisse, tels que Stephen King, dont voici un extrait de « Peur Bleue » : « Presque aussitôt, deux bras puissants et noueux se referment sur lui ; une odeur de sang et de cannelle envahit ses narines, et le lendemain, on retrouve son cadavre décapité adossé au monument aux morts, le ventre ouvert, une main déjà froide crispée sur son cerf-volant. ». Ressentez-vous les émotions provoquées par les sens (contact des bras puissants et noueux, odeur de sang et de cannelle (association surprenante), vision du cadavre décapité, la pierre froide et rugueuse du monument aux morts, le contact de la main crispée sur le cerf-volant (surprenant à nouveau) ?

Comment être sûr de provoquer la peur ?
Il faut faire en sorte que le lecteur ressente les mêmes émotions que le héros. Il s’agit tout d’abord de décrire les évènements tel que le héros les perçoit, comme s’il avait une caméra embarquée sur son épaule. Et ensuite, il s’agit de décrire les réactions corporelles de votre héros pour que le lecteur les ressente également par empathie.
Attention, il y a un travers à éviter. Pour que le lecteur s’identifie et ressente les émotions du héros, il ne faut en aucun cas utiliser les mots « peur, effroi, terreur ou encore épouvante… ». En effet, lorsque vous lisez la phrase : « John regarda le spectre avec épouvante », ressentez-vous le frisson ? Non, évidemment. Le mot épouvante tombe complètement à plat alors qu’il représente l’une des plus intense nuance de la peur. La raison de cela est qu’il nécessite une intellectualisation qui va nuire au ressenti du lecteur, car il va le sortir de l’histoire. Préférez les effets tels que « en apercevant l’ombre glisser le long du mur de sa chambre, John se figea. » En décrivant une manifestation physique, on connecte directement le lecteur au héros, sans passer par une intellectualisation, qui est par essence le contraire d’une émotion.
Ma méthode consiste à utiliser tous les sens pour immerger le lecteur et lui faire ressentir la peur sans jamais la nommer. Je vous propose d’étudier cette méthode à travers un exemple. Imaginons que John vient d’apercevoir le visage de sa soeur défunte à la fenêtre d’une maison abandonnée. En proie aux doutes, il décide d’y entrer et d’aller inspecter le premier étage pour tenter de la retrouver.

Passons au crible les cinq sens que nous allons employer pour faire ressentir la peur au lecteur :

les 5 sens - costaeric.comLa vision permet de décrire le sujet de la peur de manière à ce qu’on se la représente facilement, mais ce n’est pas forcément ce qui va faire le plus peur aux lecteurs. Prenez par exemple cette phrase de Lovecraft : « Les eaux fourmillaient d’une horde de formes qui nageaient en direction de la ville ; même à cette distance et en un seul regard je pouvais affirmer que les têtes qui dansaient sur l’eau et les bras qui s’agitaient étaient tellement étrangers et anormaux que l’on ne pouvait ni l’exprimer ni le formuler consciemment. ». Ressentez-vous de la peur en lisant cette description de monstres ?
Voici l’introduction que je propose pour notre exemple : « Un escalier âgé et vermoulu se dresse devant John. Ses marches s’échelonnent de manière chaotique et imprécise jusqu’à se perdre dans l’obscurité du premier étage. Ça et là, des toiles d’araignée s’agitent dans l’air poussiéreux. »
L’ouïe. Un silence pesant, brusquement interrompu par un cri ou un claquement de porte peut très bien suggérer une atmosphère étrange et effrayante. Ou alors un bruit ininterrompu qui fait mal à la tête, et qui s’arrête d’un coup. Dévoile-t-il l’arrivée d’une présence dangereuse ? D’un être tellement abominable que tout s’arrête ?
Revenons à notre exemple : « Il pose le pied sur la première marche. Le bois sombre craque sous son poids. »
Le toucher. « Alors qu’il parvient à la moitié de l’escalier, un vent glacial remonte du rez-de-chaussée. La lumière de sa torche s’éteint. Un frisson secoue John. Après une longue hésitation, il choisit de monter les marches à l’aveugle. Le bois de la rambarde est lisse et froid contre sa main. Il sent soudain une matière visqueuse sous ses doigts et se fige. ».
L’odorat. « Une odeur de moisi assaillit ses narines. »
Le goût. « Il s’aperçoit qu’il n’a plus de salive dans la bouche. ».

Exemple concret :
Rassemblons le tout et voyons ce que cela donne en s’assurant de mettre en place une gradation des effets :

« Un escalier âgé et vermoulu se dresse devant John. Les marches irrégulières s’élèvent jusqu’à se perdre dans l’obscurité. Des toiles d’araignée s’agitent dans l’air poussiéreux. John pose le pied sur la première marche et sent le bois craquer sous son poids. Alors qu’il parvient à la moitié de l’escalier, un vent glacial remonte du rez-de-chaussée. Un frisson parcourt son corps. Les flammes de sa torche vacillent et s’éteignent. John se fige. Son coeur bat à ses tempes. Une sensation glacée coule le long de son dos. Il reprend sa progression d’un pas hésitant. Les battements accélérés de son coeur se mêlent au craquement du vieux bois. La rambarde de l’escalier, lisse et froide contre sa peau, laisse soudain place à une matière molle, froide et visqueuse. John retire sa main d’un coup sec. Une odeur de moisi, de putréfaction, assaille ses narines. John déglutit avec difficulté. »

escalier hanté - costaeric.comÊtes-vous satisfait du résultat ? Avez-vous éprouvé des émotions en lisant ce texte ? Avec-vous ressenti le mystère et la peur ? Si c’est le cas, remarquez bien qu’à aucun moment je n’ai utilisé le mot peur. Je l’ai suggéré, ce qui est beaucoup plus fort dans l’expérience de lecture.

À votre tour d’écrire un texte qui fait peur :
Imaginez quelqu’un qui habite seul dans une maison isolée en pleine forêt. Il est soudain réveillé par un bruit. Lorsqu’il ouvre les yeux, il aperçoit une lumière verdâtre filtrer sous la porte de sa chambre. Que lui arrive-t-il ? Écrivez votre texte en imaginant ses sensations et ses réactions. Gardez à l’esprit d’utiliser un maximum les cinq sens.
Est-ce que votre texte vous parait toujours plat ou est-ce que vous ressentez une certaine peur en le relisant ?

Pour aller encore plus loin :
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Cette nouvelle parle d’une jeune adolescente qui se réveille d’une soirée alcoolisée avec le souvenir d’un rêve étrange. Une chenille bleue qui rampait le long de son bras. Plus tard, lorsqu’elle tombe par hasard sur une chenille semblable, elle se demande si elle a bien rêvé. Peu à peu, le rêve se transforme en cauchemar…

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