Réalités Invisibles : chronique de « Fais moi peur »

Un grand merci à manue pour sa chronique !
Vous pouvez la retrouver sur son site : fais moi peur

 

Affaire n°311: « Réalités invisibles » de Eric Costa.

Meurtrier: Eric Costa

Victime: Réalités invisibles

Taille de l’arme: grand format

Type d’arme: auto-édition

Nombre de pages que contient le rapport d’enquête: 139
Prix de la caution versée: 9 euros 99
Contacter le meurtrier: Son facebook

Dossier ouvert le: 29 mai 2017 – 

fermé le: 31 mai 2017

Publié par Manue Gioanni à 20:15

Affaire n°311: « Réalités invisibles » de Eric Costa.

 

Informations relatives à l’enquête: Je remercie l’auteur pour l’envoi de son roman. Je lui ai fait une demande via le site Simplement et j’ai eu la chance qu’il ait accepté.

Résumé de l’enquête: Laissez-vous happer par l’étrange, l’occulte et l’insolite le temps de six nouvelles.
Suivez Marion lorsqu’elle découvre une mystérieuse chenille bleue.

Explorez un manoir dont les murs semblent changer de place.
Accompagnez Alzius dans une forêt peuplée de voix étranges.
Voyagez toute une nuit dans les souvenirs d’Alex…


Quelques lignes de rapport d’enquête: /

Mes conclusions sur le meurtre:

La nouvelle « Hôtel Wolff » est assez intéressante au niveau des idées. Le lieu est assez commun, tout le monde est déjà allé dans un hôtel donc on peut facilement s’imaginer que les situations de l’histoire peuvent nous arriver. Je ne me suis pas imaginée une seconde cette fin avec ce retournement de situation. Jusqu’à la conclusion je ne savais pas vraiment où l’auteur voulait en venir avec ces situations mais il cache bien son jeu. Au final s’il tire les ficelles de ses personnages en les manipulant à sa guise il en fait de même avec nous, lecteurs.
Les idées sont intéressantes, recherchées mais selon moi, pas assez approfondies. Je pense que la nouvelle aurait pu être plus longue et donc plus approfondie.
En ce qui concerne les descriptions, pour les lieux il y en a suffisamment pour que l’on arrive à s’imaginer l’ensemble, même si je pense qu’Eric Costa aurait pu en rajouter à certains moments. Ce qui m’a par contre dérangée c’est le manque de détails concernant les personnages. Malheureusement je ne suis pas arrivée à me les imaginer. Je n’ai pas non plus réussi à ressentir leurs émotions… L’auteur devrait vraiment revoir cette partie de l’histoire pour que cette dernière soit plus vivante et que l’on arrive à se mettre dans la peau des protagonistes.
La fin est surprenante, on ne s’y attend pas du tout. C’est une fin ouverte qui nous permet de nous poser plusieurs questions. Autant je me pose beaucoup de questions sur le futur de ce personnage, autant j’aurais envie de savoir ce qu’il est devenu…

La nouvelle « Solitaire » est assez surprenante et déstabilisante. Personnellement il y a pour moi trop de non dits. L’auteur ne nous dévoile pas tout et finalement cette nouvelle est selon moi pas aboutie malheureusement. Pourtant l’histoire commençait bien et me semblait vraiment originale. Jusqu’à la fin… et le retournement de situation. Malheureusement c’est à ce moment-là que j’aurais voulu avoir certaines explications qui ne sont pas présentes.
Concernant les descriptions, que ce soit des lieux, des personnages ou de leurs ressentis, il n’y en a malheureusement pas assez pour que je sois arrivée à m’imaginer l’ensemble de la nouvelle.
De plus, elle est assez courte ce qui est selon moi un peu dommage… J’ai eu l’impression que l’auteur n’avait pas eu envie ou le temps de finir cette nouvelle. Pourtant l’idée de départ était intéressante, mêlant vie quotidienne et thriller soft et j’aurais vraiment apprécié en savoir davantage.
La fin m’a déstabilisée et je me suis demandé pourquoi l’auteur s’était arrêté à ce moment-là… Je pense qu’il aurait pu continuer et nous faire vraiment partager le quotidien de ce personnage peu commun.

« Eclosion » m’a beaucoup plu, c’est une nouvelle aboutie et un thriller soft vraiment intéressant. On y découvre le quotidien d’une jeune fille qui va petit à petit se transformer en cauchemar.
Je n’avais encore jamais lu d’histoire de ce genre ! C’est donc une très bonne chose. Je serais curieuse de découvrir cette nouvelle sous la forme d’un roman plus long et qui se déroulerait, pourquoi pas, sur plusieurs mois.
Les idées s’enchainent bien et les retournements de situations ne sont présents que lorsque c’est nécessaire.
En ce qui concerne les descriptions, si l’auteur décrit très bien l’animal il en oublie de décrire la jeune fille… Pour ce qui est des émotions elles sont décrites mais auraient pu être un peu plus précises. Elles sont tout de même présentes contrairement aux précédentes nouvelles.
Ce qui est un petit peu dommage c’est que l’auteur oublie complètement de nous dire si la nouvelle se passe en quelques heures, une journée ou plusieurs jours. Cela aurait pu être intéressant d’indiquer les heures pour que le suspense soit encore plus présent.
La fin est surprenante, c’est tout de même une nouvelle entièrement finie, avec une pointe de suspense comme on peut en trouver dans la plupart des thrillers.

Celle que j’ai sans doute le moins appréciée est la nouvelle « Le refuge ». Il y a selon moi trop de non-dits. Je ne suis pas arrivée à entrer dans cette histoire et à m’imaginer les situations et les réactions des personnages. L’auteur passait trop rapidement d’une situation à une autre et au final je me suis parfois demandé comment le protagoniste était parvenu à cette situation.
Certaines idées sont originales mais selon moi c’est l’ensemble de la nouvelle qui n’est pas assez approfondie et je trouve cela un peu décevant.
Les personnages manquent de descriptions ce qui fait que je ne suis pas arrivée à m’imaginer leur physique ou ce qu’ils pouvaient vraiment éprouver devant de telles situations.
La fin est selon moi un peu trop floue… on ne sait pas vraiment ce que deviennent les personnages ni ce qui va se passer ensuite pour eux…

Contrairement à la précédente j’ai beaucoup apprécié la nouvelle « Le manoir ». Le suspense est présent tout au long de l’histoire et même ensuite.
Les idées sont intéressantes mais j’ai eu l’impression qu’Eric Costa n’allait pas assez au fond des choses, comme s’il se freinait dans son écriture ce qui est un peu dommage et frustrant. J’aurais vraiment voulu découvrir ce manoir si particulier, me promener dans les couloirs, entrer dans les pièces pour y découvrir des choses et ressentir l’angoisse monter pour le protagoniste mais aussi pour nous en tant que lecteur. Malheureusement je me suis plus sentie spectatrice qu’actrice et c’est un peu frustrant.
Les descriptions des lieux, et surtout des sentiments du personnage ne sont pas assez mis en valeur. Il y en a mais pas assez selon moi.
J’ai bien apprécié le fait qu’il n’y avait pas beaucoup de dialogues, cela crée une sorte d’enfermement que l’on ressent un peu à certains moments.
La fin est surprenante et on se pose beaucoup de questions concernant le futur de l’homme. C’est vraiment au lecteur de s’imaginer un épilogue. Certains lecteurs apprécieront, d’autres peut-être un peu moins…

La dernière nouvelle « Fréquence 24 » est ma préférée. Les idées sont vraiment intéressantes et l’auteur arrive dans l’ensemble à nous faire partager les quelques heures d’angoisse de son personnage.
Certains passages auraient mérité d’être un peu plus développés mais dans l’ensemble l’auteur nous fait facilement entrer dans son univers.
Les retournements de situation ne sont pas très nombreux ce qui est une bonne chose surtout pour une nouvelle. Les idées s’enchainent bien mais vont parfois un petit peu trop vite. Je pense que l’auteur auraient pu les faire durer plus longtemps… il y aurait eu tellement à dire sur ce genre de situations.
Cela aurait pu être bien aussi d’ajouter les heures pour alourdir le suspense et faire remarquer aux lecteurs si les évènements durent longtemps ou pas. Dans ce genre de récit les heures peuvent apporter beaucoup.
La fin est selon moi trop floue. On ne sait pas ce que sont devenus les personnages et j’aurais vraiment voulu en savoir davantage sur eux. C’est un peu le petit point faible des nouvelles, mais celle-là aurait, selon moi, pu durer un peu plus longtemps.

En résumé, un recueil de nouvelles assez variées, traitant de thèmes divers et pour certains assez originaux. Je pense que tout le monde trouvera au moins une ou deux histoires qui lui plairont.

Aztèques : chronique « D’Pêche Culturelle »

Un grand merci à KEVIN pour sa chronique !
Vous pouvez la retrouver sur son site : D’Pêche culturelle.

Aztèques 1 : Harem, d’Eric Costa.

 

Une jeune esclave peut-elle faire tomber un Empire ?
Lorsqu’elle retrouve son village en feu et son chien éventré, Ameyal se jure d’exterminer les Aztèques qui les attaquent. Mais son courage et sa volonté ne peuvent rivaliser contre les guerriers. Elle perd tout, famille, amis, son village est détruit et elle est emportée. Rabaissée à l’état d’esclave, plongée dans un harem où les intrigues font loi, où sauver sa peau se joue derrière chaque porte, Ameyal doit faire face aux pires injustices, trahisons et humiliations. Au-delà de ces épreuves, une question s’impose : existe-t-il un cage assez grande pour retenir la fille de l’aigle ?
Mon avis :

Si vous détenez Aztèques, saison 1 : Harem dans votre bibliothèque, dans vos mains ou dans votre wish-list, ne vous apprêtez pas à lire un livre. Préparez-vous davantage à vivre une aventure qui fera de vous un explorateur de culture et d’un monde d’un autre temps.

Aztèques est une saga qui connaît un démarrage convaincant et prometteur. Eric Costa, son auteur, l’a notamment présenté au Salon du Livre de Paris cette année et remporté le prix du Jury Amazon Kindle. Pour ma, part, j’ai appris son existence lors de l’anniversaire de Bookn’series. Eric nous avez alors présenté son bébé qui comportera à terme sept saisons. Mais pour l’heure, intéressons-nous au premier volet des aventures d’Ameyal.

Jeune fille du chef d’un village dans un Mexique précolombien assez méconnu, Ameyal va être témoin de la destruction de sa tribu. Faites prisonnière par des assaillants Aztèques, elle se retrouve vendue lors d’un marché d’esclaves. Puis elle finit par entrer au service du Harem d’une autorité d’une ville Aztèque. Entre trahisons, complots internes et combats pour la liberté ou le pouvoir, Ameyal serait-elle celle qui fera tomber l’Empire ?

Ce roman est singulier dans le sens où il existe deux lectures possibles.

La première concerne le fond de l’histoire. Pour écrire Harem, Eric Costa s’est inspiré du livre de Su Tong, Épouses et concubines. On y retrouve les éléments principaux d’un huis clos exaltant au regard des nombreuses magouilles qui peuvent avoir lieu dans une simple cours. Pour s’assurer les faveurs du Maître et ainsi détrôner les Epouses, les concubines qui constituent le Harem complotent au détriment des esclaves, qui elles-mêmes sont prêtes à tout pour prendre la place des concubines.
Ameyal qui vient d’assister à la destruction de son village entame ainsi sa vie de jeune esclave de seize ans en étant confrontée aux bassesses et vilénies. Sur ce fait, l’histoire fonctionne bien. Harem va permettre à Ameyal de se construire. C’est alors que l’on va découvrir que la jeune fille innocente et crédule du début se transforme peu à peu en vraie combattante et manipulatrice à son tour malgré elle.

La seconde lecture ravira les férus d’Histoire. Il faut savoir qu’Eric Costa a lu tout ce que l’on peut trouver sur les Aztèques. L’un des plus importants ouvrages étant celui du moine franciscain Bernardo de Sahagun qui rédigea Histoire générale des choses de la Nouvelle-Espagne. Cet ouvrage renferme tout ce que ce moine a vécu auprès des Aztèques, de la naissance à la mort en passant par le mariage ou les combats. Parmi d’autres ouvrages bien que peu nombreux, Eric Costa a étudié Christian Duverger et Jacques Soustelle, deux grands spécialistes de la civilisation Aztèque. Vous l’aurez donc compris, non seulement, vous vivrez une aventure dans un huis clos royal, mais vous allez également voyager dans le temps.

J’ai beaucoup aimé ma lecture pour ces deux aspects. Le huis clos est très bien travaillé. L’intrigue est simple et je me suis vite pris au jeu de chercher à comprendre qui tirait vraiment les ficelles. Le garde cupide, machiste et opportuniste ? L’esclave qui rêve de pouvoir ? Ou bien l’ombre qui se tapit derrière toutes les affaires de ce Harem ?

Je ne vous cache cependant pas que j’étais perplexe au devenir de cette lecture. L’histoire commence par la destruction du village de manière soudaine et assez violente (un clin d’œil à Conan le barbare, autre source d’inspiration de l’auteur). Mais elle reflète néanmoins le caractère violent de cette société méconnue. J’ai poursuivi et j’ai bien fait, car le passage n’est pas très long. De plus, la plume d’Eric Costa est agréable à lire : je m’en serais voulu de ne pas poursuivre.
Il faudra un moment d’adaptation pour s’habituer à lire les noms aztèques. Mais l’auteur a préparé pour vous un véritable panthéon de mots. Un lexique complet, présentant les mots par catégorie : Dieu, terme, bibliographie !

Aztèques : chronique « Les Nouvelles Plumes »

Un grand merci à CIENA pour sa chronique !
Vous pouvez la retrouver sur son site : Les nouvelles plumes.

Aztèques 1 : Harem, d’Eric Costa.

 

Une jeune esclave peut-elle faire tomber un Empire ?
Lorsqu’elle retrouve son village en feu et son chien éventré, Ameyal se jure d’exterminer les Aztèques qui les attaquent. Mais son courage et sa volonté ne peuvent rivaliser contre les guerriers. Elle perd tout, famille, amis, son village est détruit et elle est emportée. Rabaissée à l’état d’esclave, plongée dans un harem où les intrigues font loi, où sauver sa peau se joue derrière chaque porte, Ameyal doit faire face aux pires injustices, trahisons et humiliations. Au-delà de ces épreuves, une question s’impose : existe-t-il un cage assez grande pour retenir la fille de l’aigle ?

C’est une vraie bonne surprise qui m’attendait dans le lot de livres qui m’attendaient chez SimPlement qui, je le rappelle, est le nouveau système de services presse qu’utilisent Les Nouvelles Plumes.

Avec “Harem”, un livre auto-édité, je renouvelais le petit défi que j’avais lancé à Frédéric Clementz lorsqu’il avait sorti “Le Serment du passeur”, lui aussi déclaré “lauréat du Jury Amazon Kindle”.

L’histoire n’est pas spécifiquement originale puisqu’elle raconte les aventures d’une jeune princesse d’un village mis à sac tandis qu’elle est vendue comme esclave dans la maison du Suzerain de la capitale. Entre intrigues, tentatives d’assassinat et vie de misère, elle tente donc de retrouver sa liberté. Là où beaucoup d’auteurs feraient un flop magistral, Eric Costa sort son épingle du jeu avec une écriture très maîtrisée, un sens de l’intrigue poussé et un rythme qui ne permet pas de s’arrêter dès qu’on a ouvert le livre.

De plus il a prit le risque gigantesque de planter le décor rien de moins qu’en période Aztèque ! A ce titre cependant, bien que le livre soit très bien documenté et qu’il ait fait tout son possible pour nous fournir le maximum d’informations sur cette civilisation au travers d’annexes, je regrette qu’il n’ait pas poussé plus loin l’exotisme dans son texte car, au final, à part les noms des villes et des personnages, l’histoire aurait pu se passer dans n’importe quel pays oriental, les personnages auraient aussi bien pu être perses et vivre à une époque plus récente sans qu’on sente vraiment la différence.

Il faut dire à la décharge de l’auteur que “Harem” n’est que le premier tome de la série “Aztèques” et que l’histoire ne fait que commencer. On subodore que l’héroïne (particulièrement têtue ou insouciante c’est selon) ne va pas rester éternellement esclave et que la vengeance n’est pas loin.

Pour résumer, “Harem” est une très bonne découverte que je vous enjoins de lire sans tarder. Je ne lui mettrai que quatre étoiles cependant car ce premier tome me donne une petite impression de démarrage et je souhaite attendre le prochain pour “tester la vitesse de croisière”.

Aztèques : chronique « Les Perles de Kerry »

Un grand merci à Kerry pour sa chronique !
Vous pouvez la retrouver sur son site : Les perles de Kerry.

Aztèques 1 : Harem, d’Eric Costa.

 

Une jeune esclave peut-elle faire tomber un Empire ?
Lorsqu’elle retrouve son village en feu et son chien éventré, Ameyal se jure d’exterminer les Aztèques qui les attaquent. Mais son courage et sa volonté ne peuvent rivaliser contre les guerriers. Elle perd tout, famille, amis, son village est détruit et elle est emportée. Rabaissée à l’état d’esclave, plongée dans un harem où les intrigues font loi, où sauver sa peau se joue derrière chaque porte, Ameyal doit faire face aux pires injustices, trahisons et humiliations. Au-delà de ces épreuves, une question s’impose : existe-t-il un cage assez grande pour retenir la fille de l’aigle ?
Une plume fluide couplée à un récit addictif
Par quoi commencer ? Déjà, j’ai failli mettre 5 étoiles à ce roman, pourquoi je ne l’ai pas fait ? Parce que ce serait dire qu’il est déjà presque parfait alors que je suis sûre qu’il aurait pu être encore meilleur !
Je ne dis pas qu’il est moyen ou juste bon, bien au contraire, mais vu la qualité de la plume et la maitrise de l’auteur, j’ai été surprise que certains passages ne soient pas assez approfondis. Nous avons à peine le temps de nous imprégner d’une scène, que nous voilà projetés dans une autre ! Au moins, le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer avec un rythme pareil et une action si soutenue…
Mais j’aurais voulu que l’auteur aille plus en profondeur, et décrive encore plus le tout même si c’est déjà fait un minimum bien entendu.
Malgré ce petit détail, j’ai tout de même bien réussi à m’immerger dans l’univers de ce roman qui m’a particulièrement plu. En temps normal je déteste tout ce qui se rapproche de près ou de loin de la fantasy, mais là une fois encore, le talent de l’auteur m’a fait oublier mes appréhensions et m’a permis de plonger toute entière dans son récit. Que c’est agréable de redécouvrir le genre !
Il faut dire que l’auteur a vraiment une plume fluide et agréable à lire, elle emporte le lecteur dans son univers dès la première page. De plus, il nous propose là une intrigue addictive et donc très prenante, même s’il ne s’agit pas du tout d’un thriller, il réussit à nous tenir en haleine jusqu’aux toutes dernières pages de son roman, et j’adore ça !
De rebondissements en manigances
Nous faisons donc connaissance d’Ameyal, jeune fille qui vient d’être réduite à l’état d’esclave suite au massacre de son village par des Aztèques. Mais la jeune fille ne compte pas se laisser faire entre fuites et manigances, elle va se démener pour se sortir de cette situation de prime abord inextricable. Malheureusement, tout ne se passera pas forcément comme prévu. Les trahisons, la jalousie et le pouvoir seront ses pires cauchemars.
C’est donc un roman plein d’intrigues et de rebondissements que nous offre l’auteur.
Le récit commence d’ailleurs sur les chapeaux de roues, en effet, le début entre directement dans le vif du sujet avec une action à nous couper le souffle, ce qui ne donne pas du tout envie de lâcher sa lecture, bien au contraire. Certes, il commence par une scène violente, mais à mon goût, c’est la pire et la seule qui dure aussi longtemps donc ceux qui peuvent être réfractaires à ce genre de passages peuvent d’ores et déjà être rassurés. La suite sera moins virulente, mais continuera néanmoins de jouer avec votre petit cœur.
Le plus déroutant pour moi finalement a été l’âge de la protagoniste, Ameyal, car j’ai été étonnée d’aimer autant une histoire dont la personnage principale est aussi jeune (13 ans). Elle est attachante, courageuse, parfois trop impulsive et un brin irréfléchie, mais c’est justement ce qui fait tout son charme et son réalisme. On s’attache également à certains personnages secondaires tout comme on en déteste d’autres.
En bref, nous avons ici tout ce qu’il faut pour passer un excellent moment de lecture. Et même plus, c’est une histoire qui reste en tête, on y pense encore alors que la lecture est déjà finie depuis un moment.
En résumé,
Un premier tome plus que prometteur qui laisse présager une suite haute en couleur ! Il est certain que je lirai la suite !

Aztèques en offre éclair Amazon

Je tiens à vous remercier pour votre soutien lors de l’offre éclair d’Aztèques mercredi 10 mai. Ce jour là, le livre numérique était à 0,99€.
Beaucoup d’entre vous ont liké, partagé mes publications, commandé, commenté. Grâce à vous, Aztèques est monté tout au long de la journée depuis la 200ème place jusqu’à la première place du top 100 Amazon.

Big up pour tous les lecteurs et auteurs qui m’ont soutenu ! Ces derniers m’ont très bien accueilli au salon de livre de Paris, et ont fait preuve de beaucoup de solidarité et de gentillesse : je remercie notamment Valérie Bel, qui a invité des lecteurs à l’évènement, Alice Quinn, Tamara Baliana, Cédric Péron, Laure Manel, Amélie Antoine, Sonia Dagotor, Lhattie Haniel, Olivier Bal, Patrick Ferrer, Jacques Vandroux, Judrin Evelin et tous les autres auteurs et blogueurs ayant participé de près ou de loin.

453 Ebooks sont partis en une journée, sans compter les livres papiers et les emprunts.
Les petits Aztèques ont su jouer des coudes et monter tranquillement jusqu’à la première place du podium, et ils se maintiennent aujourd’hui à la quatrième place, devant Marc Levy et Guillaume Musso 😉

Comme une place de n°1 ne dure pas forcément très longtemps, j’ai pris une photo souvenir :

La question est : que fait-on après ?
On m’a répondu : « ton livre va se casser la figure mais c’est normal ». Et pour cause, le lendemain de l’offre éclair j’étais à une quarantaine de ventes (et j’en suis très heureux).
En effet, que peuvent les petits Aztèques contre des « poids lourds » tels que les très talentueux Maddie D., Gabrielle Desabers, Fred Vargas et tous les autres ?

Alors comment aider le livre à garder de la visibilité ?
Pour répondre à cette question, je me suis tourné vers Alice.
Alice Quinn, auteure bestseller qui a créé le personnage de Rosie Maldonne, l’héroïne de « Un palace en enfer » que j’ai rencontrée au salon du livre. Un concentré de joie et de rire qui voit la vie en rose, et qui la fait voir telle quelle aux gens qui la côtoient. Alice m’a interviewé en tant qu’ « auteur du mois de juin » au sujet d’Aztèques et je partagerai la vidéo avec vous dès qu’elle sera disponible. Lorsque je lui posé la question, Alice m’a conseillé de communiquer tranquillement sur Aztèques lorsque l’occasion se présenterait. Et elle a ajouté quelque chose que j’ai trouvé très beau :

« Le livre va se poser quelque part et vivre sa vie. Après, on ne sait pas, c’est de la magie ».

Certains auteurs, dont Cédric, disent qu’une fois le bébé mis au monde il faut le laisser vivre sa vie. C’est pas facile, mais je vais essayer. En espérant que le livre parle suffisamment au monde, et que le monde parle suffisamment de lui pour que la magie prenne 😉

Je ne vous cache pas que je ressens un certain soulagement au sortir de cette phase de marketing. Je ne suis pas très à l’aise lorsque je mets mon travail en avant, et je demande pardon à ceux qui m’ont trouvé un peu trop insistant 😉
Je vais enfin pouvoir reprendre l’écriture de la saison 2, que j’envisage de sortir en octobre.

Et pour ceux d’entre vous qui sont auteurs, je vous souhaite de belles histoires et que la magie prenne !

Lettre d’un mentor et ami

Je voudrais partager avec vous quelque chose qui m’a énormément touché lors de la journée du 10 mai, jour de l’offre éclair Amazon d’Aztèques, grâce à vous si riche en émotions.
Il s’agit d’un mail de mon mentor Anael à sa mail-list pour l’informer de cette offre.
A travers l’écriture, Anaël est devenu bien plus qu’un simple coach : il est devenu un ami. Je lui laisse la parole :

« Lorsqu’il a frappé aux portes de l’atelier d’écriture que j’animais alors à Bordeaux, Eric cherchait à revenir à l’une de ses premières passions : l’écriture.

Il se souvenait avoir écrit quelques histoires avec des amis dans son adolescence, et il voulait retrouver ce plaisir.

Il avait à l’époque un projet de roman fouillis, compliqué, avec une narration embrouillée et une dramaturgie inexistante et de temps en temps, après l’atelier, il me bombardait de questions pour l’améliorer.

Quand j’ai lancé mon Académie d’écriture, il a hésité. C’était un grand pas et en même temps c’était exactement le pas qu’il voulait s’autoriser à faire.

Après un an passé à suer sur un recueil de nouvelles fantastiques, un guide pratique et deux synopsis de romans, Eric avait acquis les bases de la dramaturgie. Il était
plus à l’aise dans son écriture, plus fluide.

Il restait à transformer l’essai en deuxième année en travaillant sur des projets longs.

Aztèques est né dans ce contexte, de la contrainte de concevoir une série littéraire.

Après une année de réécriture, Eric a publié Harem, le premier tome de la série Aztèques, sur Amazon, l’a pitché avec brio au salon du livre de Paris, où il a remporté le premier prix du jury d’Amazon et il est aujourd’hui dans le top 3 des ventes.

Avec une moyenne de 4,5 étoiles sur 5 en 26 commentaires, ne vous fiez pas qu’à mon jugement quand je vous recommande de le lire.

Non seulement Aztèques est un exemple de dramaturgie réussie mais c’est en plus l’opportunité de découvrir une culture et un univers qui nous sont peu familiers.

Lisez-le si vous aimez les intrigues, la manipulation, le jeu sur les faux-semblants. Lisez-le surtout pour analyser sa construction, dans laquelle rien n’a été laissé au hasard.

Aujourd’hui Amazon propose une Offre Éclair sur le livre, ce qui signifie que le format numérique est à moins d’un euro pour la journée.

Perso, je préfère la version papier. Pour le prix d’un poche, vous recevez un livre grand format avec une belle illustration de couverture.

Il est loin le temps du premier roman, Aztèques est le résultat de quatre années de travail appliqué et déterminé.
Sa maîtrise d’écriture en est la conséquence directe.

Anaël « Le travail paie » Verdier »

Merci Anaël.
NB : voir les formations que propose Anaël sur internet et à Bordeaux

Aztèques en offre éclair Amazon !

offre éclair2

Chers amies, chers amis,

Suite au prix que j’ai remporté en tant que lauréat du Speed-dating Amazon au salon du livre de Paris en 2017, je suis heureux de vous annoncer qu’Aztèques est en offre éclair aujourd’hui, à seulement 0,99€.
Si vous ne l’avez pas encore lu, c’est le moment de le commander 😉
Et si vous l’avez déjà, merci d’en parler pour aider un auteur indépendant à faire connaître ses écrits !

Une jeune esclave peut-elle faire tomber un Empire ?

Laissez-vous emporter dans un grand voyage, un ailleurs et un autrefois caché au sein d’une civilisation aussi fascinante qu’effrayante !

Il vous suffit de cliquer sur la couverture :

Aztèques : chronique « Le blog de Dominique »

Un immense merci à Dominique pour sa chronique !
Vous pouvez la retrouver sur son site : Le coin de Dominique.

AZTÈQUES 1 — Harem, d’Eric Costa

« Leurs corps vibrent à l’unisson. Des papillons s’envolent, comme des fleurs emportées par le vent ».

Un petit vent frais souffle sur les horreurs coutumières d’Amazon. On offre au dieu un enfant mort, on transperce des mains avec un poignard, on lapide et l’on arrache une langue, mais il y a des oiseaux dans une cage et des dindons par terre, un jardin aux cactus, une fontaine aux magueys, des encensoirs chargés de braises et la lueur orangée du soleil – tout cela peint avec une grande précision, beaucoup de délicatesse et des aplats de couleurs : le douanier Rousseau s’est invité au pays des Aztèques. Et me voilà en train de vous parler d’un roman qui représente à priori tout ce qui m’ennuie : l’avalanche de péripéties, les scènes de crime, la multiplication des personnages.

Comme quoi il ne faut jamais parler avant de savoir : ce roman possède une particularité qui en fait toute sa richesse, je veux parler de ce contraste étonnant entre la tranquillité du récit et la violence de ce qu’il nous raconte. Entre l’ordre parfait dans la succession des scènes et le désordre de tous ces personnages que vous allez confondre un bon moment, comme dans les romans russes. Mais vous vous y ferez, nous sommes dans un Harem, il y a une quantité de femmes, de quoi se sentir perdu. Peu à peu on s’habitue et l’on reconnaît de loin les esclaves de l’extérieur qui sentent la terre,  celles de l’intérieur qui sont un peu moins malheureuses, les vingt sept concubines qui sentent la cannelle et les trois épouses. On attend le Maître, qui n’apparaît qu’à la fin et l’on se dit qu’on n’a rien raté, en le regardant manger.

❖❖❖❖❖

Après une longue marche qui ressemble à l’enfer, Ameyal est conduite dans un harem, où toute désobéissance est sauvagement punie et où les épouses se déchirent. La jeune fille a des yeux verts à tomber et un grand courage –ou une grande inconscience et elle se retrouve au centre d’une intrigue qui va la mettre plusieurs fois en danger : la seconde épouse du Maître, Coatzin, va se servir d’elle dans le but d’éliminer la troisième, Xalaquia (je vous avais prévenus pour les noms). Ameyal va subir entre autres le supplice des piments –une horreur- et sera enfermée dans un cachot treize jours et treize lunes…

❖❖❖❖❖

Mais je vais vous laisser découvrir toutes ces péripéties et je vous préviens, tout cela est construit comme une suite de tableaux, dont chacun possède son éclairage particulier : « Dans le cadre de la fenêtre s’étire un long nuage qui dérive vers la lune. Il recouvre bientôt l’astre, plongeant la chambre dans l’obscurité ». Et j’ai une question à poser : n’est-il pas plus difficile aujourd’hui de rester délicat quand d’autres sont vulgaires en se croyant modernes ?

Je parle du style et je crois que la réponse est oui, en tout cas ce roman m’a surprise et je garderai un bon moment  dans la tête, je pense, la silhouette gracile de « celle qui s’habille de sable ».

Comment réussir son Pitch

À l’approche du salon du livre de Paris, beaucoup d’auteurs se demandent comment présenter leurs travaux.
La réponse est dans le « pitch » :
I. Qu’est-ce qu’un pitch ?
II. Comment le construire ?

Cet article répond à ces questions et vous aidera à rédiger votre pitch.
Vous trouverez toutes les sources en fin d’article.

I. Qu’est-ce qu’un pitch ?
Un pitch est un résumé dont le but est de :
— Clarifier l’histoire pour l’auteur,
— Susciter l’intérêt, la curiosité du lecteur dans le but de vendre.

Il existe deux sortes de pitch :
Le pitch de travail : il permet aux auteurs de naviguer dans leur projet. Essentiel pour rester dans l’idée, dans l’histoire, il exprime la promesse du livre.
Ainsi, pour un ouvrage de fiction : on peut résumer le pitch de travail par la triade « protagoniste + conflit + résolution » :

Exemple : un super agent britannique fait face à une attaque nucléaire terroriste et sauve le monde.

Le pitch de travail sert à savoir si l’on va bien où on a décidé d’aller : la bombe doit exploser au bon moment, sinon ce n’est plus la même histoire. En cours d’écriture, il va permettre de réévaluer la progression et de rester dans le cadre que l’on s’est fixé. Par exemple, reprenons notre histoire de super agent : si l’on passe plus de temps sur l’histoire d’amour que sur le conflit principal qui est l’attaque nucléaire, on s’éloigne de notre histoire, de notre thème.

Pourquoi est-il important d’avoir un pitch de travail et de s’assurer que l’on reste en cohérence avec lui ?
Il s’agit d’écrire le pitch de travail le plus tôt possible.
Tout d’abord, comme le préconise Steven Pressfield dans Nobody wants to read your sh*t : Why that is and what you can do about it, il s’agit de votre concept. Comme un nouveau produit lancé sur le marché, résumer votre concept d’histoire va vous permettre de voir si elle est vendeuse ou non. Il vaut mieux se rendre compte qu’un concept d’histoire n’est pas porteur avant d’avoir écrit le roman en entier. Ensuite, revenir au pitch de travail durant l’écriture vous permettra de rester proche du thème, donc de le réajuster, dl’affiner au besoin.
En conclusion, le pitch de travail évite les écueils. Il est là pour accompagner l’auteur dans l’écriture, et permet de répondre aux questions du style : Je me suis éloigné de mon intention, que faire ? Changer le pitch ou reprendre l’histoire ?

— Le pitch de vente, ou promesse du livre :
Le but de ce pitch est de donner envie au lecteur de lire ou d’acheter le livre. Il s’agit de la rencontre entre l’ouvrage et le public.
Un mauvais pitch de vente signifie une mauvaise promesse. Lorsqu’on écrit une histoire de fiction, il est important que le lecteur se représente ce qu’il va avoir entre les mains. Si on lui ment, il se forcera à lire ou abandonnera le livre. La rencontre ne sera pas satisfaisante. Il importe donc de travailler le pitch pour qu’il ait l’effet escompté tout en restant proche de l’histoire.
Souvent, on ne voit que la première étape : la vente. Mais les problèmes arriveront si le livre est vendu et la promesse non honorée. La relation auteur-lecteur ou auteur-éditeur partira sur de mauvaises bases. Et le but d’un auteur n’est-il pas de créer de bonnes relations ?

Le pitch de vente se donne soit à l’oral, soit à l’écrit. Il est important de se concentrer sur l’histoire et également sur l’accroche. Il s’agit d’intéresser, d’intriguer suffisamment le lecteur ou l’éditeur pour qu’il aille plus loin et lise ou achète.

Notion d’Elevator pitch :
Imaginons que nous soyons dans le même ascenseur qu’un éditeur connu à qui l’on pitche pour vendre. La raison d’être du pitch sera de convaincre rapidement.
Dans ce but, il est possible d’utiliser un paradoxe, c’est à dire de faire cohabiter deux idées qui ne peuvent cohabiter en temps normal. L’avantage du paradoxe, c’est qu’il suscite une surprise et un intérêt immédiat.

Que faire si l’on ne trouve pas de paradoxe ?
Je vous suggère de revenir à l’idée de base de votre histoire : univers, protagoniste, objectif et enjeu (qu’est ce qu’il veut et en quoi l’obtenir est important pour lui), et antagonisme/te (pourquoi le protagoniste ne peut pas atteindre son objectif).
Prenons l’exemple d’une enquête policière : un narrateur reconstitue une histoire à rebours. L’accroche,  c’est la manière de présenter le crime de manière intéressante au départ : un mort a été retrouvé dans le tunnel sous la manche, pile sur la frontière entre les deux pays.
L’idée est d’intriguer. Un pitch est réussi si l’interlocuteur se pose des questions.

Exemples de pitchs qui fonctionnent bien au cinéma :
Sister Act : une stip-teaseuse témoin d’un meurtre se fait passer pour une nonne pour échapper à la Mafia (double antagonisme : strip-teaseuse nonne et Mafia).
Certains l’aiment chaud : deux musiciens se déguisent en musiciennes pour échapper à la Mafia.

Règle n°1 :
Surtout, résister à la tentation de tout dire !
Oui, en fait ce que j’ai pas dit, c’est que la belle sœur et la cousine de sa nièce ont tout fait pour qu’il tue son oncle…
Vous voyez ce que je veux dire ? On a tous tendance a faire cela. Mais évitez de tomber dans ce travers. À donner trop d’informations, on risque de rendre notre message confus.
Et l’ennemi principal du pitch est la confusion.

Comment réussir un pitch de vente ?
En faisant ressortir la singularité de l’univers, les spécificités du protagoniste et les situations improbables dans lesquelles il est propulsé.
Si l’on n’a pas ça, il faudra peut-être revoir notre histoire…
Le but est d’ouvrir la suite de la discussion comme doit le faire le titre d’un billet de blog ou d’un E mail. Le pitch est comme le titre d’un article. Il doit donner envie d’en savoir plus.

En résumé, un bon pitch doit être :
Clair et concis : aller à l’essentiel, ne pas s’embarrasser d’éléments superflus, d’intrigues ou de personnages secondaires. Plus on donne d’informations, plus on risque de rendre le message confus.
Mystérieux : il ne doit pas donner la fin. Il doit s’arrêter au bon moment pour susciter une interrogation, donner envie d’en savoir plus.
Fluide : je vous conseille de le connaître par cœur, d’être capable de le réciter dès qu’on vous le demande, sans toutefois parler comme un robot. L’interlocuteur doit ressentir que vous êtes présent à l’histoire, il doit ressentir de la vie et des émotions si vous voulez qu’il soit accroché (attention à ne pas trop en faire, il est inutile de venir déguisé en nonne !).
Complet : il s’agit de divulguer les informations nécessaires, ni plus, ni moins. Dites tout, dans le bon ordre. Commencez par la promesse et répondez à toutes les questions importantes.
Les trois qualités suivantes d’un bon pitch s’inspirent du livre Talk like Ted, de Carmine Gallo :
Émouvant : il doit être déclamé avec passion et avec joie. La passion est la première cause du succès (Richard Saint John). Selon Aristote, un bon discours doit contenir 65% d’émotions (pathos), 25% de données (logos) et 10% de style (ethos). Adaptez le volume de votre voix, le ton et le débit. Maitrisez votre langage corporel : seulement 7% de la communication passe par les mots, alors que 93% passe par le langage du corps. Utilisez vos mains !
Nouveau : apprenez quelque chose à votre interlocuteur : apprendre active la partie du cerveau correspondant aux récompenses. Amenez-le là où il ne s’est jamais aventuré. Faites-lui considérer des idées qui ne lui sont pas familières. Même si vous n’y parvenez pas, il est préférable que votre histoire présente un angle nouveau même si un tel genre d’histoire a déjà été écrit. Qu’est-ce qui fait l’intérêt de votre livre ? Peut-être est-ce le mélange entre deux genres éloignés comme la romance et les zombies dans le film Warm Bodies. Peut-être est-ce l’angle selon lequel vous traitez un thème ?
Mémorable : il est préférable qu’un élément retienne l’attention du lecteur ou de l’éditeur potentiel. Cela vous fera sortir du lot. Cela lui permettra de se souvenir de votre histoire parmi la foule d’histoires qui existent. Pour ce faire, tentez de l’immerger dans l’histoire : utilisez les cinq sens.

Plus le lecteur construira une image mentale proche de l’histoire, et plus il voudra la lire, car il voudra voir vivre hors de lui cette représentation mentale. Par exemple, s’il imagine un voyage dans une ville plongée dans le chaos, il va penser à des bâtiments qui s’effondrent, à des effets spéciaux et va être déçu s’il y trouve autre chose. On va aider le lecteur à se construire une histoire mentale de notre histoire : plus il développera les modalités de sa représentation interne et plus il se rapprochera de notre livre, plus il anticipera et aura envie de lire.

Comment s’entraîner au pitch ?
Vous l’avez bien compris, pitcher un histoire n’est pas naturel : il faut s’entraîner.
Pré-requis : être clair avec son histoire, et répéter jusqu’à ce que l’exercice devienne un automatisme.
Le faire à l’oral. Ça va être difficile au début, mais il faut persévérer. Allez pitcher en réel, à l’oral, pas à l’écrit : ce qui passe bien à l’écrit ne passe pas forcément bien à l’oral, et le pitch oral est différent du pitch écrit. Allez pitcher auprès des gens, Blake Snyder a écrit qu’il allait pitcher dans les cafés. Pitchez dans le bus, au travail, dans un bar le soir. Pitchez  dès que vous êtes dans un contexte où vous pouvez pitcher.

Pourquoi s’entraîner autant ?
Plus vous aurez de retour, plus vous pourrez ressentir votre pitch, l’affiner, y ajouter des éléments ou en retirer. Vous pourrez tester l’effet émotionnel de vos mots et décider de les changer ou pas. Vous serez sans doute surpris de constater que certaines phrases que vous utilisez ne reflètent pas du tout le message que vous voulez délivrer. Vous le serez également en constatant que ce qui vous paraît clair et limpide ne l’est pas forcément pour vos lecteurs. Je vous conseille de toujours vous observer en train de pitcher, et de vous demander comment faire différemment les prochaines fois.
Je vous rassure, les 25 premières fois vont être difficiles ! Mais il n’y a qu’en connaissant votre affaire de manière parfaite que vous pourrez contrer votre stress, le jour où votre pitch sera assorti d’un enjeu important.

II. Comment construire un bon pitch ?
La théorie, c’est bien beau, mais ça ne suffit pas.
Je vous propose maintenant un exercice pratique : écrivons notre pitch ensemble.
Et là , quatre lettres me viennent à l’esprit : AIDA.

Qu’est-ce qu’AIDA ?
L’une des formules les plus anciennes et efficaces du marketing :
Attention. Intérêt. Désir. Action.

C’est une formule facile à retenir, adaptable à presque tous les projets marketing.
Elle rejoint la notion de « pagode chinoise » à laquelle fait référence Ghaan dans sa vidéo, dans le sens où elle permet de partir du général vers le détail. De partir d’une phrase d’accroche (pitch) qui correspond au toit de la pagode, puis d’élargir la structure avec un résumé de l’histoire jusqu’à la base, plus large encore, qui correspond aux fondations de la pagode.

1. Gagner l’attention
Gagner l’attention de quelqu’un n’est jamais facile. Connaître votre auditoire peut vous y aider (leurs besoins, désirs et valeurs), mais vous ne les connaîtrez pas toujours.
C’est ici que vous pouvez présenter votre log-line : une « phrase choc », comme l’explique Chris Simon sur son site, qui livre « le concept, l’univers, l’ambiance et le thème ».
« Un résumé en une phrase d’un film, d’un programme TV ou d’un livre qui expose le conflit central d’une histoire exposant à la fois le synopsis de l’intrigue et une accroche émotionnelle qui stimule l’intérêt de votre interlocuteur ».

Vous avez une chance et une seule, alors faites-le bien.

Comment trouver le message principal de votre pitch ?
Imaginez que vous êtes à une soirée et que quelqu’un s’intéresse à votre livre. Vous n’avez aucune difficulté à en parler. Vous êtes intéressant parce que vous êtes authentique, vivant, inspiré, persuadé et… persuasif.
Vous avez l’essentiel, mais un bon pitch exige également un message et un but.

Le message est ce que vous voulez que votre interlocuteur retienne de votre pitch.
Qu’est-ce qui se distingue dans votre esprit lorsque vous pensez à votre histoire ? Sous une forme ou une autre, c’est probablement le message principal que vous souhaitez faire passer.
Munissez-vous d’un papier et d’un stylo et répondez au moins à l’une de ces questions :

— Pourquoi votre histoire est-elle importante ?
— Qu’est-ce qui a été mémorable au sujet de l’écriture de cette histoire ?
— Qu’avez-vous appris ?
— Comment cela vous a-t-il changé ?
— Que feriez-vous différemment / de la même manière ?
— Comment les autres pourraient-ils bénéficier de la même expérience ?

Dès que vous avez une réponse, vous tenez votre message. Vous avez juste besoin de vous mettre dans les bottes de quelqu’un d’autre, et de réécrire ce message pour qu’il fasse sens pour lui. Une fois ceci fait, c’est gagné.

Exemple pour Memorial Tour, Lauréat Jury Amazon Kindle Salon du livre Paris 2016, de Chris Simon : le devoir de mémoire de la Shoah nous protège-t-il contre la barbarie ?

Exemple pour mon roman Harem :
Une esclave peut-elle se venger d’un peuple qui lui a tout pris ?

Nous allons maintenant affiner. Gardez votre message à l’esprit lors de la prochaine étape, et tout viendra naturellement.

Asseyez-vous tranquillement. Fermez les yeux et pensez à votre histoire pendant deux à trois minutes. Lorsque vous avez terminé, répondez à ces trois questions sur papier :

— Qu’avez-vous ressenti ? Comment vous sentez-vous à présent ?
— De quelles images, sons, parfums, goûts, textures vous souvenez-vous ?
— Quels sont les personnages impliqués ? Comment ?

Exemple dans Harem :
— Une force qui grandit en moi
— Jade, bleu pastel de l’océan, souffle de l’air chaud, parfum de vanille, tissus soyeux des sous-vêtements de concubines, goût d’une mangue dont le jus coule dans la gorge
— Esclaves, concubines, épouses, Maître

Maintenant, pensez à votre message et affinez-le si nécessaire. Est-il toujours en résonance avec vous ? Ce message correspond exactement à l’endroit où vous voulez que votre interlocuteur parvienne à la fin de votre pitch.

Exemple dans Harem : une jeune esclave peut-elle faire tomber un Empire ?

2. Susciter l’intérêt
Vous avez gagné l’attention de votre interlocuteur. Comment la conservez-vous ?
C’est simple : dites-leur comment votre histoire leur offre ce qui a suscité leur intérêt. Et faites-le rapidement, au moyen d’un résumé et de toutes vos compétences en story-telling.

Comment construire le résumé ou corps du pitch :
Notez au moins trois choses mémorables que vous voudriez que les gens sachent sur votre histoire. Choisissez les trois points qui mènent le plus facilement de l’un à l’autre, tout en soutenant votre message. Vous avez maintenant votre plan : les trois principaux points à partir desquels vous allez construire le corps de votre pitch.

Exemple :
— Ameyal, fille de chef de village, est arrachée à son village par des guerriers aztèques
— Vendue comme esclave dans un harem, elle perd tout
— Elle ne compte pas en rester là et tente de se faire une place dans ce nouvel univers

Prenez ces trois points principaux et énumérez trois détails au sujet de chacun. Ensuite, écrivez deux phrases, qui n’ont pas à être parfaites, sur chacun des trois points. Liez-les par de nouvelles phrases. Vous obtenez le corps de votre pitch.

Exemple :
— Des guerriers aztèques attaquent un village, pillant, brûlant et massacrant tout sur leur passage
Ameyal, fille de chef, tente de sauver les siens mais échoue
Elle est capturée et perd tout, famille, amis, village
Vendue comme esclave dans un harem, elle se retrouve au plus bas de la hiérarchie dans une civilisation inconnue

— Les intrigues font loi, sauver sa peau se joue derrière chaque porte
Mais la fille de chef qui est en elle va resurgir

Une jeune esclave peut-elle faire tomber un empire ?
Lorsqu’elle retrouve son village en feu et son chien eventré, Ameyal se jure d’exterminer les aztèques qui les attaquent. Mais son courage et sa volonté ne peuvent rivaliser contre des guerriers.
Elle perd tout, famille, amis, son village est détruit et elle est emportée.
Rabaissée à l’état d’esclave, plongée dans un harem où les intrigues font loi, où sauver sa peau se joue derrière chaque porte, Ameyal doit faire face aux épreuves les plus terribles.
Mais aucune cage ne peut retenir la fille de l’aigle.

Peu importe si vous reprenez les mots exacts de ces phrases ou non lors de votre pitch oral. Ce qui compte, c’est d’avoir en tête l’idée principale de chaque phase. Vous pouvez noter ces idées principales sur une fiche mais vous n’avez pas à les mémoriser, elles sont déjà dans votre tête.

3. Créer un désir et un appel à action
Il s’agit à présent de construire un désir pour votre histoire.
Vous leur avez déjà expliqué comment votre histoire peut les intéresser. Maintenant, vous allez la rendre irrésistible. Nous sommes à présent dans les fondations de la pagode et de votre histoire, dans les raisons profondes, dans le thème.
Faites le bien. N’exagérez rien.

Pensez à votre histoire comme à un cadeau que vous offrez à votre interlocuteur, et votre commentaire en découlera tout naturellement.

Vous n’offrez pas de cadeau sans raison. Pourquoi avez-vous choisi cette histoire ? Qu’espérez-vous que l’interlocuteur éprouve grâce à elle ? Qu’est-ce qui rend votre cadeau important pour vous ? Que pourriez-vous dire pour que les lecteurs ne puissent pas attendre pour ouvrir leur cadeau ?

Par exemple :
Mon histoire illustre le fait que chacun peut façonner son destin, quelques soient les épreuves, à condition de faire preuve de courage et de ténacité.
Il est important pour moi, dans un monde où les gens ont l’impression de ne pouvoir agir sur rien, qu’ils comprennent qu’ils peuvent toujours améliorer les choses.
Lisez cette histoire et prenez cette énergie qui vous aidera à progresser même si vous partez de loin.
(
l’appel à action peut se placer ici si vous souhaitez en placer un)

Vous tenez maintenant la dernière partie de votre discours. Vous pouvez également attendre les questions pour la placer.
Il ne vous reste plus qu’à assembler le tout pour obtenir votre pitch. Certes, ce pitch brut est encore prisonnier de sa gangue. Mais il vous appartient désormais de le mettre à jour, de l’affiner, de le polir, de le faire resplendir.

Reprenez votre pitch et ajoutez tous les éléments nécessaires à une présentation limpide, qui créé de l’émotion et du suspense. Vérifiez que vous avez fait appel à un maximum de sens. Une fois le corps du pitch réécrit, ajoutez une éventuelle question destinée à ouvrir votre pitch et assemblez le tout.

Exemple :
Message : une jeune esclave peut-elle faire tomber un Empire ?
Résumé : lorsqu’elle retrouve son village en feu et son chien éventré, Ameyal se jure d’exterminer les aztèques qui les attaquent. Mais son courage et sa volonté ne peuvent rivaliser contre des guerriers.
Elle perd tout, famille, amis, son village est détruit et elle est emportée.
Rabaissée à l’état d’esclave, plongée dans un harem où les intrigues font loi, où sauver sa peau se joue derrière chaque porte, Ameyal doit faire face aux injustices, aux trahisons et aux humiliations.
Mais aucune cage ne peut retenir la fille de l’aigle.

+ Commentaires éventuels

Voilà le pitch affiné. Il n’est pas parfait et subira sans doute  de nombreux remaniements.

Conclusion :
Construire un pitch n’est pas chose aisée. Il faut choisir les bons mots, s’entraîner, améliorer constamment, faire face à l’impression de jamais fini, jamais parfait. Il faut le connaître par cœur sans toutefois donner l’impression que vous le récitez. Il faut y mettre des émotions, de la passion, de la vie et quantité d’autres choses.

Bonne chance à toutes et à tous.

Sources :
Nobody wants to read your sh*t, Steven Pressfield
Talk like Ted, Carmine Gallo
— Cours d’écriture dispensés par Anaël Verdier sur http://academiedecriture.com
Write your next speech in one hour, par Michael Friedlander, toastmasterclubs.org
The copywriter’s best friend : AIDA, de Tom Chandler dans www.writerunderground.com
Comment être sélectionné au Speed Dating Amazon Kindle 2017, de Chris Simon.
Comment préparer votre pitch pour le Mazarine Speed Dating, vidéo de Ghaan (l’Écrivain alchimiste).

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