Peut-on massacrer des milliers de gens et devenir héros national ?

Le concept de ma série « Aztèques » est de prendre le contre-pied des histoires de princesses traditionnelles de type « Walt-Disney ».
Le thème de la série étant « le pouvoir », je me devais d’explorer l’une de ses facettes, à savoir « la prise de pouvoir exige des actes extrêmes », ou encore « la fin justifie les moyens ». L’idée selon laquelle on peut accéder aux plus hautes sphères de ses désirs à conditions d’être prêt à tout pour cela. Cette facette du thème sera illustrée par l’un des personnages de la série.
Je suis donc allé faire un petit voyage dans l’Histoire. Et je suis allé chercher l’inspiration dans la vie de femmes qui ont pris le pouvoir de manière plus ou moins violente dans l’histoire de l’humanité.

L’une d’entre elles se nomme Boudica.

boudica
Boudica prend le pouvoir de la tribu britannique des Iceni à la mort du roi, son mari. À cette époque, Rome contrôle la Grande-Bretagne, et les Iceni se sont volontairement alliés à eux. Lorsque le roi meurt, il est prévu que la moitié de ses biens vont à l’empereur romain, et l’autre moitié à sa famille. Mais les romains décident de changer ces règles :

• Ils ne reconnaissent pas la prétention de Boudica au trône parce qu’elle est une femme.
• Ils réclament tout l’argent du défunt roi.
• Ils exigent la majorité des terres Iceni.
• Ils flagellent Boudica en public.
• Ils violent ses deux filles.

Je vous laisse imaginer que la suite de cette histoire ne s’annonce pas de bonne augure pour les Romains.

En effet, Boudica lève une foule et marche sur la ville voisine de Camulodunum. Plusieurs erreurs romaines jouent en sa faveur :

• Camulodunum a démantelé ses propres défenses afin que les habitants puissent construire des maisons.
• Les romains ont surtaxé tous les voisins.
• Tout l’argent recueilli est allé à la construction d’un temple fantasque.

Lorsque les Romains apprennent qu’une barbare barbare se lève contre eux, ils en rient et envoient 200 soldats pour l’arrêter. Les 120 000 hommes rassemblés par Boudica rient également en massacrant tous les romains.

L’expérience se répète dans deux autres villes, y compris Londinium. En cours de route, l’armée de Boudica, qui est devenue une véritable ville ambulante de plus de 230 000 hommes, massacre une légion romaine et 70 000 civils. Elle devient alors le pire cauchemar de Rome.

Pour comprendre à quel point tout cela est terrifiant pour Rome, attachons-nous à certains détails du soulèvement de Boudica :

• Ses hommes coupent les seins des romaines, les cousent à leur bouche, suspendent les corps ou les plantes sur des lances.
• Ils décapitent les gens par principe religieux. Ils embaument les têtes de leurs ennemis et les exposent sur des chars. Les autres sont jetés dans les rivières (on en retrouve encore à ce jour).
• L’Empire romain est immense. Une foule de civils qui massacrent les légions romaines augmente les possibilités de soulèvements des provinces conquises.

Malheureusement, le succès de Boudica, en grande partie basé sur la surprise, ne dure pas longtemps. Confrontés à des soldats romains retranchés, les Iceni s’effondrent. 15.000 Romains parviennent ainsi à détruire l’armée massive de Boudica, tuant 80.000 hommes. L’armée boudicane était si certaine de sa victoire qu’elle a commis l’erreur d’emmener les familles sur le champ de bataille. C’est en s’attaquant aux familles que les Romains gagnent la partie.

Personne ne sait comment Boudica a disparu. Certains supposent qu’elle a été empoisonnée, d’autres qu’elle a été tuée dans la bataille. Son histoire a été oubliée pendant des siècles, jusqu’à la redécouverte de documents rédigés par des historiens romains. Suite à cette découverte, elle est devenue héroïne nationale de Grande-Bretagne, apparaissant dans les manuels, les statues et les films. Boudica représente pour beaucoup l’image de l’héroïne vengeresse, malgré ses actions décriées comme la décapitation religieuse.

Découvrez comment une jeune esclave victime d’une razzia se bat pour survivre et faire sa place dans Harem, le premier tome de ma série « Aztèques ».
Si cette histoire vous a plu, aimez-la et partagez-la !

Aztèques en offre éclair Amazon

Je tiens à vous remercier pour votre soutien lors de l’offre éclair d’Aztèques mercredi 10 mai. Ce jour là, le livre numérique était à 0,99€.
Beaucoup d’entre vous ont liké, partagé mes publications, commandé, commenté. Grâce à vous, Aztèques est monté tout au long de la journée depuis la 200ème place jusqu’à la première place du top 100 Amazon.

Big up pour tous les lecteurs et auteurs qui m’ont soutenu ! Ces derniers m’ont très bien accueilli au salon de livre de Paris, et ont fait preuve de beaucoup de solidarité et de gentillesse : je remercie notamment Valérie Bel, qui a invité des lecteurs à l’évènement, Alice Quinn, Tamara Baliana, Cédric Péron, Laure Manel, Amélie Antoine, Sonia Dagotor, Lhattie Haniel, Olivier Bal, Patrick Ferrer, Jacques Vandroux, Judrin Evelin et tous les autres auteurs et blogueurs ayant participé de près ou de loin.

453 Ebooks sont partis en une journée, sans compter les livres papiers et les emprunts.
Les petits Aztèques ont su jouer des coudes et monter tranquillement jusqu’à la première place du podium, et ils se maintiennent aujourd’hui à la quatrième place, devant Marc Levy et Guillaume Musso 😉

Comme une place de n°1 ne dure pas forcément très longtemps, j’ai pris une photo souvenir :

La question est : que fait-on après ?
On m’a répondu : « ton livre va se casser la figure mais c’est normal ». Et pour cause, le lendemain de l’offre éclair j’étais à une quarantaine de ventes (et j’en suis très heureux).
En effet, que peuvent les petits Aztèques contre des « poids lourds » tels que les très talentueux Maddie D., Gabrielle Desabers, Fred Vargas et tous les autres ?

Alors comment aider le livre à garder de la visibilité ?
Pour répondre à cette question, je me suis tourné vers Alice.
Alice Quinn, auteure bestseller qui a créé le personnage de Rosie Maldonne, l’héroïne de « Un palace en enfer » que j’ai rencontrée au salon du livre. Un concentré de joie et de rire qui voit la vie en rose, et qui la fait voir telle quelle aux gens qui la côtoient. Alice m’a interviewé en tant qu’ « auteur du mois de juin » au sujet d’Aztèques et je partagerai la vidéo avec vous dès qu’elle sera disponible. Lorsque je lui posé la question, Alice m’a conseillé de communiquer tranquillement sur Aztèques lorsque l’occasion se présenterait. Et elle a ajouté quelque chose que j’ai trouvé très beau :

« Le livre va se poser quelque part et vivre sa vie. Après, on ne sait pas, c’est de la magie ».

Certains auteurs, dont Cédric, disent qu’une fois le bébé mis au monde il faut le laisser vivre sa vie. C’est pas facile, mais je vais essayer. En espérant que le livre parle suffisamment au monde, et que le monde parle suffisamment de lui pour que la magie prenne 😉

Je ne vous cache pas que je ressens un certain soulagement au sortir de cette phase de marketing. Je ne suis pas très à l’aise lorsque je mets mon travail en avant, et je demande pardon à ceux qui m’ont trouvé un peu trop insistant 😉
Je vais enfin pouvoir reprendre l’écriture de la saison 2, que j’envisage de sortir en octobre.

Et pour ceux d’entre vous qui sont auteurs, je vous souhaite de belles histoires et que la magie prenne !

Lettre d’un mentor et ami

Je voudrais partager avec vous quelque chose qui m’a énormément touché lors de la journée du 10 mai, jour de l’offre éclair Amazon d’Aztèques, grâce à vous si riche en émotions.
Il s’agit d’un mail de mon mentor Anael à sa mail-list pour l’informer de cette offre.
A travers l’écriture, Anaël est devenu bien plus qu’un simple coach : il est devenu un ami. Je lui laisse la parole :

« Lorsqu’il a frappé aux portes de l’atelier d’écriture que j’animais alors à Bordeaux, Eric cherchait à revenir à l’une de ses premières passions : l’écriture.

Il se souvenait avoir écrit quelques histoires avec des amis dans son adolescence, et il voulait retrouver ce plaisir.

Il avait à l’époque un projet de roman fouillis, compliqué, avec une narration embrouillée et une dramaturgie inexistante et de temps en temps, après l’atelier, il me bombardait de questions pour l’améliorer.

Quand j’ai lancé mon Académie d’écriture, il a hésité. C’était un grand pas et en même temps c’était exactement le pas qu’il voulait s’autoriser à faire.

Après un an passé à suer sur un recueil de nouvelles fantastiques, un guide pratique et deux synopsis de romans, Eric avait acquis les bases de la dramaturgie. Il était
plus à l’aise dans son écriture, plus fluide.

Il restait à transformer l’essai en deuxième année en travaillant sur des projets longs.

Aztèques est né dans ce contexte, de la contrainte de concevoir une série littéraire.

Après une année de réécriture, Eric a publié Harem, le premier tome de la série Aztèques, sur Amazon, l’a pitché avec brio au salon du livre de Paris, où il a remporté le premier prix du jury d’Amazon et il est aujourd’hui dans le top 3 des ventes.

Avec une moyenne de 4,5 étoiles sur 5 en 26 commentaires, ne vous fiez pas qu’à mon jugement quand je vous recommande de le lire.

Non seulement Aztèques est un exemple de dramaturgie réussie mais c’est en plus l’opportunité de découvrir une culture et un univers qui nous sont peu familiers.

Lisez-le si vous aimez les intrigues, la manipulation, le jeu sur les faux-semblants. Lisez-le surtout pour analyser sa construction, dans laquelle rien n’a été laissé au hasard.

Aujourd’hui Amazon propose une Offre Éclair sur le livre, ce qui signifie que le format numérique est à moins d’un euro pour la journée.

Perso, je préfère la version papier. Pour le prix d’un poche, vous recevez un livre grand format avec une belle illustration de couverture.

Il est loin le temps du premier roman, Aztèques est le résultat de quatre années de travail appliqué et déterminé.
Sa maîtrise d’écriture en est la conséquence directe.

Anaël « Le travail paie » Verdier »

Merci Anaël.
NB : voir les formations que propose Anaël sur internet et à Bordeaux

Aztèques en offre éclair Amazon !

offre éclair2

Chers amies, chers amis,

Suite au prix que j’ai remporté en tant que lauréat du Speed-dating Amazon au salon du livre de Paris en 2017, je suis heureux de vous annoncer qu’Aztèques est en offre éclair aujourd’hui, à seulement 0,99€.
Si vous ne l’avez pas encore lu, c’est le moment de le commander 😉
Et si vous l’avez déjà, merci d’en parler pour aider un auteur indépendant à faire connaître ses écrits !

Une jeune esclave peut-elle faire tomber un Empire ?

Laissez-vous emporter dans un grand voyage, un ailleurs et un autrefois caché au sein d’une civilisation aussi fascinante qu’effrayante !

Il vous suffit de cliquer sur la couverture :

Aztèques : chronique « Le blog de Dominique »

Un immense merci à Dominique pour sa chronique !
Vous pouvez la retrouver sur son site : Le coin de Dominique.

AZTÈQUES 1 — Harem, d’Eric Costa

« Leurs corps vibrent à l’unisson. Des papillons s’envolent, comme des fleurs emportées par le vent ».

Un petit vent frais souffle sur les horreurs coutumières d’Amazon. On offre au dieu un enfant mort, on transperce des mains avec un poignard, on lapide et l’on arrache une langue, mais il y a des oiseaux dans une cage et des dindons par terre, un jardin aux cactus, une fontaine aux magueys, des encensoirs chargés de braises et la lueur orangée du soleil – tout cela peint avec une grande précision, beaucoup de délicatesse et des aplats de couleurs : le douanier Rousseau s’est invité au pays des Aztèques. Et me voilà en train de vous parler d’un roman qui représente à priori tout ce qui m’ennuie : l’avalanche de péripéties, les scènes de crime, la multiplication des personnages.

Comme quoi il ne faut jamais parler avant de savoir : ce roman possède une particularité qui en fait toute sa richesse, je veux parler de ce contraste étonnant entre la tranquillité du récit et la violence de ce qu’il nous raconte. Entre l’ordre parfait dans la succession des scènes et le désordre de tous ces personnages que vous allez confondre un bon moment, comme dans les romans russes. Mais vous vous y ferez, nous sommes dans un Harem, il y a une quantité de femmes, de quoi se sentir perdu. Peu à peu on s’habitue et l’on reconnaît de loin les esclaves de l’extérieur qui sentent la terre,  celles de l’intérieur qui sont un peu moins malheureuses, les vingt sept concubines qui sentent la cannelle et les trois épouses. On attend le Maître, qui n’apparaît qu’à la fin et l’on se dit qu’on n’a rien raté, en le regardant manger.

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Après une longue marche qui ressemble à l’enfer, Ameyal est conduite dans un harem, où toute désobéissance est sauvagement punie et où les épouses se déchirent. La jeune fille a des yeux verts à tomber et un grand courage –ou une grande inconscience et elle se retrouve au centre d’une intrigue qui va la mettre plusieurs fois en danger : la seconde épouse du Maître, Coatzin, va se servir d’elle dans le but d’éliminer la troisième, Xalaquia (je vous avais prévenus pour les noms). Ameyal va subir entre autres le supplice des piments –une horreur- et sera enfermée dans un cachot treize jours et treize lunes…

❖❖❖❖❖

Mais je vais vous laisser découvrir toutes ces péripéties et je vous préviens, tout cela est construit comme une suite de tableaux, dont chacun possède son éclairage particulier : « Dans le cadre de la fenêtre s’étire un long nuage qui dérive vers la lune. Il recouvre bientôt l’astre, plongeant la chambre dans l’obscurité ». Et j’ai une question à poser : n’est-il pas plus difficile aujourd’hui de rester délicat quand d’autres sont vulgaires en se croyant modernes ?

Je parle du style et je crois que la réponse est oui, en tout cas ce roman m’a surprise et je garderai un bon moment  dans la tête, je pense, la silhouette gracile de « celle qui s’habille de sable ».

Comment réussir quand tout s’y oppose ?

Pour écrire « Harem », premier tome de ma série « Aztèques », je me suis inspiré de nombreux livres tels que « Geisha », d’Arthur Golden.

geisha
Quelques années avant la Seconde Guerre mondiale, Chiyo, une jeune fille japonaise, et sa sœur Satsu sont vendues par leur père à la tenancière d’une maison de geisha. Les deux sœurs sont rapidement séparées et Chiyo se retrouve confrontée à la sévérité de la maîtresse de maison et à la dureté de la vie d’une apprentie geisha. Elle doit également faire face à l’hostilité teintée de jalousie de Hatsumomo, geisha vedette de la maison qui, par ruse, réussit à la faire reléguer au statut de simple servante.

Chiyo a perdu tout espoir en l’avenir lorsque, au hasard d’une rencontre, elle est séduite par la gentillesse d’un homme, président d’une entreprise d’électricité, dont elle tombe amoureuse. Elle décide alors de tout faire pour mériter son attention. Par chance, une geisha, Mameha, la prend sous son aile et entreprend de lui enseigner les rudiments du métier en devenant sa « grande sœur ». Grâce à Mameha et à sa détermination, Chiyo devient bientôt, sous le nom de Sayuri, une geisha célèbre et admirée.
Très belle, épanouie dans son art, Sayuri fascine les hommes les plus puissants. Mais celle qui n’a plus le droit d’aimer reste hantée par l’amour qu’elle porte, en secret, au seul homme qu’elle ne peut atteindre…

Découvrez comment une jeune esclave victime d’une razzia parvient à survivre dans Harem, le premier tome de ma série « Aztèques ».
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Harem : enfer ou paradis ?

Pour écrire « Harem », premier tome de ma série « Aztèques », je me suis inspiré d’ »Épouses et concubines », un livre de Su Tong. Cette histoire se déroule en Chine centrale au début du XXème siècle.

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Songlian, belle, jeune, instruite mais pauvre, a fait le choix d’être la quatrième épouse du richissime Maître Chen. À son arrivée au domaine, un palais enclos de hauts murs, elle est présentée aux autres femmes du maître : la troisième épouse ; Meishan, ancienne chanteuse d’opéra chinois, qui l’accueille en rivale, la seconde épouse ; Zhuoyun, qui semble amicale et bavarde, et Yun, la première et plus âgée des épouses, très attachée à la tradition, bien que complètement délaissée par le maître.

Dans le gynécée, chacune des quatre épouses de Chen habite un appartement dont la porte ouvre sur une cour. Celle-ci, rectangle étroit délimité par les courbes renflées des toits, semble être la métaphore visuelle du sexe de ces femmes.

Dès que Maître Chen rentre chez lui et choisit celle qui aura le privilège de sa visite nocturne, le majordome module un ordre : « Accrochez les lanternes rouges ». Les domestiques décorent alors la porte élue de lanternes rouges.

L’épouse choisie est apprêtée et massée. Au lit, érigé en théâtre dont la scène baigne dans un halo rouge, elle attend que le maître lui donne vie. Le poids des traditions est un élément clé de ce huis clos, où chaque femme recevant la visite de l’époux gagne la journée suivante le droit de commander les domestiques et de choisir les aliments du repas qu’elle prennent en commun avec le maître.

Les concubines rivalisent de calcul et de perversité dans leur lutte pour la préférence du Maître et la conquête du pouvoir.

D’abord rétive, Songlian voit l’avantage d’être la favorite de Chen.
Après l’arrivée de Songlian, Meishan lui raconte qu’elle et Zhuoyun se sont livrées une lutte sans merci pour donner un héritier mâle au Maître, jusqu’à essayer de s’empoisonner. Mais Zhuoyun se révèle en fait être la plus perverse de toutes. Songlian découvrira plus tard qu’elle essayait de l’envoûter avec une poupée, et lui blessera gravement l’oreille alors qu’elle venait lui demander de lui couper les cheveux.

La troisième épouse tente de concurrencer Songlian, en particulier en feignant d’être gravement malade alors que la nouvelle épouse passe sa première nuit avec le Maître. Pour essayer de garder la préférence du maître, Songlian simule une grossesse : si elle est préférée chaque nuit, pense-t-elle, elle n’aura bientôt plus besoin de simuler. Mais Yan’er, sa servante, dénonce le subterfuge à Zhuoyun, et la seconde épouse en informe Chen, l’époux, afin de regagner ses faveurs.

Le maître est fou de rage. Songlian est punie et délaissée, toutes ses lanternes sont occultées sous des housses noires. Elle veut se venger de Yan’er, et provoque indirectement la mort de la servante qui préfère se laisser mourir de froid sous la neige plutôt que de demander pardon. Le jour de son anniversaire, Songlian s’enivre pour oublier sa condition, et sous l’effet de l’alcool révèle la liaison de Meishan avec le docteur Gao (le médecin du palais), alors même que ses relations avec Meishan s’amélioraient. En punition de son adultère, Meishan est étranglée sur les terrasses couvertes de neige, les domestiques mâles vêtus de noir portent la femme adultère, qui se débat convulsivement et gémit sous son bâillon, jusqu’à une petite tourelle éloignée appelé « Maison des Morts »… dans laquelle on raconte que deux anciennes épouses « autrefois » se seraient prétendument pendues elles-mêmes à cause d’une « relation illicite ».

Songlian ose aller pousser la porte de cette tourelle, et redescend les escaliers en hurlant. Elle perd ensuite la raison.
Une cinquième épouse arrive alors dans ce monde clos, et demande qui est cette jeune femme qui erre, en uniforme d’écolière, dans la cour.

Découvrez le huis-clos impitoyable que j’ai imaginé dans Harem, le premier tome de ma série « Aztèques ».
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— Tu vois, Paul, si tu passes tout ton temps à jouer avec tes dinosaures et si tu ne travailles pas à l’école, tu finiras comme ce vagabond dans la rue, dit la mère du petit garçon en se levant. Finis ton sandwich et monte. On va boucler les valises.
Paul hausse les paupières. Alors que ses parents se faufilent entre les chaises inoccupées, le garçon les suit dans les miroirs qui tapissent les murs. Lorsqu’ils disparaissent dans le couloir menant à l’escalier, il jette un œil à travers la devanture du restaurant. Sur le trottoir d’en face se tient le vagabond, appuyé contre une vitrine, un mégot sur les lèvres, immobile et souriant. Bousculé par des gens pressés, il tient une bouteille à la main. Le garçon tente de déchiffrer l’inscription qui se trouve dessus.
RHUM.
Le vagabond lève la main et adresse un signe au garçon, qui dépose les verres sur le comptoir :
— C’est l’heure du repas d’oncle James ! s’exclame-t-il. Qu’est-ce qu’on a ?
Le patron passe la tête par la cuisine :
— On n’a rien ! On va pas le nourrir tous les jours. Qu’il retourne chez lui.
Le garçon lui adresse un regard silencieux et replonge la tête dans l’évier.
Paul tourne à nouveau la tête vers le vagabond. Sa peau halée est parsemée de cicatrice. Son long pardessus vert traîne sur le trottoir. Son sourire a disparu. Il scrute l’intérieur de l’hôtel et avale une lampée de rhum. Puis il s’éloigne en claudiquant.
Le petit garçon se lève et pousse la porte. La rumeur des voitures saute à ses oreilles. Il traverse la route et court derrière le vagabond, qu’il retient par la veste :
— C’est toi oncle James?
L’inconnu se retourne et hausse les sourcils. Il observe le garçon devant lui, un T-Rex dans la main gauche et un sandwich dans la main droite. Paul tend son repas à l’inconnu.
— Merci p’tit. Comment tu t’appelles ?
L’accent d’oncle James est étrange, presque chantant. Son souffle est puissant et chaud — comme son père lorsqu’il prend un digestif après le diner.
— Je m’appelle Paul.
— C’est bien Paul, tu es un brave gars ! dit James en lui tapotant l’épaule.
En apercevant le doigt coupé, Paul fronce les sourcils :
— Wahou, c’est un dinosaure qui te l’a mangé ?
— Un dinosaure ? s’esclaffe James. Oui mon gars, c’est ça. Un térodactyle. Un très gros oiseau ! Tiens, voila pour te remercier.
James passe sa main sous son pardessus. Il en ressort une carte postale jaunie et cornée. Il la donne à Paul, qui l’observe. Elle représente un paysage ocre surmonté d’un bleu profond.
— C’est quoi ?
— Ça s’appelle le grand canyon. C’est la terre des dinosaures, p’tit. C’est là-bas qu’ils vivent.
Paul ouvre de grands yeux :
— Je peux les voir ? C’est où ?
— De l’autre côté de l’océan.
Le garçon se gratte le menton. Il retourne la carte et lit :
— Les – clés – sont – a – vec – Jay. C’est qui Jay ?
James laisse échapper un rire :
— Jay, c’est la liberté, mon gars. Elle est jolie, hein ?
Paul veut répondre, mais quelque chose l’attrape par le bras. Le garçon du restaurant.
— Qu’est-ce que tu fais dehors ? Allez, on rentre. T’aurais pu te faire écraser.
— Non, hurle Paul alors qu’on le traîne vers l’hôtel.
La famille de Paul quitta Paris dans l’après-midi. Appuyé sur la lunette arrière, Paul chercha le vagabond des yeux. Il ne dit jamais où il avait trouvé sa carte postale.
Il ne revit jamais son chasseur de térodactyles.

Savez vous ce qu’est une odalisque ?

Le terme odalisque provient du turc odalık, qui signifie « femme de chambre ». Il s’agit d’une esclave vierge destinée à servir les concubines et les épouses du Maitre.

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Une odalisque n’est pas une concubine, mais il est possible qu’elle en devienne une. Elle est généralement offerte en cadeau au Maitre, même si certaines familles conseillent à leurs filles d’entrer dans un harem comme odalisques en espérant qu’elles deviennent concubines ou épouses.

Normalement, une odalisque n’est jamais vue par le Maitre, mais reste sous les ordres de la mère de celui-ci. Toutefois, si une odalisque jouit d’une beauté extraordinaire ou possède des talents exceptionnels pour la danse, le chant ou autre, on la forme à l’école du harem pour devenir concubine. En ce cas, l’odalisque servira au plaisir sexuel du Maitre et c’est seulement suite à cela qu’elle changera de statut, devenant à partir de ce moment une concubine.

Dans l’Empire ottoman, les concubines ne rencontrent le sultan qu’une seule fois, sauf si leurs talents pour la danse, le chant ou les choses de l’amour suscitent davantage son attention. Si la rencontre d’une concubine avec le sultan donne un fils, cette dernière peut être amenée à devenir l’une de ses femmes.

Découvrez l’histoire d’une odalisque de l’Empire Mexica en lisant Harem, le premier tome de ma série « Aztèques ».
Si cette histoire vous a plu, aimez-la et partagez-la !

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Comment réussir son Pitch

À l’approche du salon du livre de Paris, beaucoup d’auteurs se demandent comment présenter leurs travaux.
La réponse est dans le « pitch » :
I. Qu’est-ce qu’un pitch ?
II. Comment le construire ?

Cet article répond à ces questions et vous aidera à rédiger votre pitch.
Vous trouverez toutes les sources en fin d’article.

I. Qu’est-ce qu’un pitch ?
Un pitch est un résumé dont le but est de :
— Clarifier l’histoire pour l’auteur,
— Susciter l’intérêt, la curiosité du lecteur dans le but de vendre.

Il existe deux sortes de pitch :
Le pitch de travail : il permet aux auteurs de naviguer dans leur projet. Essentiel pour rester dans l’idée, dans l’histoire, il exprime la promesse du livre.
Ainsi, pour un ouvrage de fiction : on peut résumer le pitch de travail par la triade « protagoniste + conflit + résolution » :

Exemple : un super agent britannique fait face à une attaque nucléaire terroriste et sauve le monde.

Le pitch de travail sert à savoir si l’on va bien où on a décidé d’aller : la bombe doit exploser au bon moment, sinon ce n’est plus la même histoire. En cours d’écriture, il va permettre de réévaluer la progression et de rester dans le cadre que l’on s’est fixé. Par exemple, reprenons notre histoire de super agent : si l’on passe plus de temps sur l’histoire d’amour que sur le conflit principal qui est l’attaque nucléaire, on s’éloigne de notre histoire, de notre thème.

Pourquoi est-il important d’avoir un pitch de travail et de s’assurer que l’on reste en cohérence avec lui ?
Il s’agit d’écrire le pitch de travail le plus tôt possible.
Tout d’abord, comme le préconise Steven Pressfield dans Nobody wants to read your sh*t : Why that is and what you can do about it, il s’agit de votre concept. Comme un nouveau produit lancé sur le marché, résumer votre concept d’histoire va vous permettre de voir si elle est vendeuse ou non. Il vaut mieux se rendre compte qu’un concept d’histoire n’est pas porteur avant d’avoir écrit le roman en entier. Ensuite, revenir au pitch de travail durant l’écriture vous permettra de rester proche du thème, donc de le réajuster, dl’affiner au besoin.
En conclusion, le pitch de travail évite les écueils. Il est là pour accompagner l’auteur dans l’écriture, et permet de répondre aux questions du style : Je me suis éloigné de mon intention, que faire ? Changer le pitch ou reprendre l’histoire ?

— Le pitch de vente, ou promesse du livre :
Le but de ce pitch est de donner envie au lecteur de lire ou d’acheter le livre. Il s’agit de la rencontre entre l’ouvrage et le public.
Un mauvais pitch de vente signifie une mauvaise promesse. Lorsqu’on écrit une histoire de fiction, il est important que le lecteur se représente ce qu’il va avoir entre les mains. Si on lui ment, il se forcera à lire ou abandonnera le livre. La rencontre ne sera pas satisfaisante. Il importe donc de travailler le pitch pour qu’il ait l’effet escompté tout en restant proche de l’histoire.
Souvent, on ne voit que la première étape : la vente. Mais les problèmes arriveront si le livre est vendu et la promesse non honorée. La relation auteur-lecteur ou auteur-éditeur partira sur de mauvaises bases. Et le but d’un auteur n’est-il pas de créer de bonnes relations ?

Le pitch de vente se donne soit à l’oral, soit à l’écrit. Il est important de se concentrer sur l’histoire et également sur l’accroche. Il s’agit d’intéresser, d’intriguer suffisamment le lecteur ou l’éditeur pour qu’il aille plus loin et lise ou achète.

Notion d’Elevator pitch :
Imaginons que nous soyons dans le même ascenseur qu’un éditeur connu à qui l’on pitche pour vendre. La raison d’être du pitch sera de convaincre rapidement.
Dans ce but, il est possible d’utiliser un paradoxe, c’est à dire de faire cohabiter deux idées qui ne peuvent cohabiter en temps normal. L’avantage du paradoxe, c’est qu’il suscite une surprise et un intérêt immédiat.

Que faire si l’on ne trouve pas de paradoxe ?
Je vous suggère de revenir à l’idée de base de votre histoire : univers, protagoniste, objectif et enjeu (qu’est ce qu’il veut et en quoi l’obtenir est important pour lui), et antagonisme/te (pourquoi le protagoniste ne peut pas atteindre son objectif).
Prenons l’exemple d’une enquête policière : un narrateur reconstitue une histoire à rebours. L’accroche,  c’est la manière de présenter le crime de manière intéressante au départ : un mort a été retrouvé dans le tunnel sous la manche, pile sur la frontière entre les deux pays.
L’idée est d’intriguer. Un pitch est réussi si l’interlocuteur se pose des questions.

Exemples de pitchs qui fonctionnent bien au cinéma :
Sister Act : une stip-teaseuse témoin d’un meurtre se fait passer pour une nonne pour échapper à la Mafia (double antagonisme : strip-teaseuse nonne et Mafia).
Certains l’aiment chaud : deux musiciens se déguisent en musiciennes pour échapper à la Mafia.

Règle n°1 :
Surtout, résister à la tentation de tout dire !
Oui, en fait ce que j’ai pas dit, c’est que la belle sœur et la cousine de sa nièce ont tout fait pour qu’il tue son oncle…
Vous voyez ce que je veux dire ? On a tous tendance a faire cela. Mais évitez de tomber dans ce travers. À donner trop d’informations, on risque de rendre notre message confus.
Et l’ennemi principal du pitch est la confusion.

Comment réussir un pitch de vente ?
En faisant ressortir la singularité de l’univers, les spécificités du protagoniste et les situations improbables dans lesquelles il est propulsé.
Si l’on n’a pas ça, il faudra peut-être revoir notre histoire…
Le but est d’ouvrir la suite de la discussion comme doit le faire le titre d’un billet de blog ou d’un E mail. Le pitch est comme le titre d’un article. Il doit donner envie d’en savoir plus.

En résumé, un bon pitch doit être :
Clair et concis : aller à l’essentiel, ne pas s’embarrasser d’éléments superflus, d’intrigues ou de personnages secondaires. Plus on donne d’informations, plus on risque de rendre le message confus.
Mystérieux : il ne doit pas donner la fin. Il doit s’arrêter au bon moment pour susciter une interrogation, donner envie d’en savoir plus.
Fluide : je vous conseille de le connaître par cœur, d’être capable de le réciter dès qu’on vous le demande, sans toutefois parler comme un robot. L’interlocuteur doit ressentir que vous êtes présent à l’histoire, il doit ressentir de la vie et des émotions si vous voulez qu’il soit accroché (attention à ne pas trop en faire, il est inutile de venir déguisé en nonne !).
Complet : il s’agit de divulguer les informations nécessaires, ni plus, ni moins. Dites tout, dans le bon ordre. Commencez par la promesse et répondez à toutes les questions importantes.
Les trois qualités suivantes d’un bon pitch s’inspirent du livre Talk like Ted, de Carmine Gallo :
Émouvant : il doit être déclamé avec passion et avec joie. La passion est la première cause du succès (Richard Saint John). Selon Aristote, un bon discours doit contenir 65% d’émotions (pathos), 25% de données (logos) et 10% de style (ethos). Adaptez le volume de votre voix, le ton et le débit. Maitrisez votre langage corporel : seulement 7% de la communication passe par les mots, alors que 93% passe par le langage du corps. Utilisez vos mains !
Nouveau : apprenez quelque chose à votre interlocuteur : apprendre active la partie du cerveau correspondant aux récompenses. Amenez-le là où il ne s’est jamais aventuré. Faites-lui considérer des idées qui ne lui sont pas familières. Même si vous n’y parvenez pas, il est préférable que votre histoire présente un angle nouveau même si un tel genre d’histoire a déjà été écrit. Qu’est-ce qui fait l’intérêt de votre livre ? Peut-être est-ce le mélange entre deux genres éloignés comme la romance et les zombies dans le film Warm Bodies. Peut-être est-ce l’angle selon lequel vous traitez un thème ?
Mémorable : il est préférable qu’un élément retienne l’attention du lecteur ou de l’éditeur potentiel. Cela vous fera sortir du lot. Cela lui permettra de se souvenir de votre histoire parmi la foule d’histoires qui existent. Pour ce faire, tentez de l’immerger dans l’histoire : utilisez les cinq sens.

Plus le lecteur construira une image mentale proche de l’histoire, et plus il voudra la lire, car il voudra voir vivre hors de lui cette représentation mentale. Par exemple, s’il imagine un voyage dans une ville plongée dans le chaos, il va penser à des bâtiments qui s’effondrent, à des effets spéciaux et va être déçu s’il y trouve autre chose. On va aider le lecteur à se construire une histoire mentale de notre histoire : plus il développera les modalités de sa représentation interne et plus il se rapprochera de notre livre, plus il anticipera et aura envie de lire.

Comment s’entraîner au pitch ?
Vous l’avez bien compris, pitcher un histoire n’est pas naturel : il faut s’entraîner.
Pré-requis : être clair avec son histoire, et répéter jusqu’à ce que l’exercice devienne un automatisme.
Le faire à l’oral. Ça va être difficile au début, mais il faut persévérer. Allez pitcher en réel, à l’oral, pas à l’écrit : ce qui passe bien à l’écrit ne passe pas forcément bien à l’oral, et le pitch oral est différent du pitch écrit. Allez pitcher auprès des gens, Blake Snyder a écrit qu’il allait pitcher dans les cafés. Pitchez dans le bus, au travail, dans un bar le soir. Pitchez  dès que vous êtes dans un contexte où vous pouvez pitcher.

Pourquoi s’entraîner autant ?
Plus vous aurez de retour, plus vous pourrez ressentir votre pitch, l’affiner, y ajouter des éléments ou en retirer. Vous pourrez tester l’effet émotionnel de vos mots et décider de les changer ou pas. Vous serez sans doute surpris de constater que certaines phrases que vous utilisez ne reflètent pas du tout le message que vous voulez délivrer. Vous le serez également en constatant que ce qui vous paraît clair et limpide ne l’est pas forcément pour vos lecteurs. Je vous conseille de toujours vous observer en train de pitcher, et de vous demander comment faire différemment les prochaines fois.
Je vous rassure, les 25 premières fois vont être difficiles ! Mais il n’y a qu’en connaissant votre affaire de manière parfaite que vous pourrez contrer votre stress, le jour où votre pitch sera assorti d’un enjeu important.

II. Comment construire un bon pitch ?
La théorie, c’est bien beau, mais ça ne suffit pas.
Je vous propose maintenant un exercice pratique : écrivons notre pitch ensemble.
Et là , quatre lettres me viennent à l’esprit : AIDA.

Qu’est-ce qu’AIDA ?
L’une des formules les plus anciennes et efficaces du marketing :
Attention. Intérêt. Désir. Action.

C’est une formule facile à retenir, adaptable à presque tous les projets marketing.
Elle rejoint la notion de « pagode chinoise » à laquelle fait référence Ghaan dans sa vidéo, dans le sens où elle permet de partir du général vers le détail. De partir d’une phrase d’accroche (pitch) qui correspond au toit de la pagode, puis d’élargir la structure avec un résumé de l’histoire jusqu’à la base, plus large encore, qui correspond aux fondations de la pagode.

1. Gagner l’attention
Gagner l’attention de quelqu’un n’est jamais facile. Connaître votre auditoire peut vous y aider (leurs besoins, désirs et valeurs), mais vous ne les connaîtrez pas toujours.
C’est ici que vous pouvez présenter votre log-line : une « phrase choc », comme l’explique Chris Simon sur son site, qui livre « le concept, l’univers, l’ambiance et le thème ».
« Un résumé en une phrase d’un film, d’un programme TV ou d’un livre qui expose le conflit central d’une histoire exposant à la fois le synopsis de l’intrigue et une accroche émotionnelle qui stimule l’intérêt de votre interlocuteur ».

Vous avez une chance et une seule, alors faites-le bien.

Comment trouver le message principal de votre pitch ?
Imaginez que vous êtes à une soirée et que quelqu’un s’intéresse à votre livre. Vous n’avez aucune difficulté à en parler. Vous êtes intéressant parce que vous êtes authentique, vivant, inspiré, persuadé et… persuasif.
Vous avez l’essentiel, mais un bon pitch exige également un message et un but.

Le message est ce que vous voulez que votre interlocuteur retienne de votre pitch.
Qu’est-ce qui se distingue dans votre esprit lorsque vous pensez à votre histoire ? Sous une forme ou une autre, c’est probablement le message principal que vous souhaitez faire passer.
Munissez-vous d’un papier et d’un stylo et répondez au moins à l’une de ces questions :

— Pourquoi votre histoire est-elle importante ?
— Qu’est-ce qui a été mémorable au sujet de l’écriture de cette histoire ?
— Qu’avez-vous appris ?
— Comment cela vous a-t-il changé ?
— Que feriez-vous différemment / de la même manière ?
— Comment les autres pourraient-ils bénéficier de la même expérience ?

Dès que vous avez une réponse, vous tenez votre message. Vous avez juste besoin de vous mettre dans les bottes de quelqu’un d’autre, et de réécrire ce message pour qu’il fasse sens pour lui. Une fois ceci fait, c’est gagné.

Exemple pour Memorial Tour, Lauréat Jury Amazon Kindle Salon du livre Paris 2016, de Chris Simon : le devoir de mémoire de la Shoah nous protège-t-il contre la barbarie ?

Exemple pour mon roman Harem :
Une esclave peut-elle se venger d’un peuple qui lui a tout pris ?

Nous allons maintenant affiner. Gardez votre message à l’esprit lors de la prochaine étape, et tout viendra naturellement.

Asseyez-vous tranquillement. Fermez les yeux et pensez à votre histoire pendant deux à trois minutes. Lorsque vous avez terminé, répondez à ces trois questions sur papier :

— Qu’avez-vous ressenti ? Comment vous sentez-vous à présent ?
— De quelles images, sons, parfums, goûts, textures vous souvenez-vous ?
— Quels sont les personnages impliqués ? Comment ?

Exemple dans Harem :
— Une force qui grandit en moi
— Jade, bleu pastel de l’océan, souffle de l’air chaud, parfum de vanille, tissus soyeux des sous-vêtements de concubines, goût d’une mangue dont le jus coule dans la gorge
— Esclaves, concubines, épouses, Maître

Maintenant, pensez à votre message et affinez-le si nécessaire. Est-il toujours en résonance avec vous ? Ce message correspond exactement à l’endroit où vous voulez que votre interlocuteur parvienne à la fin de votre pitch.

Exemple dans Harem : une jeune esclave peut-elle faire tomber un Empire ?

2. Susciter l’intérêt
Vous avez gagné l’attention de votre interlocuteur. Comment la conservez-vous ?
C’est simple : dites-leur comment votre histoire leur offre ce qui a suscité leur intérêt. Et faites-le rapidement, au moyen d’un résumé et de toutes vos compétences en story-telling.

Comment construire le résumé ou corps du pitch :
Notez au moins trois choses mémorables que vous voudriez que les gens sachent sur votre histoire. Choisissez les trois points qui mènent le plus facilement de l’un à l’autre, tout en soutenant votre message. Vous avez maintenant votre plan : les trois principaux points à partir desquels vous allez construire le corps de votre pitch.

Exemple :
— Ameyal, fille de chef de village, est arrachée à son village par des guerriers aztèques
— Vendue comme esclave dans un harem, elle perd tout
— Elle ne compte pas en rester là et tente de se faire une place dans ce nouvel univers

Prenez ces trois points principaux et énumérez trois détails au sujet de chacun. Ensuite, écrivez deux phrases, qui n’ont pas à être parfaites, sur chacun des trois points. Liez-les par de nouvelles phrases. Vous obtenez le corps de votre pitch.

Exemple :
— Des guerriers aztèques attaquent un village, pillant, brûlant et massacrant tout sur leur passage
Ameyal, fille de chef, tente de sauver les siens mais échoue
Elle est capturée et perd tout, famille, amis, village
Vendue comme esclave dans un harem, elle se retrouve au plus bas de la hiérarchie dans une civilisation inconnue

— Les intrigues font loi, sauver sa peau se joue derrière chaque porte
Mais la fille de chef qui est en elle va resurgir

Une jeune esclave peut-elle faire tomber un empire ?
Lorsqu’elle retrouve son village en feu et son chien eventré, Ameyal se jure d’exterminer les aztèques qui les attaquent. Mais son courage et sa volonté ne peuvent rivaliser contre des guerriers.
Elle perd tout, famille, amis, son village est détruit et elle est emportée.
Rabaissée à l’état d’esclave, plongée dans un harem où les intrigues font loi, où sauver sa peau se joue derrière chaque porte, Ameyal doit faire face aux épreuves les plus terribles.
Mais aucune cage ne peut retenir la fille de l’aigle.

Peu importe si vous reprenez les mots exacts de ces phrases ou non lors de votre pitch oral. Ce qui compte, c’est d’avoir en tête l’idée principale de chaque phase. Vous pouvez noter ces idées principales sur une fiche mais vous n’avez pas à les mémoriser, elles sont déjà dans votre tête.

3. Créer un désir et un appel à action
Il s’agit à présent de construire un désir pour votre histoire.
Vous leur avez déjà expliqué comment votre histoire peut les intéresser. Maintenant, vous allez la rendre irrésistible. Nous sommes à présent dans les fondations de la pagode et de votre histoire, dans les raisons profondes, dans le thème.
Faites le bien. N’exagérez rien.

Pensez à votre histoire comme à un cadeau que vous offrez à votre interlocuteur, et votre commentaire en découlera tout naturellement.

Vous n’offrez pas de cadeau sans raison. Pourquoi avez-vous choisi cette histoire ? Qu’espérez-vous que l’interlocuteur éprouve grâce à elle ? Qu’est-ce qui rend votre cadeau important pour vous ? Que pourriez-vous dire pour que les lecteurs ne puissent pas attendre pour ouvrir leur cadeau ?

Par exemple :
Mon histoire illustre le fait que chacun peut façonner son destin, quelques soient les épreuves, à condition de faire preuve de courage et de ténacité.
Il est important pour moi, dans un monde où les gens ont l’impression de ne pouvoir agir sur rien, qu’ils comprennent qu’ils peuvent toujours améliorer les choses.
Lisez cette histoire et prenez cette énergie qui vous aidera à progresser même si vous partez de loin.
(
l’appel à action peut se placer ici si vous souhaitez en placer un)

Vous tenez maintenant la dernière partie de votre discours. Vous pouvez également attendre les questions pour la placer.
Il ne vous reste plus qu’à assembler le tout pour obtenir votre pitch. Certes, ce pitch brut est encore prisonnier de sa gangue. Mais il vous appartient désormais de le mettre à jour, de l’affiner, de le polir, de le faire resplendir.

Reprenez votre pitch et ajoutez tous les éléments nécessaires à une présentation limpide, qui créé de l’émotion et du suspense. Vérifiez que vous avez fait appel à un maximum de sens. Une fois le corps du pitch réécrit, ajoutez une éventuelle question destinée à ouvrir votre pitch et assemblez le tout.

Exemple :
Message : une jeune esclave peut-elle faire tomber un Empire ?
Résumé : lorsqu’elle retrouve son village en feu et son chien éventré, Ameyal se jure d’exterminer les aztèques qui les attaquent. Mais son courage et sa volonté ne peuvent rivaliser contre des guerriers.
Elle perd tout, famille, amis, son village est détruit et elle est emportée.
Rabaissée à l’état d’esclave, plongée dans un harem où les intrigues font loi, où sauver sa peau se joue derrière chaque porte, Ameyal doit faire face aux injustices, aux trahisons et aux humiliations.
Mais aucune cage ne peut retenir la fille de l’aigle.

+ Commentaires éventuels

Voilà le pitch affiné. Il n’est pas parfait et subira sans doute  de nombreux remaniements.

Conclusion :
Construire un pitch n’est pas chose aisée. Il faut choisir les bons mots, s’entraîner, améliorer constamment, faire face à l’impression de jamais fini, jamais parfait. Il faut le connaître par cœur sans toutefois donner l’impression que vous le récitez. Il faut y mettre des émotions, de la passion, de la vie et quantité d’autres choses.

Bonne chance à toutes et à tous.

Sources :
Nobody wants to read your sh*t, Steven Pressfield
Talk like Ted, Carmine Gallo
— Cours d’écriture dispensés par Anaël Verdier sur http://academiedecriture.com
Write your next speech in one hour, par Michael Friedlander, toastmasterclubs.org
The copywriter’s best friend : AIDA, de Tom Chandler dans www.writerunderground.com
Comment être sélectionné au Speed Dating Amazon Kindle 2017, de Chris Simon.
Comment préparer votre pitch pour le Mazarine Speed Dating, vidéo de Ghaan (l’Écrivain alchimiste).

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